20 mai 2025:suite

Une minute de lecture

J’achève la lecture de ce message.Une petite voix en moi me nargue d’un « tu le savais ».Je panique.Que répondre?Que répondre sans passer pour une imbécile?J’écris.Je ne sais plus quoi.Je lâche mon téléphone brutalement et m’empresse de rejoindre mon lit.J’ai fermé ma porte en passant et me permets de pleurer.Sentiment d’abandon.J’étouffe.Ma respiration est bloquée, ma poitrine avec.Des larmes peinent à rouler sur mes joues.Elles sont coincées dans mes yeux.J’ai envie d’hurler.Toute ma peine forme un nœud dans mon estomac, contraste effrayant avec les papillons qui y étaient avant.J’ouvre ma fenêtre et crie un « je te déteste ».Je m’adresse à l’univers.Je le déteste de m’y avoir laissé espérer.Je le déteste de faire en sorte que je finisse toujours abandonnée.Je le déteste.Quand je pleure je me souviens de toutes les fois où j’ai été dévastée par la tristesse.

Maman qui me dit « je te déteste » quand j’avais cinq ans parce que j’ai fait une bêtise.

La mort de tonton.

La solitude au collège, quand je m’enfermais dans les toilettes, les larmes aux yeux, que je m’y cachais et qu’un hoquet de tristesse était interdit sous peine de recevoir des moqueries.

Mon cerveau bloquait.Tu ne seras jamais assez bien.

Tu es une mauvaise personne.

La petite voix en moi me murmurait en boucle des « Ça va pas ».J’enfouis ma tête dans mon oreiller et je pleure, je pleure jusqu’à m’endormir, les yeux bouffis et rougis, dans un sommeil ponctué de cauchemars de la cinquième.

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