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De retour au bureau, PJ retrouva Héloïse qui l'attendait avec un dossier sous le bras. Elle lui fit un compte rendu rapide de son entretien avec le gardien du 133 boulevard Maurice Barrès à Neuilly qui confirma ses soupçons sur les disparitions de Robin et de Veillon.

Il rédigea immédiatement un mail et y joignit le fichier du plan de l'immeuble rapporté par Héloïse. Il l'envoya à Bastien, son ami haut fonctionnaire au ministère du Logement.

Quelques minutes plus tard son téléphone sonnait. Il mit le haut-parleur.

— Bonjour Bastien, merci de ton appel. Que penses-tu de cet immeuble ?

— Je connais bien ce genre d’immeuble post-haussmannien, il fait partie des études que j’ai menées pour mon dernier ouvrage et qui sont dans les archives du ministère. Pas de parking mais une cave par appartement.

Bastien marqua une pause.

— C’est un immeuble qui a une particularité : l’appartement du dernier étage a été occupé par un colonel SS pendant la deuxième guerre mondiale.

— Ah ! Continue.

— Il a été enlevé par la résistance alors que deux soldats montaient la garde au pied de l’immeuble et qu’un véhicule blindé avec dix hommes stationnaient en face. Un coup d’éclat.

— Par quelle magie… ?

— Je ne l’ai pas raconté dans mon livre pour protéger l’intimité des habitants de l’immeuble. Le colonel était un grand amateur de vin de Bordeaux et il avait une centaine de bouteilles de prestige dans sa cave. Personne n’avait le droit d’y toucher et il descendait personnellement pour puiser dans sa réserve.

PJ commençait à comprendre.

— La résistance en avait été informée par le gardien de l’immeuble, un ancien poilu. L’immeuble voisin, le 135, est le parfait symétrique de celui-là et les caves des deux bâtiments ne sont séparées que par un mur, un simple mur de briques.

Bastien prenait plaisir à raconter.

— La résistance a percé le mur et a bouché le trou avec des briques empilées, pas de ciment, juste des briques posées. Il leur a suffi d’attendre que le colonel ait envie de déboucher une bouteille pour l’enlever. Ensuite ils ont remaçonné le mur et les Allemands n’ont jamais compris ce qui était arrivé à leur colonel. Ce dernier n’a jamais été retrouvé. Probablement fusillé et enterré quelque part.

PJ sourit.

— Connais-tu le numéro de la cave en question ?

— Oui, la 6.

— Merci Bastien. Tu viens de résoudre un mystère, je te revaudrai ça.

— J’y compte bien. Et tu me raconteras un jour ?

— Peut-être. Quand tout sera fini.

PJ raccrocha et se tourna vers Héloïse.

— Demande qu’on nous envoie d’urgence la liste des locataires du 135 boulevard Maurice Barrès à Neuilly, et demande une voiture pour nous et deux autres pour Zanzarelli et Augeron avec trois gardiens pour chacun, direction Neuilly.

Avant de partir, PJ la regarda gravement.

— Il faut que je te dise quelque chose. À propos du diplomate disparu, on n'en a pas reparlé, mais il s'agit bien de ton père.

Héloïse pâlit mais ne dit rien.

« Tu t'en doutais, non ?

— Oui.

— Pour une raison que j’ignore, il avait un rendez-vous dans l’immeuble où nous allons et il y a disparu. Je ne sais pas si tu pourras rester sur l’affaire, mais je ferais ce qu’il faut pour que cela soit possible.

— Merci.

PJ posa brièvement sa main sur son épaule.

— On y va. On va le retrouver.

Héloïse le regarda et se surprit à penser qu'elle commençait à apprécier de travailler avec lui. Vraiment.

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