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PJ se réveilla en sursaut. Il fit la grimace en s’étirant à cause de son cou et de son dos qui le faisaient souffrir.
Ces nuits au bureau commençaient à peser lourd.
Apres un bâillement interminable, il se leva et décida d’aller s’offrir un café à la machine du premier étage. Il avala rapidement son gobelet et s’en servit immédiatement un deuxième. Il s’apprêtait à remonter à son bureau quand il fut hélé par un agent.
— Mon commandant, le commissaire est dans tous ses états et vous réclame, il n’arrive pas à vous joindre.
PJ tata ses poches. Son téléphone. Il l'avait laissé sur son bureau.
— Merci, je récupère mon téléphone et j’y cours.
Dans le bureau du commissaire divisionnaire.
— PJ, on est vraiment dans le pétrin !
— Raconte.
— Zoé. Elle a quitté l’Elysée hier à 17 heures, à pied, suivie par ses deux gardes du corps. Elle est entrée dans une boutique de lingerie féminine et n’en est pas ressortie.
PJ leva les yeux au ciel.
— Nos deux guignols ne la voyant pas ressortir au bout d’une demi-heure sont rentrés et ont interrogé le personnel. Il s’avère qu’elle a demandé les toilettes et qu’elle est partie par la porte de secours à l’arrière du magasin.
— Le commandant du GSPR a du souci à se faire !
— Bon sang, sois sérieux ! Le bornage de son téléphone n’a rien donné. Elle l’a éteint en quittant sa chambre. L’opérateur va nous fournir le relevé des appels et des SMS, mais je suis très pessimiste.
— Il y a de quoi. Partons immédiatement perquisitionner sa chambre.
— Tu rêves ? Les appartements privés de la présidence ?
— Je ne crois pas que quelqu’un s’y opposera, au besoin nous ferons appel au président lui-même. Il sera bien obligé de coopérer. Ses deux enfants ont disparu.
Naudin décrocha son téléphone :
— Passez-moi l’Elysée, le secrétaire général.
Quelques phrases plus tard, ils avaient le feu vert.
Avant de partir, PJ demanda à Héloïse d’aller réinterroger le gardien du 133 boulevard Maurice Barrès et de passer au ministère du logement pour récupérer un plan de l’immeuble en format numérique.
— On en aura besoin, précisa-t-il. Quelque chose me dit que cet immeuble a des secrets.
La voiture banalisée fut introduite une fois de plus par la grille du Coq. C’est le conseiller spécial du président qui les reçut, un homme jeune, trentenaire, costume impeccable et l’air pincé, et les conduisit à la chambre de Zoé. Ils enfilèrent des gants avant d’y entrer et PJ repoussa le conseiller qui voulait les suivre :
— Attendez dehors et faites venir d'urgence la scientifique.
Le conseiller n’ayant pas l’air de comprendre :
— LA POLICE SCIENTIFIQUE. URGENT. COMPRIS ?
Le conseiller rougit et s’esquiva, vexé, sans répondre.
Les deux hommes procédèrent à une fouille rapide à la recherche de documents, d’un ordinateur ou d’une tablette. Ils trouvèrent : un smartphone et un ordinateur portable verrouillés par un mot de passe.
— On est dans un brouillard total, on doit interroger le président.
— Tu plaisantes !
— J’en ai l’air ?
— Je vais voir ce que je peux faire.
Naudin sortit de la chambre et demanda à un huissier d’appeler un conseiller du président. C’est le même qui arriva, suivi par l’équipe de la police scientifique qui investit immédiatement la chambre. Naudin entama une discussion avec le conseiller qui secouait frénétiquement la tête en signe de dénégation.
— Il va nous recevoir.

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