Complexe : 23 mai 2025

3 minutes de lecture


La fin de semaine vaut le coup du détour. Il m’ignore mercredi, jeudi aussi. Puis, tout d’un coup, vendredi, il se fait plus attentif à moi. J’aperçois à son poignet ce bracelet que je lui avais ramené de Rodrigue et que je lui avais offert lundi. Il ne l’avait pas mis. J’ai toujours ce bracelet violet avec nos initiales et un cœur, je n’arrive pas à m’en séparer. Il me sourit, à nouveau. Il me fait rire, à nouveau. Je suis confuse. On est assis sur le banc, je lis, il parle avec les garçons. On est côte à côte et je pose ma tête sur son épaule, naturellement. Il se rapproche de moi et ne me repousse pas le moins du monde. C’est comme si nos cœurs savaient mieux que nos esprits. Le soir, on va à l’Immaculée Conception avec Siyana et... lui. Siyana part. Je reste. Il attend son petit frère et sa mère qui s’occupent de la vente de gâteau. On est dans le local où les affaires de sa mère sont posées. On se cherche sans se trouver. À quoi tu joues ? Je lui parle de ce fameux « projet » dont il avait parlé dans ce message qui m’a anéantie. Il ne s’en souvient même pas de ce message. Quelque chose cloche. Ce n’est pas cohérent, je n’arrive pas à reconstituer le puzzle. Il est assis sur un banc, je suis allongée par terre, les yeux rivés sur lui. J’ai les bras croisés derrière la tête et les cheveux en pagaille. Je porte ma jupe-short à volant en tulle avec un haut rouge bordeaux plaqué au corps. Il me sourit. Il me regarde avec ces yeux... La salle sent le renfermé. On parle un peu, beaucoup, énormément. Et je finis par lui poser cette question : « Est-ce que tu m’aimes encore ? »
Il me sourit. Il me répond avec une voix rauque et douce : « Peut-être. » Il sourit toujours. Moi aussi. Son frère entre et vole mon sac avant de partir en courant. On sort pour rattraper le coquin mais ils sont à plusieurs et je cite : « prennent en otage mon sac et assiègent la salle ». On les laisse s’amuser et l’on monte les escaliers qui permettent d’accéder aux salles de classes mais l’on s’arrête sur le palier. On rit, beaucoup. Je m’assois sur la rambarde de l’escalier, il me dit que je risque de me blesser. Je lui réplique que non et lui tire la langue comme une gamine. D’un air soucieux, il s’approche, m’attrape les hanches et me descend de la barrière. Il me regarde avec ces yeux... Son frère surgit et l’on s’éloigne brusquement. On part plus loin, dans des coursives, dans un coin. On continue à parler et c’est comme s’il ne s’était rien passé. On est proche. Nos mains se frôlent. Je suis confuse. Je tombe amoureuse, encore. Nos visages sont tout proches. Tout à coup, une surveillante de « devoirs surveillés / garderie » surgit. Elle nous intime de partir de ce coin car elle ne veut pas avoir à gérer des enfants surexcités car ils ont vu des grands s’embrasser et que c’était « dégueulassssse ».
Il réplique que l’on n’est pas ensemble. Je surenchéris et chaque mot est un pieu dans mon cœur. On se lève et l’on se rapproche du portail. Il s’appuie aux colonnes et je m’appuie contre lui. Cela me vient naturellement. Quand je lève les yeux vers lui, j’ai l’impression de voir une partie de moi. Je regarde l’heure et j’ai cours de danse, je dois filer. On se dit au revoir, il me sourit et me regarde toujours de cette façon indescriptible.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Auroulove ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0