23

2 minutes de lecture

Comme à son habitude, PJ regarda le chauffeur de taxi par la glace sans tain avant d’aller l’interroger. La soixantaine, mal rasé, vêtements bon marché, l’air très fatigué Inquiet.

PJ entra dans la salle, s'assit en face de lui.

─ Vous êtes taxi indépendant et vous avez travaillé dans la nuit de dimanche à lundi.

─ Oui, monsieur. Je vais avoir des ennuis ?

Sa voix tremblait légèrement.

─ Je ne pense pas. Vous avez pris deux personnes dans votre taxi, dimanche soir vers 22 heures.

L’homme sortit une feuille de papier froissée de sa poche, chaussa des lunettes et répondit :

─ Appel à 22 heures 12. Prendre deux personnes à La Tour d'Argent pour une course dans Paris. J'étais au Châtelet, retour de la gare de Lyon. Pris en charge à 22 heures 18, deux personnes, direction le VIIe

Il releva les yeux.

─ Décrivez moi ces personnes.

L'homme réfléchit un instant.

─ Des gens friqués, de la haute. Elle, la cinquantaine, robe haute couture, brushing parfait et bijoux place Vendôme. Lui, soixante ans environ, costard sur mesure, chaussures à mille balles, la grande classe tous les deux, mais pas un couple.

─ Pas un couple ? Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

Le chauffeur sourit légèrement.

─ L'habitude, monsieur. Quand on fait ce métier depuis trente ans, on voit beaucoup de monde. On apprend à observer. Pas un couple amoureux, en tout cas. Mais de très vieux amis, ça oui. Ils se parlaient avec familiarité mais sans ambiguïté.

─ Bon VIIe, et ensuite ?

─ Arrêt rue Saint-Dominique à 22 heures 45, une bise, dépôt de la dame et direction porte Maillot. Arrivée à Neuilly à 23 heures 09, dépôt du client, règlement de la course, très gros pourboire et je repars. Terminé.

─ Quelle adresse à Neuilly ?

─ 133 boulevard Maurice Barrès.

PJ sortit six photos d’un dossier, trois femmes et trois hommes.

─ Reconnaissez-vous quelqu’un sur ces photos ?

Sans hésiter, le chauffeur désigna Veillon et l’ambassadrice.

─ Vous en êtes certain ?

─ Absolument certain, monsieur.

─ Merci de votre coopération, vous pouvez y aller.

PJ remonta dans son bureau, fatigué et pessimiste. Il avait besoin d’un café pour tenir le coup. Un meurtre et deux disparitions en deux jours, la presse à l’affut et diffusant des informations plus farfelues les unes que les autres.

Tout cela ne présageait rien de bon.

Il décida finalement de ne pas prendre de café et s’allongea sur le canapé de son bureau pour se reposer un moment et faire le point. Il avait à peine posé la tête qu’il s’endormait.

Annotations

Vous aimez lire Vaintrasse ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0