CHAPITRE 6
Le couloir qui menait à l’aile de Javier avait cette odeur particulière des maisons anciennes : pierre fraîche, cire chaude, et un parfum d’herbes sèches que le vent s’amusait à porter depuis les collines. Juanita marchait devant, vive malgré l’âge, son tablier fleuri battant contre ses jambes à chaque pas. Elle parlait sans s’arrêter, ponctuant ses phrases d’exclamations espagnoles et de soupirs dramatiques comme si la vie, ici, devait se vivre à voix haute.
Alexie, elle, suivait en silence, attentive à tout : les voûtes basses, les murs épais, les portes de bois sombre marquées par le temps. Il y avait dans cette maison une noblesse rude, une beauté brute. Rien n’était de trop — tout était solide, pensé pour durer, comme si la villa avait traversé des siècles et se refusait à mourir malgré la cicatrice de l’incendie.
— Ici, señorita, annonça Juanita en poussant une porte. Voilà votre chambre. Et ne discutez pas, hein ! Señor Javier a dit : “là”. Alors c’est là.
La pièce était grande. Blanche. Fraîche malgré la chaleur andalouse. Les murs à la chaux renvoyaient la lumière du soir, et les volets, à demi clos, découpaient des bandes dorées sur le sol en pierre. Un lit ancien, large, était recouvert d’un linge clair brodé à la main. Sur une commode, un bouquet de fleurs sauvages avait été posé dans un vase simple — comme un geste d’accueil, discret mais sincère. Alexie sentit une détente la traverser malgré elle.
— C’est… magnifique, murmura-t-elle.
Juanita gonfla la poitrine, fière comme si elle avait bâti la maison de ses propres mains.
— Bien sûr que c’est magnifique. Et propre ! Vous avez vu ? Propre ! Pas comme ces… ces bandidos. Ils oublient de passer se changer avant de rentrer dans leurs chambres. Mais croyez-moi cela va leur passer !!
Elle posa une main sur la poignée de la porte et se retourna. Son regard se fit soudain plus perçant, plus maternel.
— Avant de passer au dîner, vous devriez vous reposer un peu. Et surtout, demain il ne faudra pas oublier de mettre un chapeau sur le chantier, sinon votre nez, il va tomber, hein !
— Oui, Juanita, répondit Alexie avec un sourire qui venait du ventre.
— Voilà. Et… si señor Javier vous dit quelque chose…
Juanita s’interrompit, comme si elle venait de s’apercevoir qu’elle en disait trop. Elle haussa les épaules brusquement.
— Enfin bref. Prenez une bonne douche, reposez-vous et on se retrouve au diner.
Elle sortit et referma la porte derrière elle. Le silence, immédiatement, se posa sur Alexie comme une couverture.
Elle posa son sac près du lit, s’assit un instant, puis fixa la bande de lumière sur le sol. Son corps était fatigué, mais pas seulement. Il y avait une tension, une vibration sourde qui n’avait rien à voir avec la journée de travail. Javier.
Elle revoyait son sourire fugitif. Sa façon de redevenir pierre dès qu’il reprenait son rôle. Son regard lorsqu’elle s’était endormie contre lui. Et cette sensation étrange… d’être venue ici pour un chantier, et d’avoir déjà l’impression d’avoir franchi un seuil intime.
Elle se leva brusquement. Il fallait agir, faire quelque chose, se remettre dans le réel.
La salle de bain attenante était faite de pierre sombre. Une fenêtre haute laissait entrer l’air du soir. Alexie ouvrit l’eau de la douche. Le jet frappa les carreaux avec un bruit régulier, presque hypnotique.
Elle se déshabilla lentement, comme si son corps refusait encore d’admettre qu’il était seul. La poussière du chantier avait laissé une fine pellicule sur sa peau ; ses cheveux étaient imprégnés de soleil et de vent. Elle entra sous l’eau. La chaleur glissa sur elle, emportant la fatigue, la sueur, la tension des épaules. Elle ferma les yeux. Et malgré elle, l’image de Javier revint.
Ses mains sur le volant. La veine discrète qui courait sur son avant-bras. La façon dont sa voix vibrait quand il prononçait son nom.
Elle passa ses mains sur sa nuque, puis sur sa poitrine, lentement, sans intention précise — juste pour sentir qu’elle était là, vivante, entière. L’eau suivait les courbes de son ventre, de ses hanches. Sa respiration s’accéléra d’un rien. Elle s’arrêta aussitôt, comme prise en faute.
Non, Alexie. Tu es venue travailler. Tu n’es pas une adolescente.
Elle modifia la température de l’eau qui devint glacée puis coupa l’eau. En s’enveloppa dans une serviette, elle se regarda dans le miroir embué. Ses joues étaient rosées. Ses yeux plus brillants. Ses lèvres entrouvertes comme après un effort.
Elle détourna le regard.
Lorsqu’elle revint dans la chambre, elle choisit une robe simple, légère, qui épousait naturellement sa silhouette sans en faire trop. Elle laissa ses cheveux ondulés sécher sur ses épaules. Un dernier regard au lit — trop grand pour une personne seule — et elle sortit.
Le chemin vers la salle à manger passait par une véranda où l’air du soir était tiède et parfumé. On entendait au loin des voix d’ouvriers, des rires. La maison vivait. Pas comme une demeure de luxe, non : comme une grande maison familiale, avec ses habitudes, ses règles, ses silhouettes familières.
La salle à manger s’étirait en longueur, dominée par une grande table de bois brut, massive et chaleureuse à la fois. Juanita l’avait dressée avec une précision presque stratégique, créant deux espaces distincts sans jamais les opposer franchement : au fond, les ouvriers, déjà installés dans un brouhaha discret ; à l’autre extrémité, une place réservée pour Alexie… et, juste à côté, une chaise laissée vide, comme en attente.
Alexie marqua une brève hésitation avant de s’asseoir. Elle avait la sensation étrange d’être à la fois invitée et scrutée, comme si chaque geste, ici, prenait soudain une valeur particulière.
— Vous êtes bien, là ? demanda Juanita en déposant une carafe d’eau devant elle.
Alexie acquiesça d’un simple mouvement de tête.
— Et que vous êtes jolie… tss, regardez-moi ça, vous avez attrapé un vilain coup de soleil sur le nez, rhoo…
Alexie posa les mains sur la table et entrelaça ses doigts pour en contenir le léger tremblement. Ce ton, cette façon de s’inquiéter sans prévenir, lui rappelaient douloureusement sa mère. La porte s’ouvrit alors. Javier entra.
Il s’était changé. Une chemise claire, ouverte au col, les manches retroussées sur ses avant-bras. Son visage paraissait plus détendu, presque apaisé, mais son regard demeurait sombre, vigilant — comme s’il conservait, au fond de lui, une porte soigneusement verrouillée.
Il s’avança sans un bruit. Arrivé à la hauteur d’Alexie, il marqua un léger arrêt.
Son regard glissa sur elle. La robe. Les cheveux encore humides. La peau plus claire, plus douce, débarrassée de la poussière du chantier. Rien d’exhibé, et pourtant tout, chez elle, prenait soudain une dimension presque intime.
— Bonsoir, mademoiselle Lavil, dit-il.
Sa voix était basse. Plus proche. Plus chaude.
— Bonsoir, señor Salvatore.
Il prit place en face d’elle.
Le repas débuta sur des sujets neutres — le planning, les matériaux, les contraintes de sécurité. Javier posait des questions précises, presque cliniques. Il retrouvait ce ton qu’il maîtrisait parfaitement, celui qui dressait une distance nette entre lui et les autres. Alexie lui répondait avec la même rigueur, se réfugiant dans cette zone professionnelle où elle se sentait solide, intouchable.
Pourtant, quelque chose montait, insidieux.
Ce n’était pas dans les mots. C’était dans les silences. Dans la manière dont il portait son verre à ses lèvres, trop lentement. Dans la façon dont son regard s’attardait sur elle lorsqu’elle croyait ne pas être observée. Dans ces gestes minuscules qu’il ne contrôlait pas toujours — ses doigts qui effleuraient la table, ses épaules qui se détendaient un instant avant de se raidir à nouveau. Et surtout, dans ce que ni l’un ni l’autre n’évoquait : lui, son passé, et ce qu’il attendait réellement de ce chantier.
Juanita servit un plat chaud, chargé d’épices. En passant derrière lui, elle posa une main ferme sur son épaule, un geste simple, maternel, comme pour lui rappeler qu’il restait un homme derrière l’armure.
— Mangez, Javier. Vous êtes trop maigre.
— Je ne suis pas maigre, répondit-il sèchement, sans la regarder.
Juanita leva les yeux au ciel.
— Sí, sí…
Alexie retint un sourire. Cet échange, presque tendre malgré la rudesse apparente, fissurait l’image du PDG distant et inaccessible.
Javier le sentit. Il releva la tête et croisa son regard.
— Ça vous amuse ?
— Non… répondit-elle doucement. C’est… surprenant.
Le silence s’installa, dense, chargé.
Et sans qu’elle sache précisément à quel moment cela s’était produit, la conversation dévia. Elle ne parlait plus uniquement de plans, de délais ou de contraintes techniques. Sa voix s’était faite plus douce lorsqu’elle évoqua la maison elle-même, la pierre ancienne, les murs épais chargés de mémoire, ce qu’ils avaient dû contenir avant le feu — des voix, des pas, des silences habités. Elle parlait de cette demeure comme d’un corps blessé qu’il fallait comprendre avant de réparer.
Javier l’écoutait, immobile. Chaque mot trouvait un écho qu’il n’avait pas anticipé. Il répondit, malgré lui. D’abord peu, puis un peu plus. Des phrases courtes, retenues, comme si chacune lui coûtait. Il évoqua une enfance morcelée, des souvenirs sans chronologie, des absences plus marquées que les présences. Il ne s’attarda jamais. Il coupait avant que les images ne prennent trop de place.
Et pourtant, un nom revenait. Toujours le même. Juanita.
Il la mentionna comme on parle d’un point d’ancrage, d’une évidence. Elle avait été là quand d’autres s’étaient éloignés, là quand la maison était encore vivante, là aussi après l’incendie. Il ne disait pas ce qu’elle représentait réellement, mais tout, dans sa manière de la nommer, trahissait l’attachement profond qu’il lui portait.
Alexie l’écoutait sans l’interrompre. Elle sentait que chaque mot qu’il livrait avait franchi une limite intérieure. Et elle comprit alors que ce chantier n’était pas seulement une rénovation — c’était un retour sur des fondations bien plus fragiles que la pierre.
À un moment, Alexie fit tomber sa serviette de table. Le geste était maladroit, presque anodin. Elle se pencha pour la ramasser.
Sous la table, sa jambe effleura celle de Javier.
Le contact fut infime. Accidentel. Mais il la traversa comme une onde brûlante. Une chaleur brutale, incontrôlée, qui lui coupa le souffle. Elle se redressa aussitôt, le cœur battant trop vite, consciente soudain de chaque parcelle de son corps.
Javier, lui, ne bougea pas. Pas d’un millimètre.
Ses doigts se refermèrent lentement autour de son verre, jusqu’à blanchir légèrement ses jointures. Il fixa la table devant lui, comme si toute sa maîtrise dépendait de ce point précis, comme si détourner le regard aurait été céder.
— Pardon, murmura-t-elle.
— Ce n’est rien, répondit-il.
Sa voix avait changé. Plus grave. Plus rauque. Chargée de quelque chose qu’il ne nommait pas.
La fin du repas se déroula dans une tension sourde. Les conversations s’éteignirent peu à peu. Les ouvriers se levèrent, plaisantèrent, quittèrent la pièce sans se rendre compte de ce qu’ils laissaient derrière eux. Juanita débarrassa en marmonnant, jetant à Javier un regard qu’il évita soigneusement.
Puis il ne resta qu’eux.
Alexie sentit l’instant basculer. Ce moment précis où rien n’était encore fait, mais où tout était déjà engagé.
Javier posa son verre avec lenteur. Se leva.
— Je voulais vous montrer quelque chose.
Elle hésita. Une fraction de seconde.
— Maintenant ?
— Oui.
Sa voix n’était ni une injonction, ni une invitation. Plutôt une nécessité. Comme si la décision avait été prise bien avant qu’il ne la formule.
Alexie se leva à son tour.
Ils traversèrent le couloir.
La maison, la nuit, paraissait soudain plus vaste, plus silencieuse encore. La lumière tamisée des lampes découpait des ombres mouvantes sur les murs, révélant les cicatrices laissées par le feu. Javier marchait devant. Alexie suivait, partagée entre l’élan qui la poussait vers lui et une méfiance instinctive qu’elle n’arrivait plus à nommer.
Il s’arrêta devant une porte. L’ouvrit.
La pièce était une bibliothèque — ou ce qu’il en restait. Des étagères vides longeaient les murs. La pierre portait encore des traces noircies, irrégulières. L’odeur de fumée semblait incrustée jusque dans l’air.
— Ici, dit-il simplement.
Un silence.
— C’était… avant.
Alexie sentit un frisson la parcourir.
— L’incendie…
Javier hocha la tête. Il ne précisa rien. Il n’en était pas capable. Son corps tout entier s’était tendu, comme si l’espace lui-même réveillait quelque chose de trop ancien, trop douloureux.
Elle s’avança lentement. Sans vraiment y penser, posa la main sur la pierre noircie.
— On sent encore… murmura-t-elle.
— Oui.
Elle se tourna vers lui.
— Javier…
Il releva les yeux. Et dans ce regard, elle perçut quelque chose de brut. D’instable. Un mélange de désir et d’ombre, comme si la douleur avait façonné en lui une façon de ressentir qui ne connaissait plus la demi-mesure.
Alexie recula d’un pas. Puis s’arrêta.
La distance entre eux se dissipa sans qu’aucun des deux ne sache qui avait fait le premier pas.
Javier la saisit par la taille. Pas avec violence. Mais avec une urgence contenue, presque désespérée. Il la ramena contre lui et ses lèvres trouvèrent les siennes.
Le baiser fut d’abord dur, frontal, comme un choc. Comme s’il cherchait à faire taire quelque chose — en elle, ou en lui. Puis il se transforma. Plus profond. Plus exigeant.
Un gémissement lui échappa.
Javier se figea une fraction de seconde… puis reprit. Ses mains glissèrent dans son dos, suivirent la ligne de sa colonne, s’attardèrent sur ses hanches. Le corps d’Alexie répondit aussitôt, se pressant contre le sien, comme s’il avait reconnu cet instant bien avant sa raison.
Il la souleva légèrement. Juste assez pour qu’elle sente la force de ses mains. Elle s’agrippa à sa chemise froissée.
— Javier…
Il recula à peine, le front posé contre le sien, les yeux clos. Elle posa la main sur sa joue. Sa mâchoire était tendue.
Il rouvrit les yeux. Et il céda.
Ses lèvres descendirent vers sa gorge, lentement, presque avec révérence. Alexie pencha la tête. Il mordit à peine. Ses doigts trouvèrent la fermeture de sa robe, qu’il abaissa avec une lenteur maîtrisée. Le tissu glissa sur ses épaules.
Javier la regarda comme on contemple une faute qu’on désire quand même.
— Alexie…
Cette fois, c’était lui qui prononçait son prénom. Il l’embrassa encore, plus bas, plus longtemps. Ses jambes vacillèrent.
— Vous me rendez folle… murmura-t-elle.
Il la serra davantage. La pièce semblait se refermer autour d’eux.
Javier la souleva de nouveau et la plaqua contre le mur froid. Le contraste la fit haleter. Sa bouche revint à la sienne. Ses hanches se collèrent aux siennes. Elle sentit clairement son désir.
Elle gémit. Javier s’arrêta net.
Il la fixa, les yeux sombres, en lutte.
— Je ne devrais pas…
Mais sa main ne la lâchait pas.
Puis il la lâcha brusquement. Pas violemment. Pas avec colère.
Comme on lâche quelque chose qui brûle trop fort.
Il fit un pas en arrière, passa une main sur son visage. Ses épaules se raidirent, comme si un verrou venait de se refermer en lui.
Non. C’est exactement ce que je ne dois pas faire.
Il détourna le regard une seconde, juste assez longtemps pour reprendre le contrôle. Pour redevenir cet homme que l’on attendait de lui.
— Ça suffit, dit-il d’une voix basse, ferme.
Alexie resta immobile, encore appuyée contre le mur froid. Son corps, lui, n’avait pas suivi. Il réclamait. Il vibrait. Elle sentit la frustration lui mordre le ventre, remonter jusqu’à sa gorge.
— Javier… commença-t-elle.
Il secoua la tête, sans la regarder.
— Ne dites rien.
Il se tourna enfin vers elle. Son regard n’était ni dur, ni indifférent. Il était chargé. Trop chargé. Et c’est précisément pour cela qu’il recula encore.
— Je suis désolé, dit-il enfin.
Ce n’était pas une excuse. C’était un constat.
Alexie sentit quelque chose se fissurer en elle — pas une blessure, non — mais une prise de conscience brutale. Elle soutint son regard une seconde de plus. Il ne recula pas davantage. Mais il ne s’approcha plus non plus.
Elle se redressa lentement. Remonta sa robe, passa une main dans ses cheveux. Chaque geste était un effort de dignité.
— Très bien, répondit-elle après un court silence.
Sa voix était étonnamment stable. Presque professionnelle.
— Je comprends.
Il la fixa, surpris. Peut-être s’attendait-il à des reproches. À une colère. À des larmes. Mais Alexie n’était pas venue jusque-là pour se perdre.
— Ce chantier est important, poursuivit-elle. Pour vous, señor Salvatore. Pour moi.
Elle marqua une pause.
— Je ne laisserai pas… autre chose le compliquer.
Ces mots le frappèrent plus fort qu’un cri. Il hocha la tête.
— C’est mieux ainsi, mademoiselle Lavil, répondit-il.
Au fond de lui, pourtant, quelque chose se rebellait.
Mieux, peut-être. Plus simple, sûrement.
Il ouvrit la porte de la bibliothèque.
— Votre chambre est par là. Juanita vous attendra demain matin pour le petit-déjeuner. Huit heures.
Alexie passa devant lui. Assez près pour qu’il perçoive son parfum. Assez loin pour qu’il n’ose plus la toucher. Elle s’arrêta sur le seuil.
— Bonne nuit, señor Salvatore.
Cette fois, elle utilisa son nom sans trembler. Sans attente. Il répondit après une seconde.
— Bonne nuit, mademoiselle Lavil.
La porte se referma doucement derrière elle. Javier resta seul dans la pièce sombre. Il posa une main contre le mur brûlé, ferma les yeux.
Tu viens encore de faire ce que tu sais faire de mieux, pensa-t-il avec une amertume froide.
Partir avant que quelqu’un puisse t’atteindre.
Dans sa chambre, Alexie s’adossa à la porte. Elle ferma les yeux, inspira lentement.
— Ressaisis-toi, murmura-t-elle.
Elle n’était pas une femme que l’on abandonnait dans un couloir. Et elle n’était certainement pas venue en Andalousie pour se perdre dans les bras d’un homme.

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