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De retour du Val-de-Grâce, Héloïse qui avait besoin de s’occuper l’esprit reprit son visionnage. PJ de son côté prit son téléphone.
— Bastien ? Je te dérange ?
— Pas du tout. Comment vas-tu ? J’ai eu Julien, il parait que tu as une jeune collaboratrice, jolie ?
— Sois sérieux ! J’ai encore besoin d’un service, mais ultraconfidentiel cette fois-ci. Secret défense.
— Tu m’inquiètes.
— Il me faut d’urgence la liste exhaustive du personnel, y compris les intérimaires, d’un château classé monument historique.
— Facile, quel château ?
— La Roche Guyon.
— Intéressant. Inutile de demander pourquoi, je suppose.
— En effet, et surtout discrétion totale, fais la recherche toi-même et pas un mot à qui que ce soit. Je compte sur toi.
— Tu veux ça pour hier, je suppose ?
— Oui.
— D’accord, mais tu viens diner ce soir avec ta collaboratrice, il y aura aussi Julien et Lucie, et Juliette sera ravie, depuis le temps !
PJ venait de raccrocher quand son téléphone spécial vibra.
— Commandant Malisse, Zoé Lamarche vient de réapparaître à l'Élysée. Comme convenu, elle va évoquer une dispute avec son père. L'histoire tient. Les médias vont être informés dans l'heure.
— Parfait. Elle va bien ?
— Oui. Un peu secouée, mais elle joue son rôle à merveille. Le président est soulagé.
— Merci de l'information.
PJ raccrocha et se tourna vers Héloïse.
— Bonne nouvelle. Zoé est de retour. Officiellement, elle s'était enfuie suite à une dispute familiale. L'affaire est close de ce côté-là.
Héloïse leva les yeux de son écran.
— Au moins une bonne nouvelle dans cette histoire.
— Oui. Une de moins à sauver. Concentrons-nous maintenant sur son frère.
Héloïse hocha la tête et :
— PJ, j'ai quelque chose !
Elle fit repartir la vidéo qui marquait 5 heures 10. Ils regardèrent en silence et virent un véhicule avec gyrophare bleu stopper devant le 135. La plaque minéralogique n’était pas lisible.
Presque immédiatement, deux hommes sortirent de l’immeuble en portant un troisième, inconscient, et le déposèrent à l’arrière.
Ils retournèrent dans l’immeuble pour revenir avec un autre homme inconscient qu’ils déposèrent dans le coffre.
Puis les deux hommes, accompagnés du conducteur du véhicule entrèrent dans l’immeuble et le visionnage de la vidéo ne permit pas de les voir ressortir.
— Donc des policiers sont bien dans le coup. Il faut copier sur mon PC portable, je connais quelqu’un qui va nous récupérer le numéro. On y va tout de suite.
Arrivés à Nanterre, PJ gara la voiture devant un immeuble d’une cité HLM.
— Ma mère habite ici mais nous allons voir son voisin.
Le voisin était un jeune homme qui passait sa vie dans son fauteuil roulant devant trois écrans d’ordinateurs.
— Bonjour PJ, quel bon vent ? Mignonne ta copine !
— Pas le moment Samuel, regarde cette vidéo, il me faut le numéro de la plaque d’urgence.
— Facile, mais je dois charger un petit logiciel pour améliorer la netteté.
— D’accord, mais pas de logiciel espion.
— Tu n’as pas confiance ? Je ne vais pas te faire d’entourloupe !
— Au travail, c’est hyper important.
Quelques minutes plus tard l’image était parfaitement nette et le numéro lisible. PJ referma rapidement le couvercle du PC.
— Merci Samuel, tu oublies ça et je vais demander à ta voisine de te faire ton gâteau préféré.
— Je n’ai rien vu, je ne sais pas ce que je serais devenu sans ta mère.
De retour vers Paris.
— On a bien avancé. Je vais faire identifier le véhicule par le service spécial. On est invité à diner ce soir, tu vas rentrer te changer, je passe te prendre à 19 heures 45.

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