chapitre 14

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Le silence qui suivit fut d'une douceur étrange au milieu du chaos. Soren ne s'écarta pas, gardant son bras valide autour des épaules de Flora, le front contre le sien. Mais la réalité les rattrapa bien vite : le froid du salpêtre montait dans leurs membres et l'odeur de poussière de plâtre leur brûlait les poumons. Soren tenta de bouger son épaule gauche, mais une grimace de douleur lui arracha un sifflement entre les dents.

— On est au pied du mur, Flora, murmura-t-il, sa voix trahissant une frustration de guerrier blessé. Mon bras est bloqué, ta jambe ne supportera aucun saut de Voltigeur... Si on reste ici, on attend juste que les Crocs finissent par soulever ce buffet. On est coincés.

Flora sentit l'impatience de Soren, celle d'un rapace dont on a brisé les ailes et qui ne voit plus d'issue sans le ciel. Elle se redressa doucement, ignorant la brûlure dans son mollet, et plongea son regard dans ses yeux d'acier.

— On ne va pas remonter sur les toits, Soren, lâcha-t-elle avec une assurance tranquille qui le fit tressaillir.

Soren fronça les sourcils, son instinct de chef reprenant le dessus.
— Qu'est-ce que tu racontes ? On est en plein territoire ennemi. Si on descend au ras du sol, on s'offre à eux sur un plateau ! La hauteur est notre seule défense, Flora. C'est la règle d'or.

— Ta règle, Soren, pas la mienne, coupa-t-elle doucement en posant sa main sur son torse. Écoute-moi. J'ai passé six mois à ramper dans ces ruelles pendant que tu m'observais d'en haut. Je connais ce quartier par cœur, chaque recoin d'ombre, chaque passage étroit entre deux murs où tes Crocs sont trop larges pour passer. On va passer par les interstices.

Soren resta silencieux, le visage tendu. Il connaissait sa ténacité, il l'avait vue survivre à l'impossible, mais l'idée de rester au sol alors qu'ils étaient blessés allait contre tout ce qu'il était.

— C'est un pari risqué, Flora, rétorqua-t-il, le regard sombre. Si on se fait coincer dans un cul-de-sac avec nos blessures, on n'aura aucune chance de grimper pour fuir. Je préférerais encore tenter une sortie par la trappe et mourir debout que de finir acculé dans une ruelle borgne.

Flora serra sa main sur son cuir, forçant son attention.

— Tu as dit que tu me connaissais, non ? Alors fais-moi confiance. Ce chemin, je l'ai pris des dizaines de fois avec Jacob. Les Crocs cherchent des silhouettes sur les crêtes de toit, ils ne s'attendent pas à ce qu'on joue les rats dans les décombres de la digue. On peut contourner leur patrouille par les cours intérieures en moins de vingt minutes.

Soren fixa le plafond de bois qui gémissait sous les pas des Crocs, puis ramena ses yeux vers Flora. Il vit cette lueur sauvage, cette certitude du "Fantôme" qui ne l'avait jamais trompée. Sa méfiance de Voltigeur s'effaça devant le respect qu'il portait à son instinct de survivante. Un lent sourire, presque imperceptible, étira ses lèvres.

— Très bien, le Fantôme, lâcha-t-il dans un souffle de reddition. Si tu dis qu'on peut se faufiler entre leurs jambes sans qu'ils nous sentent... montre-moi ton monde. On va faire ça à ta façon.

Flora ne répondit pas. Elle se contenta de poser un doigt sur ses lèvres, ses yeux sombres intimant un silence absolu. Elle aida Soren à se redresser avec une lenteur calculée, ses mouvements décomposés pour éviter le moindre frottement de tissu contre la pierre. Elle-même sentit son mollet se crisper, mais elle ne laissa paraître aucune douleur. Dans ce carré de dix par dix, ils n'étaient plus des blessés, ils étaient redevenus des proies invisibles.

Elle poussa la trappe de bois millimètre par millimètre. Le grincement fut étouffé par la pression constante de sa main. Une fois dans la carcasse de la maison, elle ne se précipita pas vers la brèche. Elle resta accroupie dans l'ombre d'un buffet renversé pendant de longues minutes, la tête penchée, filtrant chaque bruit de la Zone Interdite. Le vent siflait dans les charpentes, une torche crépitait au loin, mais elle attendait le signal que seul un habitant du sol pouvait percevoir : le silence entre deux patrouilles

D'un geste de la main, elle fit signe à Soren de la suivre vers l'arrière des bâtisses. Ils s'extirpèrent des ruines pour s'enfoncer dans un dédale de jardins morts et de murets de pierre éclatés. La progression était un calvaire de patience. Flora s'arrêtait tous les dix pas, se fondant dans le gris des briques, attendant que les lueurs orangées des Crocs s'éloignent sur les axes principaux

Soren, dont l'épaule le brûlait à chaque mouvement, devait caler son pas sur celui, hésitant mais précis, de Flora. Pour lui, habitué à la liberté des toits, cette marche au ras du sol était une agonie de lenteur. Ils devaient contourner des monceaux de ferraille rouillée, ramper derrière des palissades de bois pourri et s'immobiliser totalement dès qu'un gravier roulait sous une botte lointaine.

Une heure s'écoula ainsi, une heure où chaque mètre gagné semblait peser une tonne. Flora ne cherchait pas le chemin le plus court, elle cherchait le chemin le plus sombre, celui où les ombres des grands immeubles se rejoignaient pour former un tunnel de nuit. Elle utilisait les renfoncements des portes cochères et les tas de décombres comme des boucliers naturels. Son instinct de Fantôme la guidait à travers les interstices, là où les Crocs, trop sûrs de leur force, ne prenaient jamais la peine de regarder.

Le froid finit par s'insinuer sous leurs vêtements de cuir, engourdissant leurs membres blessés. Flora s'arrêta brusquement au coin d'une vieille tonnelle de fer forgé, sa main se posant fermement sur le torse de Soren pour le stopper net. À quelques mètres de là, une patrouille de trois hommes traversait l'axe principal, leurs torches balayant les façades avec une négligence qui trahissait leur fatigue.

Ils restèrent figés, retenant leur souffle, deux statues de pierre fondues dans l'obscurité d'un jardin mort. Soren sentit le tremblement imperceptible du corps de Flora contre le sien ; sa jambe ne la portait plus qu'à force de volonté pure. Lui-même devait serrer les dents pour ne pas laisser échapper un râle alors que son épaule lancinait à chaque battement de cœur.

C'est dans ce silence de plomb, alors que les lueurs orangées finissaient par s'estomper au loin, qu'un souvenir d'enfance percuta l'esprit de Flora. Elle ne visualisait plus les hangars de la digue comme une issue, mais comme un piège trop exposé. Son regard dévia vers la droite, sur un vieux bâtiment de briques rouges dont la façade s'était à moitié effondrée. Elle revit la petite fille qu'elle était, bien avant que ses parents ne partent pour la guerre, se faufilant dans une fissure dissimulée derrière une ancienne boulangerie désaffectée. C'était son refuge secret, un lieu qu'elle seule connaissait et qui se trouvait juste là, à quelques dizaines de mètres de leur position actuelle.

Sans un mot, elle exerça une pression sur le bras de Soren, lui indiquant un changement de cap immédiat. Elle ne rebroussait pas chemin, elle s'enfonçait plus profondément dans les replis de la ville, là où les Crocs n'auraient jamais l'idée de chercher. Elle progressa avec une lenteur millimétrée, ses doigts effleurant les briques pour se guider dans le noir complet.

Chaque pas était une agonie pour sa jambe, mais la vision de la vieille enseigne en fer forgé de la boulangerie, qui grinçait doucement dans le lointain, lui redonnait un souffle de vie. Elle évitait les débris qui auraient pu trahir leur présence avec une précision de sourcier, trouvant chaque appui stable malgré l'obscurité totale. Ils n'étaient plus des proies en fuite, ils étaient sur le point de disparaître dans les méandres de sa propre histoire.

Flora s'arrêta devant une pile de tonneaux moisis, adossés au mur de briques de l'ancienne boulangerie. D'un geste imperceptible, elle fit signe à Soren de se baisser. Le garçon s'exécuta, ses yeux d'acier balayant nerveusement le périmètre, cherchant à comprendre ce qu'elle voyait dans ce chaos de bois pourri. Flora écarta lentement une planche de rive qui semblait ne tenir à rien

Derrière, une fissure étroite s'ouvreur, dissimulée par l'ombre d'une vieille cuve en cuivre. Elle s'y glissa la première, forçant Soren à se contorsionner pour passer son épaule valide. L'espace était si réduit qu'ils pouvaient entendre leurs cœurs battre contre la pierre froide.

Ils débouchèrent dans une petite pièce aveugle, épargnée par les bombardements et le passage du temps. L'air y était sec, presque chaud, avec une odeur de farine ancienne et de papier jauni. C'était son sanctuaire. Au milieu des décombres, une pile de vieilles couvertures et quelques livres militaires de son père attestaient que le Fantôme y avait trouvé refuge bien avant de rejoindre le Nid.

Flora se laissa glisser contre le mur, son souffle s'échappant en un long sifflement de fatigue. Sa jambe ne tremblait plus, elle était devenue un bloc de douleur sourde. Soren resta un instant debout, stupéfait par la sérénité du lieu, avant de s'asseoir à son tour juste en face d'elle. Le silence était absolu, protégé par l'épaisseur des murs de briques.

Elle ne dit rien. Elle se contenta de fixer ses mains encore couvertes de poussière de plâtre. Elle avait réussi. Elle les avait ramenés dans la seule zone où les Crocs ne pourraient jamais entrer : son passé.

Soren laissa son regard errer sur les étagères branlantes où s'alignaient les vieux manuels militaires et les couvertures usées. Le silence de la boulangerie était si profond qu'il en paraissait irréel après le fracas de la chute et les cris des Crocs. Il fit une tentative pour bouger son épaule gauche, mais un grognement étouffé lui échappa. Sa veste de cuir était déchirée, révélant une peau rougie et gonflée sous la poussière de plâtre

Flora ne resta pas immobile. Ignorant la douleur lancinante qui lui sciait le mollet, elle se traîna vers un petit coffre en bois dissimulé sous un établi. Elle en sortit une gourde d'eau en fer-blanc et un morceau de linge propre, les restes de son kit de survie de solitaire. Elle s'approcha de Soren, s'asseyant juste en face de lui dans l'étroit espace entre les sacs de farine vides.

— Laisse-moi voir ça, murmura-t-elle, sa voix n'étant plus qu'un souffle dans le calme de la cachette.

Soren ne protesta pas. Il laissa Flora écarter doucement le cuir de sa manche, ses doigts effleurant sa peau avec une précaution de sourcier. Dans la pénombre, leurs regards se croisèrent. Le chef des Voltigeurs semblait avoir déposé les armes ; il n'y avait plus de masque d'acier, seulement la fatigue immense d'un garçon qui réalisait qu'il venait d'être sauvé par celle qu'il croyait protéger.

— C’est luxueux ici, finit-il par dire avec un faible sourire ironique pour masquer sa souffrance. Tu ne m'avais pas dit que le Fantôme vivait dans un palais de briques.

Flora esquissa un geste du coin des lèvres, mais son attention était tout entière focalisée sur l'épaule de Soren. Elle versa un peu d'eau sur le linge et commença à nettoyer la plaie avec une douceur qui contrastait avec la rudesse de leur environnement. Elle sentit le muscle de Soren tressaillir sous son contact, mais il ne recula pas, ancré dans ce moment de calme volé à la Zone Interdite.

Elle travailla ainsi de longues minutes, retirant avec une patience infinie les éclats de bois et la poussière de plâtre qui s'étaient logés sous le cuir de sa veste. Le silence de la boulangerie était si dense qu'il semblait les protéger du reste du monde. Une fois le bandage improvisé et serré autour de l'épaule de Soren, elle se laissa glisser contre le mur de briques, juste à côté de lui. Leurs épaules se frôlèrent, une chaleur bienvenue dans le froid de la cachette.

Soren laissa sa tête basculer contre la paroi, observant les rangées de manuels militaires et les vieux sacs de farine qui servaient de banquettes. Ses yeux d'acier, d'ordinaire si mobiles, semblaient fascinés par l'ordre méticuleux qui régnait dans ce petit carré de survie.

— C’est ici que tu venais... quand je te perdais de vue sur les toits ? murmura-t-il, sa voix n'étant plus qu'un craquement sourd dans l'obscurité. Je passais des heures à scruter les cheminées du secteur, persuadé que tu t'étais volatilisée. Je ne savais pas que tu avais ton propre royaume sous mes pieds.

Il marqua une pause, grimaçant lorsque son bras blessé s'engourdit sous la pression du bandage. Il tourna lentement le visage vers Flora, l'interrogeant du regard.

— Pourquoi cet endroit ? Il y a des centaines de ruines plus confortables que cette vieille boulangerie. Qu'est-ce qui t'a poussée à choisir ce trou à rats pour en faire ton sanctuaire ?

Flora fixa ses mains encore tachées de la sueur et du sang de Soren. Elle revit la petite fille qu'elle était, bien avant que le ciel ne lui tombe sur la tête.

— Parce que personne ne regarde jamais en bas, Soren, répondit-elle d'une voix basse, presque un secret. Les adultes voient une boulangerie brûlée, les Crocs voient un cul-de-sac. Mais mon père... il m'a appris à voir les fissures. Il disait que si on connaît assez bien une structure, on peut disparaître à l'intérieur sans jamais bouger

Elle effleura du bout des doigts la tranche d'un des livres militaires posés sur l'étagère.

— Je venais ici quand je voulais échapper au bruit du monde, bien avant que tout ne s'effondre. C’était mon premier exercice de "Fantôme". Je me cachais là, et j'attendais que mes parents me cherchent. Ils ne m'ont jamais trouvée, pas une seule fois.

Soren laissa échapper un petit rire rauque, un son qui fit vibrer son torse contre l'épaule de Flora.

— Ils ne risquaient pas de te trouver si tu appliquais déjà les tactiques d'un commando, le Fantôme. Mais dis-moi... ces livres, ce matériel... Tout était déjà là ? Ou c'est toi qui as tout ramené après leur départ ? On dirait presque que tu préparais une guerre à toi toute seule.

Flora baissa les yeux vers le sol, un léger voile de tristesse assombrissant son regard. Elle passa une main sur l'une des étagères, là où la poussière s'était accumulée malgré ses efforts.

— Une partie était déjà là, bien avant, murmura-t-elle. Mon père utilisait ce coin pour stocker du matériel de réserve au cas où la ville serait assiégée. Il disait que les militaires ont toujours un plan B. Mais quand ils ont été rappelés au front... quand on s'est retrouvés seuls sur le trottoir avec Jacob...

Elle marqua une pause, le souffle court, ses doigts se crispant sur le bois.

— J'ai tout ramené ici, petit à petit. De nuit, par les ruelles que je connaissais. Les rations, les manuels, les vêtements chauds. J'ai aménagé cet endroit pour qu'on puisse y vivre si notre abri principal était découvert. C'est ici qu'on aurait dû être hier soir, Soren. Si j'avais été plus prudente, si je n'avais pas été aussi... distraite.

Elle jeta un regard à la jambe de Soren, puis à la sienne. Le calme de la boulangerie commençait à peser.

— Tu as fait ce que tu pouvais, le Fantôme, répliqua Soren d'une voix basse. Personne ne peut prévoir un effondrement de toiture ou une traque de cette ampleur. Tu as gardé la tête froide. C'est grâce à ça qu'on respire encore.

Il tenta de se redresser un peu plus, mais son épaule le rappela à l'ordre. Il fixa les ténèbres qui régnaient vers l'entrée de la fissure.

— Mais dis-moi... si cet endroit est si secret, pourquoi n'y es-tu pas restée au lieu de risquer ta vie dans la zone des Crocs pour un bout de pain ?

Flora baissa la tête, ses doigts traçant des cercles absents dans la poussière du sol. Le silence de la boulangerie sembla s'épaissir, chargé du poids des mois passés à lutter seule.

— Parce que ce n'est pas une vie, Soren, répondit-elle d'une voix si basse qu'il dut se pencher pour l'entendre. C'est une tombe. On peut y survivre, oui. On peut y rester cachés pendant des semaines sans que personne ne nous trouve. Mais Jacob... il a besoin de plus que de vieux manuels militaires et de l'obscurité. Il a besoin de courir, de voir la lumière, de ne pas avoir peur de chaque craquement de bois au-dessus de sa tête.

Elle releva les yeux vers lui, une lueur de défi mêlée de tristesse brillant dans son regard

— Rester ici, c'était accepter qu'on était déjà morts, juste pas encore enterrés. J'ai pris le risque d'aller chez le boulanger parce que je voulais qu'il ait un vrai repas, un morceau de vie qui ne vienne pas d'un stock de réserve. Et puis...

Elle marqua une pause, son regard dérivant vers la dague de Soren

— Et puis je t'ai vu. Et pour la première fois en six mois, j'ai agi pour quelqu'un d'autre que nous deux. Ce n'était pas logique, ce n'était pas prudent. C'était juste... nécessaire.

Soren accusa le coup en silence. Il comprit que le "Fantôme" n'était pas une créature de l'ombre par choix, mais par sacrifice. Il sentit une boule se nouer dans sa gorge, une émotion qu'il n'avait pas ressentie depuis bien longtemps.

— Tu as risqué ce sanctuaire pour un inconnu, murmura-t-il, sa voix vibrant d'un respect profond. Tu as brisé ta règle d'or pour me sortir de là.

Il laissa sa tête reposer contre la brique froide, fermant les yeux un instant. L'épuisement commençait à gagner la partie. La chaleur de la pièce et la sécurité de ces murs agissaient comme un puissant sédatif sur leurs nerfs à vif.

— Repose-toi, Flora, finit-il par dire en tendant sa main valide vers elle. On ne peut rien faire de plus ce soir. Le passé nous protège pour l'instant... profitons-en.

Flora ne protesta pas. La force qui l'avait portée à travers les ruines s'évaporait, laissant place à une lassitude immense qui pesait sur chacun de ses muscles. Elle attrapa l'une des lourdes couvertures de laine stockées sur l'étagère et la déplia sur le sol de terre battue. Sans un mot, elle s'installa contre le mur de briques, là où la chaleur résiduelle de la pièce semblait se concentrer.

Soren se laissa glisser à ses côtés, grimaçant lorsque son épaule bandée frôla la paroi. Il ne chercha pas à garder ses distances cette fois. Dans l'obscurité protectrice de la boulangerie, il n'y avait plus de place pour les non-dits ou les barrières de clan. Il passa son bras valide autour des épaules de Flora, l'attirant contre lui pour partager la chaleur de la couverture.

— On partira à l'aube, murmura-t-il, sa voix s'éteignant peu à peu. Quand les patrouilles seront rentrées se coucher et que le brouillard couvrira encore les ruelles.

Flora laissa sa tête reposer sur l'épaule du garçon, fermant les yeux avec un soupir de soulagement. Pour la première fois depuis des mois, elle n'avait pas besoin de monter la garde. Elle sentait le souffle régulier de Soren contre ses cheveux et le battement calme de son cœur. La Zone Interdite hurlait peut-être encore sa haine au-dehors, mais ici, derrière les murs de son enfance, le Fantôme et le Voltigeur avaient enfin trouvé le repos.

Le silence retomba sur la cachette, profond et inviolable. Enveloppés dans la même laine, soudés par la fatigue et ce lien nouveau qu'ils venaient de sceller dans le sang et la poussière, ils sombrèrent ensemble dans un sommeil sans rêves, protégés par l'ombre d'une boulangerie que le monde avait oubliée.

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