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PJ était arrivé très tôt et relisait encore une fois les rapports pour essayer de mettre le doigt sur ce qui lui causait l’impression de passer à côté de l’essentiel.
Il en était à sa troisième tasse d’un café imbuvable quand son téléphone « spécial », celui que l'homme lui avait remis la veille, grogna sur son bureau, numéro masqué.
— Oui ?
— Commandant Malisse ?
— Qui le demande ?
— Le secrétaire général de l’Elysée.
— En quoi puis je vous aider ?
— Le président vous recevra à 10 heures. Vous passerez par la grille du Coq.
Un ordre, pas une demande.
— Je ne suis pas sûr d’avoir du temps à perdre.
— Ne faites pas le malin, commandant. Il s’agit d’une affaire de sécurité nationale. Personne ne doit être mis au courant de votre visite, pas même votre supérieur hiérarchique. C’est clair ?
— …
— Soyez à l’heure.
Le secrétaire général raccrocha sans attendre de réponse.
PJ venait de reposer son téléphone quand Héloïse arriva, un dossier à la main.
— Bonjour. Je suis en avance ?
— Non, j'étais là tôt. Tu as du nouveau ?
Héloïse posa le dossier sur le bureau.
— J’ai du nouveau sur les deux cadavres de Neuilly. D’après l’autopsie, ils ont été abattus avec la même arme que Kastarov, et probablement par la même personne.
PJ feuilleta le rapport rapidement.
— Les balles extraites correspondent à une arme qui a servi il y a deux ans à descendre un trafiquant de drogue bien connu. L'arme n'a jamais été retrouvée.
PJ hocha la tête. Un tueur professionnel qui ne se débarrassait pas de son arme. Inhabituel.
— Intéressant, quoi d’autre ?
— Coté identité, ce sont de petits truands avec des casiers judiciaires longs comme le bras, mais aucune connexion avec l’ambassade russe. A propos, l’attaché culturel a été placé sous surveillance.
PJ referma le dossier.
— Bon travail, continue. Je dois m’absenter pour une affaire personnelle. A plus tard.
Héloïse le regarda, curieuse, mais ne posa pas de question.

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