L’ovation et l’affront

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Le carrosse d’Erloa n’attendit pas que le reste de la cour s’élançât dans la lande. Elle songea aux conditions de la femme dans ce pays de brutes. Elle changerait cela, elle en était de plus en plus déterminée.

Par où débuter cette immense entreprise qui consistait à rendre les femmes libres, heureuses et, surtout, moins incultes ?

L’éducation. C’était évident. Il fallait commencer tôt, permettre l’accès aux livres, à l’histoire de leur pays, à sa culture… Mais comment arriver à instruire les femmes ? Certes, si elle avait une fille, elle montrerait l’exemple, cependant, ce ne serait pas suffisant. Erloa se dit qu’elle devrait commencer dès qu’elle rentrerait à Guerlonville. Doucement, sans heurts, surtout sans que le roi Qalor s’en rendît compte. Comme quand on entreprend une tapisserie : au début, on ne voit pas ce que cela va représenter, puis, en un instant, le dessin prend forme et il est trop tard pour intervenir, l’œuvre est pratiquement terminée. Oui, elle commencerait par des points de croix !

Erloa sourit. C’était une excellente idée. Enseigner la lecture grâce à la broderie. Après tout, de nombreuses femmes la complimentaient sur les arabesques de ses saris. Elle leur apprendrait ! Le seul souci était qu’elle n’était pas très douée pour les arts d’aiguille ; elle demanderait à Laane, sa femme de chambre.

Perdue dans ses projets, elle ne vit que trop tard trois hommes entrer dans le carrosse. Elle hurla ; l’un des malfrats lui mit directement une arme sous la gorge.

— Tu peux hurler, ça ne servira à rien ! susurra-t-il. Donne-nous ton caillou.

— Jamais ! gronda Erloa.

Erloa se concentra sur sa défense. Elle avait appris, de nombreuses fois, à se battre contre plusieurs adversaires fictifs, en tenue de combat. Ici, elle était dans la réalité, vêtue d’un sari de gala bien serré qui lui interdisait tout mouvement des jambes. Les hommes la traînèrent hors du carrosse. Elle constata que la voiture avait été détournée. Elle était seule à l’orée d’un bois ; les cinq autres véhicules qui composaient sa suite ne l’avaient pas suivie. Un homme était resté à cheval. On lui tira les cheveux afin qu’elle le regardât. Il portait un chapeau à larges bords sous lequel son visage se dissimulait en partie. Erloa put quand même percevoir un énorme tatouage qui lui barrait le visage, d’une oreille à l’autre.

— Soit on t’emmène avec nous, soit tu nous donnes ton caillou.

— Plutôt crever !

— Si tu ne nous donnes pas ce caillou, tu préféreras mourir, c’est certain, susurra-t-il. Mais oublie cette possibilité.

Erloa cracha. L’homme fit un mouvement de la tête. L’un des hommes déchira le sari. Celui-ci tomba à ses pieds. Erloa ne pensa pas à sa nudité devant les hommes, même si l’un d’eux eut un petit grognement gourmand. Elle se sentit tout à coup libre de ses mouvements, prête au combat. Elle tendit ses muscles. L’homme qui la tenait glissa un genou entre ses jambes. Erloa se débattit légèrement et fit mine d’avoir peur.

— Lâchez-moi, je vous donne le caillou, dit-elle.

— Voilà qui est plus raisonnable.

Erloa se pencha sur son vêtement, retira la fibule et la tendit à l’homme qui était à cheval. Celui-ci fronça les sourcils. Il se pencha pour observer le bijou et dit :

— Impossible, cette émeraude ne vient pas de Chandelon.

— Ce n’est pas l’émeraude, répliqua Erloa, mais le saphir dans lequel l’émeraude est enchâssée.

L’homme tendit la main pour le prendre. Erloa s’agrippa à son poignet et le fit basculer de son cheval. Il se retrouva à terre, le souffle coupé. Elle saisit son poignard d’un mouvement rapide. L’un des assaillants jura et se jeta sur elle. Dans un mouvement, Erloa se tourna vers lui et lui envoya le poignard dans le ventre. L’homme hurla et s’écroula devant elle. Elle attrapa un bâton et assomma violemment le deuxième qui arrivait sur elle. Le troisième dégaina son couteau. L’homme au tatouage s’était relevé silencieusement dans son dos. L’homme au couteau eut juste un petit regard pour son chef ; Erloa comprit le piège, sauta sur le côté quand le tatoué voulut l’assommer. L’homme au couteau s’avança vers elle. Erloa recula. Elle se cogna à un arbre. Les assaillants en ricanèrent.

— Allez, petite, laisse-toi faire… grogna le tatoué.

Erloa se sentit perdue. Elle avisa une branche morte au-dessus de ses adversaires, sur laquelle elle pouvait grimper aisément si le bois supportait son poids. Elle s’élança, attrapa la branche à deux mains. Celle-ci céda et tomba lourdement sur les deux assaillants qui étaient en dessous. Erloa courut jusqu’au cheval. L’homme qu’elle avait assommé lui attrapa la cheville. Elle tomba à genoux. Les deux hommes revinrent sur elle. D’un coup de pied dans le menton de celui qui la tenait, elle se libéra de son étreinte.

Elle enfourcha la monture. L’un des hommes envoya son couteau qui vint se planter dans le flanc de la jeune fille. Erloa émit un petit cri, tout en donnant l’impulsion nécessaire pour emballer le cheval au galop.

Elle s’éloigna de ses assaillants, l’arme toujours plantée dans les flancs. Au bout d’une petite distance, elle arrêta le cheval et, d’un coup sec, retira la lame de son ventre. La plaie se mit à saigner. Au loin, elle vit ses assaillants libérer les chevaux du carrosse pour la poursuivre. Elle n’eut pas le loisir de se soigner ; elle remit son cheval au galop et s’enfonça dans la lande, sans savoir où elle se dirigeait.

Au bout d’une lieue, elle arrêta son cheval et observa l’horizon. Elle avait semé les bandits, mais elle était complètement perdue. Soudain, elle se sentit défaillir. Elle avait terriblement mal à sa blessure. Elle ne pouvait évaluer si elle avait perdu beaucoup de sang ou non ; la plaie était profonde, certes, mais pas mortelle.

Il fallait qu’elle retrouvât la route ou la côte afin de la suivre, mais elle était nue ; il fallait avant toute chose qu’elle trouvât des vêtements.

Soudain, elle eut très froid. Elle eut envie de se laisser tomber du cheval et de se réfugier derrière un bouquet de bruyère. Pourtant, elle résista ; il fallait qu’elle restât vaillante sur son cheval afin qu’on la vît le plus vite possible. Elle découvrit une couverture roulée derrière la selle. Elle la déplia doucement afin de ne pas effrayer sa monture et la posa sur ses épaules.

Elle avança au pas, espérant trouver dans ce paysage sans fin un élément de vie qui la sauverait.

Au bout d’un temps qui lui parut très long, elle vit un cavalier qui se dirigeait droit vers elle. Elle tenta d’éperonner son cheval, mais la bête broutait et elle n’eut plus la force de tirer sur les rênes pour le stimuler. Elle en fut légèrement étonnée. C’était bien la première fois qu’elle n’arrivait pas à maîtriser son cheval. Elle se demanda comment elle tenait encore dessus ; sans doute la force de l’habitude. Cela la fit rire bêtement. Elle ajusta la couverture afin de se rendre la plus incognito possible. Le cavalier arriva enfin à sa hauteur :

— Princesse ! dit-il.

Erloa se tourna faiblement vers lui et sourit :

— Suajo, murmura-t-elle, vous arrivez à point nommé.

Erloa s’effondra sur son cheval. Elle entendit, dans un brouillard, Suajo qui jurait.

Quand elle se réveilla, elle était couchée sur le sol, enveloppée dans une couverture. Suajo la fixait, encore angoissé.

— Princesse, comment vous sentez-vous ?

— J’ai très soif, murmura Erloa.

— C’est normal, répondit-il en sortant sa gourde de son sac. Vous avez perdu beaucoup de sang.

Erloa but avidement, puis raconta son agression. Elle se sentit mieux, elle s’assit en grimaçant ; Suajo se précipita pour l’aider.

— Comment m’avez-vous retrouvée ? demanda-t-elle.

— Je vous ai vue traverser la route au galop, poursuivie par deux hommes. J’ai tué l’un d’eux, l’autre s’est enfui. Puis, je vous ai suivie grâce aux traces de sang. Je vous ai soignée ; la plaie est profonde, ajouta-t-il, mais pas mortelle. D’après ce que je comprends, il y en a encore deux qui sont valides. Il faut que nous quittions cet endroit le plus vite possible. Êtes-vous prête à remonter à cheval ?

— Oui, ne vous inquiétez pas. Le problème sera de retrouver notre route et de me vêtir.

— Juste derrière la colline, il y a une petite chaumière, je vais y chercher de l’aide.

Suajo quitta Erloa ; il parcourait sans cesse l’horizon des yeux afin de vérifier qu’aucun cavalier n’était en vue. Erloa était restée assise par terre. Elle tâta son chignon, dans lequel elle avait dissimulé le caillou. Celui-ci était bien en place ; elle en fut surprise et bénit Laane, sa femme de chambre, d’être aussi habile pour serrer un chignon. Chaque matin, dès qu’elle avait fini sa coiffure, Erloa cachait le caillou afin de le garder sur elle, comme l’avait préconisé son père. Sa perte, quelques jours plus tôt, l’avait tellement traumatisée qu’elle s’était résolue à le cacher au seul endroit possible lorsqu’on porte un sari.

Il n’était plus question qu’elle portât ce genre de vêtement en voyage ! Elle maudit Tiboin et son besoin d’exposer son « oiseau exotique » ! D’ailleurs, si elle voulait réellement qu’il eût un comportement moins phallocrate, il était important qu’elle ne fût plus cet oiseau exotique.

Erloa se demanda ensuite comment ces bandits savaient qu’elle possédait un caillou et pourquoi ils le voulaient. Suajo, à qui elle avait toujours caché la possession de ce caillou, n’avait pas été étonné quand, sur le coup de l’émotion, elle en avait parlé.

Petit à petit, la princesse se sentit assez vaillante pour remonter à cheval. Suajo arriva avec une chasuble et une culotte.

Lorsqu’ils arrivèrent à la Motte de Tanerre, la petite ville qui entourait le château, Tiboin, Noiryc et toute la cour les attendaient. Tiboin, les mâchoires serrées, était déjà furieux de voir Erloa arriver à cheval, vêtue d’une culotte et d’une chasuble cosséennes, au lieu d’attendre sagement dans son carrosse en sari. Il se précipita vers elle, la fit descendre de force, et grinça entre ses dents :

— Tu trouves ça drôle ?

— Je n’ai pas vraiment eu le choix, lui murmura-t-elle, le visage pâle mais le regard ferme. Je te raconterai plus tard. N’en parlons pas devant la population ; ils ont le droit de nous voir heureux d’être là.

Elle força ses traits à s’adoucir et dessina un sourire de circonstance. À peine eut-elle levé la main que l’atmosphère changea du tout au tout.

Ce ne fut pas un simple accueil, mais une ovation. Le peuple, en la voyant ainsi vêtue, fut saisi d’une émotion brute. Les murmures de curiosité se transformèrent rapidement en clameurs.

— Vive la Princesse de Cossée ! hurla un forgeron au premier rang.

Les acclamations enflèrent, reprises en chœur par la foule compacte. Des hommes tapaient du pied, des femmes lançaient des fleurs sauvages. Pour eux, ce n’était plus l’épouse étrangère et fragilisée par un tissu exotique ; c’était l’une des leurs. Les chants traditionnels, jusqu’alors réservés aux seuls natifs, s’élevèrent, puissants et joyeux, en cosséen, cette langue que la cour de Guerlon méprisait tant.

Tiboin, lui, semblait se recroqueviller sous les cris de joie. Son visage, d’abord rouge de colère, devint livide. Chaque « Vive la Cossée ! » résonnait comme un affront personnel. Il voyait dans cette liesse une rébellion contre son autorité, une validation de tout ce qu’il combattait : l’autonomie, la différence, l’indépendance de sa femme. Il se tenait rigide, les poings serrés, isolé dans son silence hostile au milieu de l’euphorie générale. Son regard lançait des éclairs, non pas vers la foule qu’il ne pouvait châtier, mais vers Erloa, qu’il tenait pour responsable de cette humiliation publique.

Il se pencha brusquement vers elle, profitant du vacarme pour que ses mots ne soient entendus que d’elle seule :

— Tu les as manipulés. Tu crois qu’en jouant la sauvageonne, tu gagnes leur respect ? Tu ne fais que renforcer leur arrogance.

Puis, voyant un groupe de jeunes écuyers scander son nom à elle, seul, il perdit son calme. Il saisit le coude d’Erloa avec une brutalité contenue.

— Assez ! Coupons court à cette mascarade. Retournons directement à Guerlon. Tout de suite.

Erloa, sentant la main de son mari lui brûler le bras, se raidit. La douleur de sa blessure, ravivée par ce geste brusque, lui fit voir des étoiles, mais elle ne cilla pas. Elle se dégagea doucement mais fermement de son étreinte.

— Ne laisse pas ton orgueil déclarer une guerre, lui souffla-t-elle, assez bas pour lui seul, mais avec une autorité qui le figea net. Regarde-les, Tiboin. Si tu pars maintenant, tu tu leur donneras raison. Tu régleras cela plus tard avec ton demi-frère, en privé. I

Elle tourna alors son visage vers la foule, ignorant la fureur glaciale de son époux à sa gauche, et salua largement. Les cris redoublèrent de plus belle, couvrant le grondement sourd de la colère de Tiboin. Pour la première fois, Erloa sentit que le rapport de force venait de basculer, non pas par la force des armes, mais par le cœur de ce peuple qui l’avait adoptée.

À chaque fois qu’elle se baissait légèrement pour saluer, la plaie sous sa chasuble se rouvrait ; des taches rouges, sombres et inquiétantes, commencèrent à s’étendre le long de son flanc droit, contrastant avec le tissu grossier.

Tiboin, aveuglé par sa rage et positionné à sa gauche, ne voyait pas la souillure grandir. Il fixait l’horizon, refusant de participer à ce triomphe qu’il jugeait illégitime. Erloa, cependant, sentit ses forces l’abandonner soudainement. La perte de sang, combinée à l’adrénaline qui retombait, la fit chanceler.

Elle s’appuya lourdement sur le bras de son époux pour reprendre son équilibre.

— Erloa ? grogna-t-il, agacé par ce qu’il prenait pour une faiblesse jouée.

Mais lorsqu’il la saisit par la taille pour la maintenir en selle, ses doigts s’enfoncèrent dans l’étoffe humide et revinrent poisseux de sang frais.

Tiboin se figea. Il leva lentement sa main devant ses yeux, horrifié par la couleur écarlate qui maculait ses gants. Sa colère s’évapora instantanément, remplacée par une stupeur glaciale. Il tourna la tête vers elle et vit le visage d’Erloa, soudainement cireux, les yeux révulsés.

— Erloa !

Elle s’effondra contre lui, inconsciente.

Le silence se fit dans la foule en une seconde, aussi brutal qu’un coup de tonnerre. Les chants moururent dans les gorges. Tiboin, oubliant sa fierté blessée, la souleva dans ses bras avec une force décuplée par la panique.

— Un médecin ! Hurla-t-il, sa voix brisant le silence de plomb. Vite !

Il la porta jusqu’aux appartements du château, foulant aux pieds les protocoles, tandis que la foule, muette d’effroi, s’écartait sur son passage, réalisant soudain que la joie de l’instant venait de se payer au prix du sang.

On la déshabilla, la lava et la coucha tandis qu’elle était dans un demi-brouillard d’inconscience. Tiboin attendit que tout le monde fût sorti pour la questionner.

— T’a-t-on forcée ? demanda-t-il, d’un ton empreint de colère et d’angoisse.

— Ils ont essayé, mais ils n’y sont pas arrivés, avoua-t-elle à mi-voix.

Erloa lui raconta les détails de son agression. Des larmes coulaient le long de ses joues sans qu’elle les essuyât. Tiboin faisait les cent pas devant le lit. Au bout du récit, il lui proposa de dormir. Erloa ferma les yeux et sombra dans un sommeil profond. Tiboin demanda ensuite à Birion de garder la chambre de sa femme, tandis qu’il irait jusqu’à l’endroit de l’attaque avec Suajo et Noiryc.

Tout le long de la chevauchée, Noiryc avait le visage fermé. Il était officiellement responsable de la sécurité du couple royal. Il maudissait Birion de lui avoir suggéré cette arrivée à cheval plutôt qu’en carrosse, comme dans les autres duchés. Il avait trouvé cela fort, digne de la Cossée. Il ne comprenait pas non plus pourquoi ses deux demi-frères n’avaient pas dit à la princesse qu’ils chevaucheraient ainsi pour arriver à Tanerre ; cela lui aurait évité de porter cette tenue ridicule. Il ne saisissait pas non plus qui, dans son comté, avait pu commettre un acte pareil. C’était incompréhensible, voué à des représailles de Guerlonville. Il faudrait qu’il rendît justice sévèrement, pour effacer l’affront.

Ils retrouvèrent le carrosse abandonné. Rien n’avait été volé. Ils virent tout de suite les traces de la lutte, et même la branche morte.

— Remontons sur nos chevaux et contournons ce bois, dit Noiryc. Il y a un sentier, là-bas, qui mène aux falaises bordant la mer. C’est sûrement là qu’ils se cachent. Suajo, pourrez-vous reconnaître la couleur de leur jupe ?

— Bien sûr !

De l’autre côté de ces quelques arbres, il était impossible de suivre les traces ; trop de chevaux étaient en liberté dans la région. Ils se dirigèrent jusqu’à la mer.

Quand ils arrivèrent au-dessus de la falaise, ils virent un navire appareiller au loin.

— Reconnais-tu ce bateau ? demanda Tiboin à Noiryc.

Noiryc plissa les yeux :

— C’est typiquement un bâtiment hennacorien, ça, c’est sûr. Mais je ne connais pas ces couleurs.

— Hennacorien ? Que fait-il donc par ici ?

— Nous commerçons avec eux, répondit Noiryc sans sourciller.

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