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PJ, de retour de l’Elysée, trouva Héloïse en train de visionner les vidéos de Neuilly à partir du lundi 2 heures du matin. Elle était arrivée à 4 heures quand elle aperçut sur l’écran un van qui se garait devant le 135. Elle arrêta la lecture quand PJ lui dit :

— Tu continueras plus tard, pour l’instant on a une visite à faire. Rejoins-moi au parking dans cinq minutes.

— Une visite ?

— Oui, à tout de suite.

— On va où ?

— Je vais te mettre au courant mais d’abord tu dois me promettre de ne pas dire à qui que ce soit, même à la hiérarchie, où nous allons ou un mot de ce qui va se passer ou se dire. Il s’agit d’une question de sécurité nationale. Tu as bien compris ?

— Oui, c’est d’accord, mais tu m’inquiètes.

— J’ai eu du mal à obtenir l’autorisation de t’en parler, donc ne trahis pas ma confiance. Voilà, on a retrouvé ton père. Il est vivant.

Héloïse porta une main à sa bouche. Ses yeux se remplirent de larmes.

— Il était mal en point, mais il est stabilisé. Personne ne doit être mis au courant. Je te donnerai des détails sur ce qui s’est passé après notre visite.

Arrivés au Val-de-Grâce, ils furent conduits vers le pavillon des officiers supérieurs où le médecin-colonel les reçut dans son bureau.

— Mademoiselle, votre père a été retrouvé déshydraté, en hypothermie et en hypoglycémie grave, proche du coma. Il a aussi eu un traumatisme crânien sans conséquences selon le scanner.

. Héloïse écoutait en silence, essuyant discrètement ses larmes.

— Nous l’avons sédaté et il semble qu’il n’aura aucune séquelle. Vous pourrez lui parler dès demain mais nous le garderons sous protection militaire jusqu’à nouvel ordre.

Il se tourna vers PJ.

— Vous pourrez l'interroger dans deux ou trois jours, commandant. Pas avant. Il a besoin de repos.

Héloïse fut conduite vers une chambre isolée, gardée par deux soldats armés en treillis. Elle entra seule.

Son père dormait, le visage pâle, amaigri. Mais il respirait régulièrement. Elle s'approcha, prit sa main et resta là, sans rien dire, pendant dix minutes.

Quand elle ressortit, elle avait les yeux rouges mais elle souriait.

— Merci, PJ.

Sur la route du retour, PJ lui expliqua les circonstances de la découverte.

— Ton père a été découvert miraculeusement dans une casemate du château de La Roche-Guyon. Un touriste s'est égaré dans un endroit interdit à la visite et l'a entendu gémir. Ce n'est pas loin de Mantes où on a perdu le signal de son téléphone.

Il jeta un coup d'œil vers Héloïse.

— Sa disparition a manifestement eu lieu avec celle de Robin dont on est sûr qu’il a été enlevé : l’Elysée a reçu ce matin une photo de lui avec un journal de la veille, mais aucune revendication pour l’instant. La nouvelle est déjà dans la presse et la fuite vient probablement des ravisseurs. Tu comprends la nécessité absolue de garder secret le retour de ton père vis-à-vis de tout le monde y compris dans le service. Tous sont suspects.

— Même le commissaire Naudin ?

— Je suis sûr qu’il est clean, il a été mon mentor et je le connais depuis longtemps, mais ce sont les ordres. Tu peux prendre le reste de la journée si tu le souhaites.

— Non, je dois continuer à visionner les vidéos. Le travail m'empêchera de trop penser.

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