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Dès l’arrivée des trois véhicules devant les 133 et 135 boulevard Maurice Barrès à Neuilly, PJ distribua les rôles.ès l’arrivée des trois véhicules devant les 133 et 135 boulevard Maurice Barrès à Neuilly, PJ distribua les rôles.
— Augeron et Zanzarelli, au 133 avec les gardiens. Deux devant l’entrée de l’immeuble, personne ne sort, personne n’entre. Les deux autres gardent l’entrée du 135, même consigne.
Les deux lieutenants hochèrent la tête et partirent au pas de course.
PJ demanda au gardien du 135 la clef de la cave numéro 6 et le nom de son propriétaire.
Le gardien consulta son registre.
— La cave est la propriété d’une société d'informatique, Data Soft Solutions. Ils l'ont acheté avec l'appartement du troisième étage il y a six mois, mais il n'y a pas d'occupant actuellement et personne n'y a jamais emménagé.
PJ et Héloïse échangèrent un regard.
— Donnez-nous les clefs, nous allons le visiter d’abord. Héloïse, téléphone au bureau pour des renseignements sur cette société.
Héloïse s'éloigna, portable à l'oreille.
PJ envoya les deux autres gardiens surveiller la cave et monta au troisième étage avec le gardien, suivi rapidement par Héloïse.
PJ enfila une paire de gants, déverrouilla la porte et entra le premier, la mais sur son arme. Un drôle d’odeur flottait dans l’air qui trouva rapidement son explication. Deux corps sans vie gisaient dans la grande pièce, sur le parquet. Deux hommes, nus, pieds et poings liés avec des serflex, visages contre terre.
PJ s'approcha prudemment, vérifia qu'il n'y avait personne d'autre dans l'appartement. Puis il examina rapidement les corps, probablement abattus d'une balle dans la nuque. Un travail de professionnel.
— Ils sont morts depuis plus de 24 heures. Héloïse, tu restes ici. Tu appelles l'identité judiciaire et la scientifique. J'envoie les deux gardiens pour te remplacer et tu me rejoins à la cave.
Il descendit les escaliers quatre à quatre, envoya les deux gardiens au troisième étage et déverrouilla la porte de la cave numéro 6.
Il allumait sa torche quand Héloïse arriva essoufflée.
La cave paraissait vide et apparemment normale. Des étagères métalliques vides, quelques cartons éventrés. Rien de suspect.
PJ s'avança vers le mur du fond, mitoyen de l'immeuble du 133. C'était un mur de briques anciennes, mais il remarqua immédiatement que les briques du milieu du mur n'avaient pas la même tonalité que celles des côtés. Plus propres, plus récentes.
Il fit reculer Héloïse d'un geste.
— Attention.
Il appuya fermement sur une des briques centrales. Une grande partie du mur, environ un mètre cinquante de large sur deux mètres de haut, s'écroula dans un nuage de poussière, dévoilant un trou béant suffisant pour le passage d'un homme de taille moyenne.
La lumière de la torche pénétra dans la cave voisine où ils virent le bric-à-brac habituel de toute cave servant à stocker des objets promis, à plus ou moins long terme, à la poubelle.
— Il a disparu par-là, de gré ou de force. Je vais à coté voir ce qu’il en est des propriétaires de l’autre cave.
PJ retrouva sur le trottoir du 133 les deux lieutenants qui attendaient près de leur voiture.
— Alors ?
Zanzarelli prit la parole :
— Mon commandant, c’est un couple de petits vieux qui possède la cave en question. Ils vivent dans cet appartement depuis près de cinquante ans et ne sont pas descendu dans leur cave depuis plus de dix ans. La clef est confiée depuis au gardien qui vérifie régulièrement, en faisant sa ronde, que la porte est bien fermée.
Augeron enchaîna :
Nous avons interrogé le gardien qui nous a informé que le fils des propriétaires avait fait faire un double de la clef il y a un mois environ.
— Parfait. Vous allez chercher le fils et vous le ramenez au 36 pour interrogatoire. Héloïse, je n’ai plus besoin de toi pour le moment, tu peux partir. Je te brieferai demain matin. 7 heures, comme d'habitude.
Héloïse ouvrit la bouche pour protester mais se ravisa en voyant l'expression de PJ. Il avait ses raisons.
— Bien. À demain, PJ.

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