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Les journalistes étaient déchainés. Ils avaient été évacués de la rue Saint-Honoré, interdite à la circulation. Les éditions spéciales se succédaient sur les chaines d’information en continu.
Les chaines généralistes avaient interrompu leurs émissions pour des flash d’information qui consistaient à dire que personne ne savait quoique ce soit.
L’Elysée avait publié un communiqué indiquant que le président ferait bientôt une déclaration importante.
Pendant ce temps, les responsables politiques allaient de plateau en plateau de télévision pour élucubrer sur un évènement sur lequel ils n’avaient, comme d’habitude, aucune information.
Ceux de droite mettaient en cause l’immigration, la régularisation des clandestins et les islamistes.
Pour la gauche, la politique anti-sociale du gouvernement était la seule responsable de la situation.
Quant à la majorité, elle accusait les Russes, les Turcs et l’extrême-droite.
Chacun était dans son rôle et parlait d’autant plus qu’il n’avait rien à dire.
La forme et teneur de l’intervention du président étaient des thèmes inépuisables de discussions complètement stériles.
La machine politico-médiatique, bien huilée, tournait à plein régime.
Dans le vide le plus total.

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