Colère V

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Estelle craqua une allumette. Elle la regardait fixement, envoûtée par cette flamme vacillante, d'apparence si inoffensive. Chaque incendie naît d'une étincelle, pensait-elle. Et à présent, c'était elle qui s'embrasait. L'étincelle qu'avait produit Ludovic la consumait de l'intérieur, son esprit était ravagé par les flammes. Elle alluma, l'une après l'autre, chaque bougie qu'elle avait installée. Près d'une centaine de chandelles réparties dans le séjour l'éclairaient comme en plein jour. Elle en disposa quelques autres à l'entrée de la chambre qu'elle laissa entrouverte.

Tout était prêt : le champagne était au frais, prêt à être sabré, et elle portait son ensemble de la veille sous une nuisette transparente. Elle avait aussi préparé ses bagages qu'elle avait déjà chargés dans le coffre de sa voiture. Ce soir, elle partirait après s'être vengée de l'adultère et partirait l'esprit tranquille. Elle patientait comme elle le pouvait sur son canapé, partagée entre l'impatience et l'appréhension.

Une clef tourna dans la serrure. Estelle prit la position lascive qu'elle avait travaillée plus tôt. Ludovic entra dans l'appartement avec sa mine blasée habituelle. Il s'arrêta devant le spectacle de son séjour illuminé par les chandelles, et devant Estelle qui le toisait sans ciller. Son regard parcourait ses jambes nues, son décolleté plongeant et son entrejambe à peine camouflée. Estelle avait tourné la scène dans son esprit des dizaines de fois. Elle mourait d'envie de le gifler, mais ce n'était pas encore le moment.

Elle se leva et se dirigea vers lui avec une démarche chaloupée. Collée a lui, elle posa ses mains sur son torse et l'embrassa tendrement. Elle commençait à lui mordiller la lèvre supérieure, quand elle le tira par la cravate pour lui susurrer à l'oreille "on laisse tomber le champagne et on attaque directement le plat principal ?"

Ludovic acquiessa et se laissa guider dans la chambre à coucher. "Déshabille-toi, j'arrive !", lui lança Estelle depuis le salle de bain voisine. Elle entendait le choc de la boucle de ceinture au sol, suivi de plusieurs bruissements de tissus et enfin celui des ressorts du matelas. Putain, il a fait vite ! Elle jeta un oeil par la porte. Ludovic l'attendait, le sexe déjà dressé. Il était à point pour la surprise qu'avait préparée Estelle.

Elle le rejoignit et s'installa à califourchon, la tige plaquée contre son con humide. Reste concentrée, ne te laisse pas berner par ta chatte ! Elle se pencha pour l'embrasser, glissant ses mains sur la queue tendue pour accentuer le désir de son partenaire. Il approcha ses mains de ses seins, tentant de se frayer un chemin sous le déshabillé. Elle repoussa les mains baladeuses à la tête du lit, bien loin de son corps. Elle ne supportait pas que cet enfoiré d'infidèle la touche une fois de plus. Elle tira un bandeau de sous l'oreiller qu'elle nous autour du visage de Ludovic. Il accepta sans broncher, se laissa faire, le visage marqué d'un sourire lubrique.

Estelle s'amusait a moduler son oreille et dut une nouvelle fois repousser ses mains. "Puisque tu ne sais pas te tenir tranquille, je vais devoir le montrer sévère". Ludovic riait sous l'excitation, alors qu'Estelle nourrit solidement ses poignées aux barreaux du lit. Les bras en croix fixés au cadre, Ludovic testait la qualité des noeuds. Ses bras bougeaient à peine et il ne pouvait pas atteindre les nœuds. "Si tu voulais me séquestrer, tu serais sacrément bien partie !", s'amusait-il tandis qu'Estelle réitérait avec les chevilles.

Son ouvrage terminé, elle se retira du lit. Ludovic reste seul, immobile, pendant quelques secondes qui lui parrurent interminables.

  • Estelle, ma chérie, tu es toujours là ?
  • Oui, un petit instant, je reviens.

Ludovic entendait des bruits étranges, comme un objet qu'on posait, déplaçait, glissait au sol. Il entendait des Clic, des Clac, des bips. Finalement, Estelle revint et lui retira son bandeau. Le visage de Ludovic passa en un instant de l'excitation a l'interrogation.

A califourchon, Estelle avait retiré son déshabillé en satin et portait une tenue de cuir noir composée de lanières qui ne masquaient que les parties les plus intimes de son corps. Son visage était camouflé par un masque vénitien qui ne laissait rien paraître de son identité. Enfin, elle tapotait entre ses mains une cravache de cuir.

  • Mais enfin, mais qu'est ce que…
  • Ferme ta gueule et mets ça ! lui ordonna-t-elle en le bâillonnant.

Les mains ligotées, une boule dans la bouche, Ludovic sentait le piège s'être refermé sur lui. Il ne pouvait ni bouger ni appeler à l'aide. Il était a la merci d'Estelle.

  • Mon cher Ludo. Mon très cher Ludo. Tu peux faire un coucou à la caméra à côté de nous, ça me fera plaisir quand je regarderai de nouveau cette vidéo plus tard.

Ludovic était immobile et regardait avec peur l'objectif braqué sur lui, bien installé sur son trépied.

Estelle le gifla de sa cravache.

  • Obéis ! cria-t-elle.

Il esquissa un léger mouvement de ses doigts vers la caméra, ce qui semblait satisfaire sa partenaire.

  • Bien. Comme je te disais, dans un premier temps, tu es prié de te taire. Il ne sert à rien de gaspiller ton énergie à essayer de t'exprimer, on ne peut pas parler avec un boule dans la bouche. C'est moi qui vais parler, je te poserai des questions et tu te contenteras de faire "oui" ou "non" de la tête. C'est bien clair ?

Ludovic était choqué de la situation et n'osait pas bouger. Estelle ne resta pas impassible et le frappa de nouveau avec sa cravache.

  • Tu es con ou bouché ? Tu m'as bien comprise ? hurlait-elle.
  • "Oui". Ludovic acquiessa avec vigueur, secouant sa tête de bas en haut, Estelle se détendit.
  • Parfait, sourit-elle. Commençons par le début. Ta journée de travail s'est-elle bien passée, était elle agréable ?
  • "Oui"
  • Bien. Ta patronne n'a pas été trop dure avec toi aujourd'hui ?
  • "Non".
  • Quel brave fille ! C'est une super patronne, non ? Cela a-t-il a voir avec le fait qu'elle te suçait la bite hier soir chez elle alors que tu prétextais être au travail ?

Ludovic s'agitait, il cherchait à se défaire de ses liens, mais sans succès. Estelle riait aux éclats.

  • Mon pauvre Ludo, tu as peu fière allure. Tu t'imaginais passer une nuit d'enfer a me fourrer le cul ou la chatte, mais je pense que tu t'es assez vidé les couilles comme ça. Et finalement, tu te retrouves là, a te faire fouetter si tu ne réponds pas assez vite à les questions.

Estelle récupéra du tiroir de son chevet un tirage d'une photographie de la veille qu'elle montra a Ludovic. Il s'immobilisa, les yeux écarquillés.

  • Alors elle était si douée que ça, cette salope ? Vu ton sourire niaiseux, ça devait être agréable, non ?

Ludovic ne cillait pas. Ses yeux étaient rivés sur la photographie et respirait l'incompréhension.

  • Je te parle, réponds-moi !

Elle saisit des pinces qui traînaient dans le tiroir et les installa sur les tétons de son compagnon qui hurla de douleur. Estelle se réjouissait de le voir se tortiller ainsi pour essayer en vain de les retirer.

Elle le saisit par le cou, plaquant son crâne contre l'oreiller. La peur se lisait dans le regard de l'homme.

  • Je t'ai posé une question. Est-ce que cette salope était au moins douée dans ce qu'elle faisait ?

Ludovic déglutit autant que possible et esquissa un timide "Oui". Estelle sentit le brasier s'enflammer en elle, son coeur brûlait de rancoeur.

  • Espèce de… commenca-t-elle en levant sa cravache.

Elle retint son geste alors que Ludovic ferma les yeux. Il était terrorisé, elle le savait, maintenant. C'était ce qu'elle voulait. Elle ne voulait pas le battre à mort, elle ne voulait que lui faire se souvenir pour toujours de sa rancœur. Elle baissa le bras et sentit une larme naître au coin de son regard.

  • Ça dure depuis combien de mois ? demanda-t-elle.

Ludovic signa de ses mains le chiffre huit.

  • Huit jours ?
  • "Non"
  • Semaines ?
  • "Non"
  • Huit mois ? cria-t-elle.

Ludovic acquiessa. Il ne voulait pas mentir. On ne ment pas a quelqu'un qui a tous les pouvoirs, c'est trop risqué.

  • Huit putains de mois que tu te tapes cette grognasse avec son gros cul ? Huit mois que tu la fourres et que tu oses dormir dans ce lit, avec moi et que tu oses encore me toucher ?

Il ne bougeait plus, ne répondait plus. Il savait pertinemment qu'il n'y avait plus de bonne reponse et qu'il devrait subir la colère d'Estelle. Celle ci saisit des gants de cuir qu'il traînaient eux aussi dans le tiroir et les passa. Les extrémités étaient constituées de pointes métalliques destinées aux griffures et autres sévices sadomasochistes. Elle fit glisser les griffes le long de la joue de Ludovic qui tremblait de peur.

  • Oh, ne t'inquiètes pas, je ne vais pas te faire mal. Je vais juste jouer un peu.

Elle glissa ses mains jusqu'aux testicules et pointa ses ongles griffus sur leur peau flétrie.

  • En revanche, si tu te débats, tu risques de te faire mal, fait bien attention à tes couilles, ta patronne y tient peut-être.

Elle sortit du même tiroir un godemiché tout en longueur. Elle l'approcha du cul de Ludovic et l'y fit rentrer avec force. Il ne se débattit pas, les griffes étaient toujours plaquées a ses bijoux. Il sanglotait, il voulait que tout s'arrête. Sa respiration s'accélérait à mesure que l'objet le pénétrait jusqu'à une profondeur qui lui étais alors inconnue.

  • J'espère qu'après ça, tu n'envisageras plus jamais de fourrer un autre cul de ta vie. Je te laisse, je vais finir mes bagages.

Elle se leva, et avant de quitter la pièce, démarra le sextoy planté dans le cul de Ludovic.

Depuis le séjour, elle entendait Ludovic geindre et gémir alors qu'elle se rhabillait dans une tenue plus décente. Elle ne savait pas s'il souffrait ou s'il aimait la situation. Enfin prête, elle jeta un oeil par la porte entrouverte et le trouva à se tortiller, le sexe dur comme jamais, dressé comme un i, les veines saillantes. Il respirait vite et fort. Le feu aux joues, Estelle savait qu'il allait jouir vite. Elle saisit le téléphone de Ludovic qui trainait là et filma la scène.

Ludovic jouit avec une puissance folle. Le jouet vibrant lui avait arraché un orgasme comme il ne pouvait soupçonner. Son foutre était étalé sur tout son corps jusqu'à son cou. Il parvint a extraire le jouet de son cul au prix de quelques acrobaties. Estelle s'approcha du lit et montra la vidéo a Ludovic.

  • Tu ne m'en voudras pas, je l'ai envoyée a ta connasse de patronne. Elle mérite bien de savoir a quoi tu passes tes soirées après le boulot, non ?

Le téléphone sonna immédiatement. Estelle et décrocha pour laisser a Ludovic le plaisir de subir le courroux de sa maîtresse. Mais il n'en fut rien, elle semblait même enthousiaste :

  • Ludovic, mon amour, je ne savais pas que tu pratiquais le BDSM, et en plus que tu sois un passif ! Je suis tellement heureuse qu'on soit en phase sur ce sujet, il y a bien longtemps que je freine mon besoin de domination. Mais dès demain, prépare-toi à me servir, vilain petit employé !

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