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De retour au bureau PJ déconnecta son PC du réseau et installa la clé donnée par Samuel.

Le téléphone avait apparemment peu servi. Un seul contact avec Filipeau et un texto de trois mots en réception le dimanche où tout avait commencé et qui disait « lancez l’opération ».

L’auteur du texto ne pouvait pas être identifié car il avait utilisé un téléphone prépayé détruit depuis.

— La pêche est maigre, on va se rabattre sur le nom du correspondant de Filipeau.

— Christian Labbé. Samuel en a trouvé trois dans toute la France dont un à Poissy.

— On va commencer par lui. Regarde dans le fichier central.

— Rien. Casier vierge.

— Trop beau pour être vrai. On y va quand même, mais je réponds d’abord au téléphone.

PJ raccrocha, songeur.

— Je dois descendre, je reviens dans cinq minutes.

PJ descendit et frappa à la porte et entra dans le bureau de Naudin qui était effondré.

— Qu’est-ce qui se passe ?

— J'ai une très mauvaise nouvelle. Hélène est morte. Assassinée.

PJ se laissa retomber dans un fauteuil.

— C'est horrible ! Je te présente mes sincères condoléances, je ne sais pas quoi te dire. Tu as des détails ?

— Elle n’était pas à son travail ce matin et ne répondait pas au téléphone.

Sa voix était blanche.

— Son assistant est allé à son domicile, la porte était entrouverte, il est entré. Elle était allongée dans le salon, morte, étranglée.

Naudin passa une main tremblante sur son visage.

— Mon Dieu... Hélène...

PJ attendit un moment avant de continuer.

— Pour l'enquête...

— C'est la PJ d'Évreux qui va s'en charger, son domicile est à Vernon. Je vais prendre quelques jours pour régler tout ça. Notre fille, Amandine, va rentrer des États-Unis.

Il se leva péniblement.

— Le commissaire Nguyen assurera l'intérim pendant mon absence. C'est à lui que tu devras faire tes rapports.

PJ hocha la tête.

— Bon courage, Jacques. Reviens-nous vite. Et préviens-moi pour l'inhumation. Je viendrai.

Naudin le regarda longuement.

— Merci, PJ.

PJ remonta dans son bureau, pensif. La mort d'Hélène de L'Orme n'était pas une coïncidence. Elle savait quelque chose. Ou elle avait fait quelque chose.

Mais quoi ?

Arrivés à Poissy devant l'immeuble du suspect potentiel, ils vérifièrent la présence d'une boîte aux lettres au nom de C. Labbé. Deuxième étage à droite.

PJ frappa plusieurs fois à la porte. Pas de réponse.

La porte d'en face s'ouvrit et un vieil homme, très âgé, appuyé sur une canne, leur demanda :

— Vous cherchez quelqu'un ?

PJ montra sa carte tricolore.

— Mais il est mort depuis vingt ans !

— Oui, monsieur Labbé.

PJ et Héloïse échangèrent un regard.

— Cet appartement est donc inoccupé ?

— Non, non. Son petit-fils vient de temps en temps. Pour récupérer son courrier, je crois.

Le vieil homme les regarda avec curiosité.

— Son nom ? Nous sommes de la police.

— Oui, j'avais compris. Je ne connais pas son nom mais je peux vous donner l'immatriculation de sa voiture. Il vient toujours avec la même.

Il rentra chez lui et revint avec un petit carnet.

— Voilà. Je note tout, vous comprenez. On n'est jamais trop prudent.

Il lut l'immatriculation à voix haute. PJ la nota soigneusement.

— Il vient souvent ?

— Tous les quinze jours environ. Il reste une ou deux heures maximum. Il récupère son courrier et il repart. Un homme pressé.

PJ le remercia et redescendit vers la voiture avec Héloïse.

— On retourne au bureau. Il faut identifier ce véhicule.

Dans la voiture, PJ se connecta au fichier central des immatriculations et introduisit le numéro. Quelques secondes plus tard, un message s'afficha : « Accès refusé ».

PJ ragea et essaya à nouveau. Même résultat.

Il sortit son téléphone spécial.

— Vos instructions, commandant.

— Il me faut le propriétaire d'un véhicule dont l'accès m'est refusé.

Il donna le numéro d'immatriculation.

— Ne quittez pas...

Un long silence.

— Commandant, il s'agit d'un véhicule de service de l’ANSE.

PJ ferma brièvement les yeux.

— Merde !

Il réfléchit rapidement.

— Alors vous n'avez pas qu'une seule taupe dans les services de renseignements. Il me faut en urgence une surveillance de l'adresse que je vais vous communiquer pour identifier l'utilisateur de ce véhicule et le capturer pour interrogatoire si possible.

Il donna l'adresse de Poissy.

— C'est noté, commandant. Nous mettons une équipe en place immédiatement.

PJ raccrocha. Il avait l'air furieux. Héloïse se gardait bien de prononcer le moindre mot.

— On rentre, lâcha-t-il finalement. On a encore du travail.

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