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PJ arriva à l'Élysée à 9 heures 55 précises. Il fut immédiatement introduit par la grille du Coq et conduit dans le bureau du président.

Le président était assis derrière son bureau, en bras de chemise. Il fit signe à PJ de s'asseoir.

Pendant un long moment les deux hommes s’observèrent sans dire un mot.

— Je sens chez vous un peu d’hostilité à mon égard, est-ce exact ?

PJ ne détourna pas les yeux.

— C’est exact, monsieur le président.

— J’ai eu l’occasion de consulter votre dossier ainsi que les notes de l’ANRI à votre sujet. Je pense que vous êtes quelqu’un de loyal et à qui on peut faire confiance. Que me reprochez-vous exactement ?

— Sauf votre respect, monsieur le président, j’aurais dû vous mettre en garde à vue pour entrave à une enquête de police et dissimulation de preuves.

Un silence glacial s'installa.

— Vous nous avez laissé gaspiller du temps et des ressources pour faire des recherches inutiles. Vous saviez pour l'opération d'intoxication. Vous saviez que votre fils était impliqué. Vous saviez pour Louis Veillon. Et vous ne nous avez rien dit.

Grand silence. Le président soutint le regard de PJ sans ciller.

— Vous avez entièrement raison, j’ai été très mal conseillé mais vous êtes depuis hier soir au courant de l’essentiel.

Il se leva et fit quelques pas vers la fenêtre qui donnait sur les jardins.

— Les informations que je vais vous donner maintenant ne doivent en aucun cas être divulguées à qui que ce soit. Vous ferez partie des trois personnes au courant, dont deux sont dans ce bureau. Me suis-je bien fait comprendre ?

— Oui, monsieur le président.

Le président se retourna.

— D’abord une bonne nouvelle. Louis Veillon a été retrouvé mourant dans une casemate du château de La Roche Guyon. Un touriste l'a entendu gémir et a donné l'alerte.

— En effet, excellente nouvelle !

— Il a été transporté à l’hôpital du Val-de-Grâce sous un faux nom où il est sous bonne garde et tiré d’affaire, même si la convalescence sera longue.

Le président revint s'asseoir.

— Rien n’a filtré et il n’a pas encore été interrogé, vous vous en chargerez dès qu’il sera en état. Une équipe fait une enquête discrète sur place, au château, sans beaucoup d’espoir de trouver des informations.

Il tendit un dossier à PJ.

— La deuxième nouvelle est plus inquiétante. Ouvrez le dossier.

Le dossier ne contenait qu’une photo de Robin Macron attaché sur une chaise avec sur la poitrine un exemplaire du Figaro de la veille. PJ la regarda sans la toucher.

— Pas de demande de rançon ?

— Non, aucune revendication. Juste cette photo envoyée hier par courrier à l'Élysée.

— Je suppose que plusieurs personnes ont touché l’enveloppe et la photo, inutile donc de rechercher des empreintes.

— Hélas, oui. Une dizaine de personnes au moins. Le courrier de l'Élysée passe par de nombreuses mains.

PJ referma le dossier.

— Il faut attendre, il y aura une suite. De mon côté, je continue les recherches. Mais je dois informer la fille Veillon pour son père et l’emmener le voir.

— Est-ce bien prudent ?

— J’ai totalement confiance en elle.

— Bien. Je donne des instructions pour votre accueil au Val-de-Grâce.

Il griffonna quelque chose sur un papier et le tendit à PJ.

— Et voici un numéro qui vous permettra de me contacter à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit en cas de besoin.

PJ prit le papier et le glissa dans sa poche.

— Merci, monsieur le président.

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