Le calme et la tempête
Il jouait à ce petit jeu malsain sans le savoir et mes émotions tanguaient. Mon cœur fébrile avait besoin de lui. Il s’était reconstruit sur l’appui de ce garçon. Il était ma bouée et, en désertant, m’avait laissé me noyer dans un océan bien trop vaste. J’avais toujours à mon poignet ce bracelet sur lequel il y avait nos initiales, je n’arrivais pas à m’en débarrasser. Je repensais à la sensation de ses lèvres sur les miennes. Je repensais à mon rire avec lui. Je repensais à tout ce que je voulais bâtir avec lui. Je repensais au fait que je ne sais pas être heureuse sans lui. Je le voyais rire avec d’autres. Je n’avais été qu’une de ses conquêtes. Je n’étais qu’une distraction.
Et pourtant, quand je le surprends à me regarder, je vois encore dans ses yeux cette flamme. Cette flamme qui m’avait charmée et fait succomber. Mon cœur ne sait plus sur quel pied danser. Il y a eu ce mercredi. Ce mercredi où tout a basculé. Ce mercredi où j’ai compris. Hugo m’avait dit en cours que Corentin aimait Célia.
J’étais partie marcher. J’avais marché encore, encore et encore. L’album « Songs of Innocence » de U2 défilait dans mes oreilles tandis que mes jambes m’emmenaient errer sur tous ces lieux dans la ville où j’avais été avec lui : Tangerine Snack, la petite ruelle, l’Immaculée Conception, le Jardin de l’État...
Je marchais mais je n’arrivais pas à me calmer. C’est ainsi que j’ai parcouru 11 km en 2 h 04. J’avais parcouru la ville en long, en large, en travers, en quête de la fatigue et de l’épuisement de ma colère et de ma tristesse.
J’étais rentrée à la maison épuisée, frustrée, mais surtout dévastée. Comment pouvait-il tourner la page si facilement ? Je n’avais vraiment été qu’une distraction... Pourquoi lui ai-je fait confiance ?
Le soir, je pleurais silencieusement. Ma peine d’avoir encore été abandonnée, de l’avoir perdu, lui, ma solitude... Tout ressortait sous forme de gouttelettes que l’on appellerait des larmes.
Il me manquait. Il me faisait me sentir utile, aimable... Et maintenant le vide, le néant ! Je ne vois plus les nuances de gris, mes yeux se contentent du noir et blanc.

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