Chapitre 4 - D E S Q U A T R E C A V A L V I E R S C U L U R O G R A P H E S
1. Du rien naquit le mot, du mot naquit le verbe, de cette combinaison naquit l’histoire. A la fois celle qui se raconte, s’écrit, se chante ou se joue.
De la première histoire émergea Sans Fin, l’envie de la partager, de la propager, de la retoucher pour en faire une légende, quelque chose de digne à raconter.
2. De la première histoire naquirent les héros dont l’histoire est un combat sans fin et les seconds rôles, parfois voués à être à leur tour des héros… ou demandant à avoir une histoire pour enrichir L’Histoire. Ce qui nourrit Sans fin.
3. Des histoires sortirent des récits, des récits une richesse culturelle, toute histoire devenant sans fin car tout autant que la genèse jusqu’à la mort qui en sois donne l’héritage à la génération suivante, il n’est ni début ni fin, Sans fin devint plus puissant qu’il n’était lorsqu’il sortit de l’histoire.
4. Sans Fin donna naissance aux sagas, que d’autres artistes ont adaptés, retouché, perpétué, modelé au gré de leurs propres époques, c’est ici son côté noble… et il laissa dans son sillon des propos vide, des récits inachevés, des créateurs torturés par leurs propres tourments. C’est ici son côté sombre.
5. Sans Fin créa le désir, celui de réécouter (ou revoir) ce qui était, fraude de mieux ou à défaut de neuf. Sur le positif, sans fin apporte au public le besoin de se cultiver… sur le négatif, celui de se complaire dans ce qui est connu au point de le rendre stérile à toute nouveauté.
6. Enfin, Sans Fin est le père de la recherche, que ce soit de sens ou de culture, lorsqu’il s’immisce en vous, il vous ouvre les portes d’un royaume que le hiérophante cherche à atteindre et dont l’ Exhumateur a connaissance sans en connaître l’emplacement, tanatographe en ayant entendu parler, le sourd ignorant jusqu’à son existence.
7. Sang Fin fut issu des créateurs et des artistes, il diffuse son énergie à ceux qui sont vertueux dans leurs démarches. De lui sont tombés les auteurs, chanteurs, paroliers, musiciens, hommes de spectacles… ceux qui ont et vont marquer l’histoire sans être dans le pêcher mais dans la vertu, pour le plaisir à la fois de créer, être reconnu et apprécié pour ce qu’ils font.
8. Sang fin se déclina chez l’auditoire, donnant naissance à l’esprit critique et la capacité de distinguer une bonne œuvre face à une œuvre médiocre, créant les péchés, justifiant les commandements qui font passer de sourd à hiérophante. Ainsi, le sage ne juge pas sans connaître la culture de celui qu’il observe (ou avec qui il échange) de peur d’être jugé de la sorte.
Cents Fins est le fruit de Sans Fin et Sang fin, il génère l’envie de continuer de créer. Ainsi grâce à Cents Fin, le créateur dispose de multiples routes pour faire vivre sa création. Chaque ligne étant autant de chemin vers une fin possible.
9. De cette vérité nait l’hommage sincère, celui ou un créateur s’autorise à combler les vides dans L’Histoire originelle… des fois cela l’enrichit, d’autres fois il s’agit de combler l’orgueil ou la gourmandise, que ce soit du public ou du créateur.
10. Cents Fins créa la déformation, générant ce qu’on lit (voit, écoute), ce qu’on en comprend, ce qu’on en retient et ce qu’on en partage… d’une manière vicieuse, il est aussi le père anonyme de ce que l’autre va en entendre, en comprendre, retenir et partagez si vous lui contiez L’Histoire.
11. C’est ainsi que les multivers se sont créés, autour des réalités multiples liées à la compréhension de ce que le créateur voulait dire, de ce que l’artiste a produit, de ce que l’auditoire en a compris, retenu et partagé.
12.De tout cela découla la gloire… ou l’ignorance, propagée non pas par le talent mais la capacité du public à recevoir le message.
13. Cents Fins est également celui qui permet de relier TOUTES les œuvres, et ce quelque soit son support, les unes aux autres, soufflant les liens aux oreilles des créateurs avertis. C’est l’aboutissement du cheminement vers le hiérophante qui trouve, et non plus cherche, les liens liant x à y.
14. De ces trois cavaliers naquirent la noblesse des lettres, le cumul de pêcher fit que le Z reçu le couronnement, devenant le verbe accomplis, l’œuvre finie et propre à être donnée au public. Il devint le zéro mathématique, à la fois le vide et l’infini. Chaque lettre reçu ainsi sa propre noblesse jusqu’au A, nu, vide, toutes les vertus complexes ayant été attribuées. De ce fait il fut le premier, le commencement, le pur, le UN.
Si les cavaliers sont la naissance des mots, c’est aussi lorsqu’ils ne furent qu’un que l’homme naquit, de la même manière. Créant ainsi les animaux avec tout ce dont ils ont besoins pour survivre quel que soit la situation ; le végétal avec d’autres attributs leurs permettant de vivre. Pour l’homme ne restait que la chair, les muscles faibles, des os issus des créations précédentes et la capacité à réfléchir liée au cerveau. Ainsi, il appartient à l’homme d’être le Z sous une forme ou une autre… et devenir le A dans toute sa splendeur. D’être sourd ou de chercher à devenir hiérophante.
15. Sans Faim est intimement lié à l’Homme. Il reçu la première histoire sans rien avoir demandé, puis il consomma l’histoire par gourmandise, forçant les créateurs à produire encore et encore. Sa force se décuple actuellement à travers les médias de masse, le contenu qui n’apporte rien, nourrissant à lui seul l’ensemble des péchés.
16. Pour l’auditeur (ou lecteur, consommateur averti), Sans Faim le pousse à être curieux de tout, à chercher le sens, autant au premier degré que le sous texte. C’est celui qui ouvre la voie et guide, si vous êtes attentif, sur le chemin du hiérophante.
17.Pour le sourd, Sans Faim le pousse à considérer les médias pour ce qu’ils ne sont pas, un calle porte, un rehausseur pour un meuble, un bruit de fond, une image sur un écran… la culture dévalorisée sur un réseau social, la critique par un œil inerte partagée comme une vérité universelle.
18. Sans Fin nous a donné le temps.
Sang Fin nous a donné la passion.
Cents Fin nous a donné les liens.
Sans Faim nous donne le choix.
* la numérotation permet de mieux appréhender les deux chapitres suivant étant les notes et explications liées à ce texte, dont je m'excuse d'avance de la longueur... nécessaire.

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