Chapitre 1 : Cléa - La routine

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Le plafond.

C’est toujours comme ça que ça commence.

Le réveil sonne, je l’éteins avant la deuxième vibration. Et pendant quelques secondes, je ne fais rien d’autre que regarder le plafond. La fissure en diagonale près de la fenêtre, la petite auréole jaune que la pluie de novembre a laissé depuis l’an dernier. Le carré de lumière blanche projeté entre les stores, qui se déplace de trois centimètres vers la droite chaque matin entre septembre et décembre.

Si j’avais assez de film, je l’aurais photographié.

J’en ai plus. Il me reste quatres poses sur ma pellicule actuelle et je les économise depuis deux semaines comme si c’était de l’eau dans le désert. C’est douze euros le rouleau, développement non compris. Bien sûr, le club photo rembourse une partie, mais il faut avancer les frais, remplir un formulaire, et attendre.

Je me lève.

Ma chambre fait onze mètres carrés. Je le sais parce que je l’ai mesurée un jour de grand ennui pendant les dernières vacances d’été, avec le double décimètre de mon père. Onze mètres carrés. C’est petit, mais largement suffisant pour moi. Je n’ai jamais eu besoin de beaucoup d’espace. Je ne collectionne ni les objets, ni les vêtements, ni les trophées. Onze mètres carrés, c’est juste assez pour que je m’y sente bien, tant que personne d’autre n’entre.

Les murs sont couverts de tirages. Pas des posters, ni des photos de vacances ou de célébrités. Non, des photos à moi. Certaines réussies, d’autres ratées, quelques unes entre les deux, mais je trouve que c’est justement ça qui est intéressant. Une chaise vide sous un lampadaire, la vitre embuée d’un bus, les réverbères et leur lumière orangée devant ma maison, les mains de ma mère qui tiennent une tasse à café, les chaussures de mon père dans l’entrée. Je ne photographie pas les visages, pas encore. Et peut-être jamais.

La salle de bain sent la même odeur de gel douche depuis que j’ai douze ans. Déjà parce que ma mère achète toujours la même marque, et aussi parce que je n’ai pas franchement d’opinion sur ce sujet. L’eau chaude met quarante secondes à arriver. Je compte toujours. Et quarante secondes, c’est le temps idéal pour se regarder dans le miroir sans vraiment se voir. C’est un talent que j’ai fini par développer avec le temps. Non pas que je ne m’aime pas ou que je me trouve moche. Je ne pense pas être plus laide qu’une autre. C’est juste que ça fait bien longtemps que je n’ai plus envie de faire l’effort de.

Mes vêtements sont posés sur la chaise de mon bureau. Je les prépare toujours la veille, ça me fait ça de moins à penser le lendemain. Un jean large, un pull sombre, une paire de converse. Le combo parfait pour créer le moins de contraste possible avec le gris des casiers et du carrelage des couloirs du lycée.

Comme tous les matins, je m’arrête en bas de l’escalier. J’y ai une vue imprenable sur le salon et la collection de plantes de ma mère. Mais surtout, il y a cette lumière rasante des levés de soleil. Cette lumière qui coupe la pièce en deux et qui se reflète dans le miroir au-dessus du canapé. Je ne saurais pas l’expliquer, mais ça m’émeut presque.

Dans la cuisine, la radio de mes parents crie les infos du jour. J’ai appris à ne plus l’écouter, les nouvelles du monde étant souvent globalement les mêmes : une nouvelle guerre sur le point d'éclater entre deux puissances économiques, une partie de la planète qui brûle à petit feu entraînant dans son sillage tout un éco-système et la découverte d’un nouveau type de cancer incurable. Très peu pour moi.

Mon père est encore en pyjama, ce qui signifie qu’il ne commence qu’à dix heures aujourd’hui. Il travaille à la maison trois jours par semaine depuis la réorganisation de son poste, et surtout depuis l'épidémie de Covid. Et ces matins-là ont une saveur particulière, ils sont plus lents, plus chauds, plus doux. Il prend le temps de préparer des œufs brouillés et des toasts au beurre. J’adore les toasts au beurre.

Ma mère est debout contre le plan de travail, café à la main, et elle écoute mon père raconter une histoire de travail. Ma mère est une auditrice attentive, alors elle hoche la tête frénétiquement et s'amuse à reformuler la moitié de ce qu’on peut dire. Les discussions sont plus longues, mais au moins, on sait que le message est passé.

Je m’assieds à côté de mon père. Il pousse une assiette pleine vers moi sans interrompre son histoire.

— …et donc le type me dit, très sérieusement, que le problème venait du stagiaire. Le stagiaire qui avait commencé la semaine d’avant.

— La faute du stagiaire ? demande ma mère.

— Vraiment. Comme si un pauvre gosse avait pu faire ça. Le type voulait juste pas prendre ses responsabilités, on sait que c’est plus facile de tout remettre sur le dos de quelqu’un qui n’est même pas là pour se défendre.

Il finit par me regarder.

— Bien dormi ?

— Oui

— T’as mangé hier soir ? J’ai l’impression que t’as à peine touché ton assiette.

— J’avais pas très faim.

Il hoche la tête, n'insiste pas. Il sait que ça ne servirait à rien. Mais il ajoute des œufs dans mon assiette. Ma mère pose sa main sur mon épaule en passant derrière moi. Juste une seconde.

Avant de partir au lycée, je récupère toujours mon appareil photo posé sur le meuble de l’entrée. Je l’y met dès que je rentre chez moi, objectif tourné vers la porte, comme s’il regardait l'extérieur pour moi. C’est un Olympus OM-1 de 1973. Mon grand-père l’a acheté d’occasion à Lyon quand il avait vingt-deux ans, avant son premier reportage au Liban. Ce boitier a traversé quatre décennies et trois continents, des guerres, des famines, des naissances dans des camps de réfugiés.

Et maintenant, il photographie les couloirs de mon lycée.

Je me dis qu’il doit trouver ça reposant.

Papi Michel est mort il y a deux ans, un matin de novembre, d’une façon ordinaire et silencieuse, bien loin de la vie qu’il a pu mener. Je n’étais pas là, je n’ai pas pu lui dire au revoir, et ça, je le transporte partout avec moi.

Il m’a légué l’appareil. Et avec lui l'idée qu’il faut regarder le monde comme si chaque image pouvait être la dernière.

Le lycée est à vingt minutes à pied. Je prends toujours le même chemin. C’est pas le plus court, mais il longe le parc, et la lumière qui filtre entre les feuilles des arbres le matin me fascine. Selon la saison ou le temps qu’il fait, ce n’est jamais la même. Ce n’est jamais la même, et pourtant, elle est et sera toujours là. Malheureusement, aujourd’hui, la lumière ne danse pas entre les feuilles. Le ciel est gris et bas, le bitume est mouillé et jonché de feuilles mortes humides. Quelqu’un a oublié un vélo attaché à un banc depuis suffisamment longtemps pour que la rouille commence à se voir.

Je m’arrête une seconde, je cadre mentalement. Mouais, lumière insuffisante de toute façon, je ne vais pas perdre une pose pour ça.

Arrivée au lycée, je mets mon plan habituel en action. Il n’est pas compliqué et il tient en quelques règles que j’ai mises progressivement au point depuis la rentrée de seconde.

Il ne faut pas arriver trop tôt, car les couloirs sont vides et cela force les conversations. Mais il ne faut pas arriver trop tard non plus car ça attire les regards. Il faut longer les murs et éviter les nœuds de couloir, là où les gens ont la sale manie de stationner. Il faut regarder légèrement sur le côté quand on croise quelqu’un, pas les yeux dans les yeux, mais pas derrière leur épaule non plus, non, il faut trouver le point médian. Et il ne faut jamais s'asseoir de façon aléatoire au réfectoire. Chacun y a sa place, et si un grain de sable vient se glisser dans ce rouage parfaitement huilé, on peut être sûr d’en entendre parler pendant des semaines.

C’est pas de la timidité. Non, la timidité, on naît avec, c’est involontaire. Ce que je fais, c’est de la gestion. Une chorégraphie précise et quotidienne dont le seul objectif est de traverser la journée en ayant le moins de contact possible.

Et ça marche plutôt bien. Tellement bien que parfois, j’ai l’impression que je pourrais disparaître du lycée sans que personne ne s’en rende compte avant plusieurs heures. Je n’ai pas encore décidé si ça m’effrayait ou si ça me rassurait.

Les cours se passent tous les jours de la même façon. Je m'assois à une table libre, laissant qui le veut s'asseoir à côté de moi, c’est à dire généralement personne. J’écoute, je prends des notes, j'essaie de disparaître entre les têtes lorsque le prof demande de la participation. Je ne suis pas mauvaise en classe, pas exceptionnelle non plus. Mais j’ai toujours eu cette capacité à ingurgiter des informations sans nécessairement avoir besoin de faire des efforts.

Au réfectoire, je m’installe toujours à la même table. Au fond, à droite, proche des fenêtres car le néon y est cassé, la lumière est donc moins aveuglante. J’ai toujours un livre ouvert devant moi, ce qui me donne une raison valable de ne discuter avec personne. En fait, le livre n’est qu’une excuse. Je lis deux pages le temps de manger, et ensuite, je regarde les gens. Réflexe de photographe. Ou alors réflexe de quelqu’un qui a appris très tôt qu’observer était plus sûr que de participer. La façon dont cette fille de terminale déchire son pain, sans s’en rendre compte. Ce garçon, qui malgré une table bien animée, fixe son écran de téléphone avec l’air de quelqu’un qui semble attendre un message qui n’arrive jamais. La cantinière, qui continue de dire bonjour à tous les élèves qu’elle sert, malgré le fait que tous l’ignorent quotidiennement.

La cantine est pleine de gens qui jouent un rôle sans vouloir se faire prendre. Je suis probablement la seule à le voir parce que je joue le mien depuis assez longtemps pour reconnaître les autres.

C’est à la pause de l’après-midi que je les vois pour la première fois de la journée. Enfin, les voir est un grand mot.

Je longe le mur, quand le bruit arrive avant eux. Les rires, les chocs d’épaules, les discussions houleuses. Je les entend toujours avant de les voir, au moins, ça ne laisse pas de place à la surprise.

Ils sont cinq. Des élèves de l’équipe de basket. Enfin, une partie de l’équipe. Ils prennent toujours toute la largeur du couloir, naturellement, sans mauvaise intention. Je pense juste que personne ne leur a jamais appris que l’espace n'appartient pas toujours à ceux qui font le plus de bruit.

Théo Marchand en tête. Comme toujours.

Je connais son nom comme tout le monde. Par osmose ou contamination sociale, sans jamais avoir cherché à le savoir. Il appartient à cette catégorie de gens dont l’existence s’impose aux autres, sans le moindre effort. Capitaine de l’équipe, petit ami de Jade Collier, fils d’un ancien joueur professionnel de basket reconverti dans l’investissement immobilier. Ces informations circulent dans l’air du lycée comme des particules en suspension. On les aspire sans le vouloir.

Malheureusement pour moi, je n’ai pas le temps de m’écarter d’avantage. Je suis déjà presque en train de ne faire qu’un avec les casiers. Son épaule frôle la mienne en passant. Il n’y a pas de choc, c’est à peine un effleurement, mais il ne ralentit pas, ne tourne pas la tête, ne marque aucune pause. Pour lui, il ne s’est rien passé, j’aurais été un mur ou un poteau, ça aurait été la même chose.

Je reste une seconde immobile, mon sac et mon appareil serré contre moi. Je ne suis pas en colère, je ne suis pas non plus surprise. Ce genre d’instant confirme juste ce que je sais depuis longtemps : certaines personnes traversent le monde sans jamais avoir à se faire petites. Ça doit être tellement facile.

Après les cours, je passe presque toujours deux heures au labo photo. Il est situé au sous-sol du bâtiment C.

C’est l’endroit le plus calme du lycée. Peut-être parce qu’il est difficile à trouver, peut-être parce qu'il ne dénombre que sept membres, dont cinq viennent uniquement aux réunions obligatoires.

C’est une petite pièce divisée en deux. Un côté clair pour le rangement du matériel, et un côté sombre caché derrière un rideau épais avec les bacs de produits chimiques, les pinces et les fils tendus pour sécher les tirages.

L’odeur du révélateur, je la reconnais les yeux fermés. Elle a quelque chose de chimique et de doux à la fois. Quand je la sens, mes épaules descendent automatiquement d’un cran. C’est ma madeleine de Proust.

Milo est déjà là.

Il est assis sur le plan de travail, jambes pendantes, en train de lire un vieux numéro des Cahiers du cinéma. Il a un stylo coincé derrière l’oreille qu’il n’utilisera sûrement pas, et il porte le même sweat kaki que jeudi dernier, et peut-être mercredi aussi, ça ne m’étonnerait pas.

— T’as du film ? je demande en posant mon sac.

— Non. Toi ?

— Il me reste quatre poses sur ma pellicule.

Il tourne une page.

— On est une honte pour la discipline.

Je m’assieds sur la chaise en face de lui. C’est notre configuration habituelle. Elle laisse un espace juste assez grand entre nous deux pour ne pas être obligés de se regarder en permanence. On peut parler ou ne pas parler, et les deux sont également valables.

C’est Milo qui a établit ça, sans le formuler. Sans établir quoi que ce soit, en fait. Il s’est juste comporté comme si c’était déjà normal, dès le début, et à force, ça l’est devenu.

On s’est retrouvé au club photo à la rentrée de seconde sans l’avoir cherché. On était dans le même collège, je savais vaguement qui il était, lui, savait sûrement qui j’étais. Sauf qu’en troisième, savoir qui j’étais impliquait forcément d’avoir entendu certaines choses.

Voilà ce qu’il y avait à entendre : que j’avais couché avec un garçon d’un autre collège, un garçon qui était en couple. Rien de bien précis, pas de nom, pas de date, pas de lieu. Juste assez de matière pour que la rumeur tienne debout et pas assez pour qu’on puisse la démolir. C’est là que tient tout le génie dans ce genre de choses. Une information vérifiable peut être contredite, tandis qu’une information floue s’infiltre partout et ne meurt jamais vraiment, car il y a toujours quelqu’un pour dire qu’il ne peut pas y avoir de fumée sans feu.

Par contre, ce que la plupart des gens ne savaient pas, c’est d’où venait la fumée.

Elle s’appelait Inès. On était amies depuis la cinquième, le genre d'amitié de collège qui tient sur des trajets de bus partagés, des fous rires en cours et une connaissance progressive des petits secrets de l’autre. Je lui faisais confiance comme on fait confiance à ses amis.

Il y avait un garçon. Évidemment, il y a toujours un garçon dans l’équation. Il s'appelait Thomas et j’essaie de ne plus prononcer son prénom si je le peux. Inès l’aimait bien depuis des mois, tout le monde le savait, moi y compris. Et puis un jour, il s’est mis à me parler à moi. Pas de façon romantique, tout du moins pas que je sache, juste, me parler et me regarder quand je disais des choses.

Je n’ai rien fait de ces regards, je n’en voulais pas.

Mais Inès, elle, a vu quelque chose. Et une semaine plus tard, la rumeur était lancée.

Je me suis vite rendue compte que quelque chose clochait. D’abord, il y a eu les regards, les conversations qui s’arrêtent quand je passe devant un groupe, quelqu’un qui se lève de table lorsque je m'assieds à la cantine. Puis quelqu’un m’a dit, un peu gêné, ce qui circulait sur les réseaux.

Bien sûr, j’ai essayé d’en parler à Inès.

Elle était désolée, j’en suis presque certaine, mais elle n’a jamais cherché à démentir quoi que ce soit pour autant.

Je ne lui en veux plus, ou du moins, c’est ce que je me dis. Ce que je sais en revanche, c’est que depuis ce jour là, je regarde les gens différemment. Je sais maintenant que quelqu’un peut décider, un jour, pour une raison qui n’a rien à voir avec moi, de changer ce que les autres voient quand ils me regardent.

Et ça, je n’ai aucun moyen de l’empêcher.

Milo, lui, a continué à se comporter exactement de la même façon.

En soit, c’était sûrement plus facile pour lui, car il n’a jamais vraiment eu à se comporter avec moi vu qu’on ne se connaissait que de vue.

Il m’a adressé la parole au club photo juste parce que j’étais là et qu’il avait quelque chose à dire qui n’avait aucun rapport avec ce qu’il avait peut-être entendu sur moi.

Je ne sais même pas si il était au courant, je ne lui ai jamais demandé et cela ne me semble pas nécessaire.

Ce qui compte, c’est que son regard est toujours le même. Il n’est pas biaisé, comme quand une photo est développée avec un mauvais produit et que les couleurs tirent vers le faux. Avec Milo, les couleurs restent les mêmes. C’est la chose la plus rare que je connaisse.

— Ferrer a rendu les copies de philo, dit-il sans lever les yeux de son magazine.

— Et ?

— Dix-sept.

— C’est bien !

— Elle a écrit analyse pertinente mais style trop elliptique. J’essaie encore de décider si c’est un reproche ou un compliment caché.

— Probablement les deux.

— C’est aussi ma conclusion.

Je sors l’appareil de mon sac et commence à vérifier les réglages. Un geste de confort plutôt qu’une nécessité. Sentir le boîtier dans mes mains, son poids, la légère aspérité du grip ,on est plutôt sur le TOC si vous voulez mon avis.

— Il y a une réunion du club jeudi, reprend Milo, Mme Aubry veut qu’on parle du projet de fin d’année. Elle a dit le mot mémorable deux fois dans la même phrase, ce qui m’inquiète un peu.

— Pourquoi, le film de fin d’année habituel ne lui suffit plus ?

— Apparemment, on a un potentiel inexploité. Ce sont ses mots. Personnellement, je pense surtout qu’on a un budget inexploité, mais je n’ai pas jugé utile de le préciser.

Il ferme enfin son magazine et pose les yeux sur moi. Il a cette façon de regarder les gens, directe et tranquille, comme s’il avait déjà tout vu.

— T’as une idée ? il demande.

— Non.

— Mensonge.

— Je n’ai pas d’idée praticable.

Il attrape son stylo derrière son oreille et commence à le faire tourner entre ses doigts. Je savais bien qu’il ne s’en servirait pas pour écrire.

— T’auras une idée, dit-il. T’en as toujours une.

C’est pas un compliment, c’est une affirmation. Chez Milo, les compliments n’existent pas. Il y a les observations justes, et le reste qu’il ne dit pas. J’ai mis du temps à comprendre que c’était sa façon d’être précis, et que sa précision valait beaucoup plus que la gentillesse.

Je reprends l’appareil entre mes mains.

Quatre poses.

Fait chier.

Dehors, le lycée se vide. Les bruits des couloirs disparaissent, les portes arrêtent de claquer. Et je ne sais toujours pas ce qui mérite d’être photographié.

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