Chapitre 3 - L E S  F A I T S

8 minutes de lecture

1. Au commencement fut l’homme, de l’homme descend la musique, de la musique, les légendes, des légendes le théâtre, du théâtre le cinéma, du tout donna la culture ;

2. La culture des uns a toujours été l’inculture des autres et ce quel que soit l’époque, le lieu, la personne qui la déplace autant que la personne à qui elle est transmise ;

3. On peut accepter ou refuser la culture d’autrui, celui qui la refuse s’enferme dans sa propre inculture, celui qui l’accepte s’enrichit et s’ouvre les portes de nouveaux mondes, c’est la raisonnance avec la culture ;

4. Si une culture ne raisonne pas avec vous aujourd’hui, acceptez qu’elle puisse le faire un autre jour ;

5. A défaut d’apprendre pour savoir, apprenez pour vous enrichir et pouvoir obtenir l’esprit critique. Ne pas raisonner avec une culture ne signifie pas que vous devez en être imperméable, au contraire, vous devriez en avoir connaissance pour comprendre pourquoi elle ne raisonne pas chez vous ;

6. On peut aimer la culture des autres tout comme on peut ne pas l’aimer, sans l’avoir au moins découverte, c’est du rejet. Celui qui rejette la culture rejette les autres ;

7. Comprendre la culture c’est être capable de l’analyser, la disséquer, la comparer à la sienne et en sortir les points communs autant que les différences, ce qu’on en garde enrichi notre propre bagage ;

8. De tout temps les sujets traités sont les mêmes, les thèmes abordés étant limité, l’art réside sur comment on raconte quelque chose, pas le sujet ;

9. Si l’un raconte « ceci » l’autre lui répondra avec « cela », être capable de faire coïncider deux arts est preuve de génie culturel ;

10. Si l’un raconte « ceci », il est celui qui l’écrit, celui qui le propage, celui qui l’écoute, ce qu’il en comprend et ce qu’il en dira. Une œuvre, quel qu’elle soit, a toujours plusieurs degrés de lecture ;

11. Si celui qui écrit n’a rien n’a dire, il n’y aura aucunes substances dans son propos ;

12. Si celui qui propage n’a pas d’émotions, son propos n’aura aucuns sens. Si il n’y a rien à dire, il ne peut y avoir d’émotions ;

13. Si celui qui écoute est imperméable au monde de la culture, la qualité du propos sera équivalente aux œillères de celui qui écoute, ses émotions ne seront que le reflet de ce qu’il écoute ;

14. Si celui qui écoute est enfermé dans un type de culture, le propos et l’émotion viendront conforter le manque de culture, rendant celui qui écoute encore plus imperméable à la culture en général ;

15. Celui qui partage la culture partage une part intime de lui-même, il partage ce qu’il aime, ce qui lui parle, ce qu’il comprend et donne l’image de cette propre culture ;

16. Celui qui accepte le partage de l’autre accepte la personne pour ce qu’elle est, on juge par ce qu’on regarde, ce qu’on écoute et ce qu’on dit. Ce qu’on montre et ce qu’on dit est le reflet de ce qu’on écoute et ce qu’on fredonne ;

17. La culture se recycle, toujours. Si une génération a apprécié (ou non) la suivante réactualisera soit en hommage, soit pour dépasser l’original. Parfois c’est mieux, parfois c’est pire ;

18. Tous subissent la culture des ainés, elle nous conditionne a apprécier grâce à de bons souvenirs, ou déprécier suite à un trauma, tel ou tel style ou artiste ;

19. Tous nous avons des affinités avec un genre, ainsi tel œuvre fera vibrer intensément l’un et rendra l’autre indifférent ;

20. Si une œuvre ne fait pas résonance, soit la culture manque pour en comprendre le sens, soit ce n’est pas pour vous, si l’effort est fait, personne ne peut vous juger sur vos choix ;

21. Toute œuvre ne s’arrête pas à la fermeture du livre, à l’arrêt de la musique ou au générique de fin. Elle vit en chacun donnant l’envie d’y retourner, d’y réfléchir ou de laisser passer du temps avant d’y revenir avec un regard neuf ;

22. Toute œuvre qui vous plait vous poussera à la partager, tout comme celles qui vous intriguent. Les deux démarches se valent car elles mènent au même endroit, la réflexion partagée ;

23. L’éthique impose la curiosité, avant de rejeter un style, elle implique d’être curieux et ne pas se limiter à « un » avant de décider pour ne pas être aveugle ;

24. Vos choix sont sacrés et inattaquable, si vous n’êtes pas fermés à la culture d’autrui. Ainsi rien ne vous dispense d’être curieux ;

25. Le jugement d’autrui ne porte pas uniquement sur vous, ce que vous propagez, mais bien sur votre volonté de rester sourd au reste du monde ;

26. La création, quelque soit le support, est un acte personnel dépendant de ce que le créateur a à dire. Selon sa culture, sa création sera riche ou pauvre ;

27. Celui qui crée devrait avoir le mérite d’être consulté, autant son œuvre que lui pour s’en expliquer à ceux qui le souhaitent ;

28. La création originale n’existe pas, elle s’inspire de ce qui entoure le créateur. L’originalité étant dans ce qu’il en fait et comment il la transcrit ;

29. Toute culture qui ne se renouvelle pas devient un dogme mort. Le recyclage impose de savoir laisser partir l'ancien pour laisser vibrer le nouveau ;

30. Si la création originale n’existe plus (ou presque) elle s’inspire soit du vécu du créateur, soit de ce qui l’entoure ;

31. Il est des créateurs souhaitant approfondir ce qui est en apportant soit le reflet de sa propre culture (lieu ou époque) soit ses propres émotions à la découverte de l’originale ;

32. L’hommage est de copier le style avec respect ; ce qui n’empêche nullement d’y ajouter sa touche personnelle ;

33. Le plagiat est de reprendre tel quel et ne rien y ajouter de personnel, copier pour profiter de la gloire d’autrui ;

34. Si le plagiat n’apporte aucune gratitude, ni à celui qui crée tout comme à celui qui consulte, l’hommage peut être une plus-value… autant qu’une moins-value ;

35. Ce qui apporte une plus-value dépend de l’émotion de celui qui rend hommage ;

36. Tout créateur est débiteur de ses pères, ne pas reconnaître ses influences est le refus d’honorer ces derniers tous comme de les remercier de leurs œuvres ;

37. Il est un âge pour toute culture, sans la maturité, la culture sera incomprise ou mal comprise. Avec, elle apporte la réflexion derrière le choc ;

38. Si un créateur a plus d’une œuvre, ses œuvres se répondent les unes aux autres, il est forcément un lien entre chaque création du même auteur ;

39. Si un créateur génère quelque chose pour autrui, ces œuvres seront une continuité à chercher autant chez le créateur que chez celui qui la partage ;

40. La compétition entre créateurs n’existe pas, tout comme entre artistes, c’est un dialogue ou l’un soulève un sujet et l’autre soit y répond, soit y apporte son regard ;

41. Toute découverte sort celui qui l’exhume de sa zone de confort, elle peut être agréable ou non, selon ce qu’elle contient et les intentions de celui qui l’a crée ;

42. De la découverte nait l’appartenance, si l’œuvre raisonne elle sera assimilée, dans le cas contraire, rejetée ;

43. De l’appartenance naît le changement, tout ajout lié à la découverte agrandit le regard sur le monde de celui qui exhume ;

44. De l’appartenance naît le désir de partage, tout comme le rejet ;

45. De la culture choisie nait le groupe lié à l’affinité, vos amis seront de la même culture que la vôtre ;

46. La diffusion d’œuvre dans un cadre de combler le vide du silence est l’assassinat de l’œuvre ;

47. Profiter d’une œuvre dans le cadre approprié est l’art de la faire vivre ;

48. Toute culture projetée sur un individu peut influer sur son état physique ou mental, tout est question de résonnance ;

49. La disconographie est un cimetière pour certains, une stèle à la gloire pour d’autres. Pour chacun, elle devrait être une curiosité à (re)découvrir ;

50. La péliculographie en est très proche, si l’une traite spécifiquement de la musique, l’autre traite des films, séries et leurs dérivés ;

51. La tanathographie traite des créateurs, de ceux qui devraient être connus et inspirent la saga disconomicron ;

52. La même œuvre sera comprise par l’un ou incomprise par l’autre. Le sourd y trouvera un bruit de fond. L’initié en comprendra la superficie du texte, l’exhumateur y trouvera le sens caché, le calque s’y reconnaîtra d’une manière ou d’une autre (sans pour autant y avoir découvert tous les sens ou non), l’archiviste y cherchera le lien entre le créateur et l’interprète, le tanatographe y cherchera les sens cachés, le hiérophante ne s’arrête jamais de chercher et lie le présent au passé tout en envisageant le futur à travers la culture ;

53. Celui qui possède le verbe possède une arme. Il peut s’agir d’éloquence, d’humour ou de sarcasme, seul celui qui l’écoute sera amusé ou offensé ;

54. Celui qui utilise le verbe structure le chaos et propose ses idées ;

55. Celui qui comprend l’usage du verbe en comprendra le sens et le double sens ;

56. Si le créateur infuse ses idées, l’artiste les partage avec ses émotions, celui qui écoute (et/ou regarde) sera nourri de ces valeurs tandis que l’artiste sera nu face à lui ;

57. Celui qui consomme la culture peut être respectueux autant envers le propos propagé qu’envers le créateur et l’artiste, il se nourrit de ce dont il a besoins. Celui qui idolâtrise à outrance ne respecte ni l’un, ni l’autre et encore moins lui-même.

58. Le respectueux s’intéressera non seulement à celui qu’il apprécie en tant qu’artiste mais également à tout ce qui le lie au créateur, par conséquent, il apprécie autant le créateur que l’artiste. Le hiérophante s’intéressera aux autres artistes liés au créateur. Le sourd se contentera de copier l’image, partagera le propos de manière superficielle et sera imperméable à l’exégèse de ce qui le nourrit ;

59. Il n’est d’artiste que si il est de public, il n’est de public que si des œuvres sont disponibles ;

60. Seul le public définit la gloire d’un artiste et par conséquent du créateur ;

61. Le nostalgique ne vit que dans le passé, se contente de ce qui a existé et se repaitre de ses propres démons ;

62. Celui qui est ouvert à la culture comprend que sans le passé, le présent n’existe pas, le futur n’est qu’illusion ;

63. Si il est nombre de créateurs et d’artistes autant que d’œuvres il est également la variété, le reflet urbain et la « fête » qui s’entend par le collectif ou la joie partagée ;

64. Ces différents thèmes sont propres au créateur ainsi qu’à l’artiste et sont destinés à un public averti ;

65. Le cadre lié à ces œuvres est intimement lié aux émotions souhaitées être propagées à travers l’œuvre, on aura ainsi la tragédie, l’horreur, la comédie, le burlesque ou encore le réalisme ;

66. L’œuvre peut totalement lier plusieurs cadres et plusieurs thèmes… ou se limiter à l’un d’eux, il appartient au public d’en comprendre le sens.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire lothan ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0