chapitre 23

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Le voyage vers les Digues se fit dans une descente permanente, s'enfonçant dans les entrailles humides de la ville. L'air devint rapidement saturé d'une odeur de fer mouillé et de vase. Ils progressaient sur des corniches de pierre glissantes, surplombant les canaux où l'eau noire s'écoulait avec un grondement sourd.

L'homme à la chaîne s'arrêta net devant un embranchement de trois tunnels identiques, creusés à même la roche sombre. Les murs suintaient une eau saumâtre et un courant d'air glacial s'en échappait, faisant siffler les anneaux de sa chaîne.

Il se tourna vers Flora, restant à une distance respectable, ses yeux sondant l'obscurité derrière son masque.

— On dit que tu as survécu parce que tu sais lire les courants d'air là où les autres s'étouffent, lança-t-il, sa voix résonnant contre les parois humides. Regarde ces trois gueules de pierre.

Il ne désigna aucun tunnel en particulier, croisant simplement les bras sur son torse massif.

— L'un mène à notre camp, l'autre à une impasse inondée, et le dernier à un vieux système de vannes qui broie tout ce qui entre. Les bruits de l'eau se mélangent ici, les échos mentent. Si tu es vraiment ce que les rumeurs disent... lequel nous laisse en vie ?

C'était un test de confiance immédiat, sans préambule. Il ne voulait pas d'une analyse technique, il voulait voir si elle allait hésiter.

Flora s'approcha du bord du précipice qui séparait les tunnels. Elle ne regarda pas l'homme. Elle ferma les yeux, laissant la fraîcheur de l'air lécher son visage. Elle ne cherchait pas un panneau ou une trace de pas, elle cherchait la vibration. Sous ses pieds, le sol vibrait très légèrement.

Elle tendit la main, paume ouverte, vers le tunnel du milieu.

— Celui-ci... murmura-t-elle. Le son de l'eau y est plus clair, plus régulier. À gauche, la pierre gémit, elle est sous pression. À droite, l'air est mort, il ne circule pas. C'est au milieu qu'on respire.

L'homme à la chaîne resta silencieux pendant ce qui sembla être une éternité. Il observa le tunnel central, puis jeta un regard à ses hommes qui semblaient eux-mêmes nerveux. Sans dire un mot, il s'engagea dans le passage du milieu.

Alors qu'ils marchaient dans le boyau étroit, il finit par lâcher, presque pour lui-même

— Les rumeurs n'étaient pas assez généreuses, Fantôme. La plupart des gens ici seraient déjà en train de se noyer dans leur propre peur. Toi... tu écoutes.

Le tunnel s'élargit soudain pour déboucher sur une immense caverne artificielle soutenue par des piliers de fer rouillé. C'était l'entrée du véritable Labyrinthe.

Ils débouchèrent à l'entrée d'une immense galerie circulaire, dont les parois de pierre étaient renforcées par des arches de fer rivetées. Flora s'arrêta net, ses pieds s'ancrant dans le sol humide. L'homme à la chaîne s'immobilisa aussitôt à ses côtés, intrigué par son silence soudain. Mais les deux autres gardes, trop pressés d'en finir avec ce froid, continuèrent de marcher d'un pas lourd vers l'arche massive qui marquait l'entrée du Labyrinthe.

— Attendez ! souffla Flora, mais ils ne l'entendirent pas.

Le deuxième homme allait franchir le seuil quand Flora sentit une vibration infime, un déclic métallique presque imperceptible caché derrière le grondement de l'eau. Sans réfléchir, elle prolongea son bras et saisit la chaîne enroulée sur l'avant-bras du chef à ses côtés. D'un geste fluide et violent, elle utilisa la longueur du métal pour "harponner" le deuxième garde par la sangle de son armure.

Elle tira de toutes ses forces vers l'arrière.

— Tu oses nous attaquer ?! rugit le troisième homme en dégainant une dague courte, prêt à lui trancher la gorge.

Le chef leva une main impérieuse pour le clouer sur place.

Flora ignora la menace de mort. Elle continua de tirer sur la chaîne, forçant le deuxième homme à trébucher et à tomber lourdement en arrière, loin du seuil, à l'abri contre le pilier de pierre.

— Chef ! On ne peut pas laisser cette fille nous... commença le garde au sol, furieux et humilié.

— La ferme ! Et regarde ! ordonna Flora d'une voix cinglante qui ne souffrait aucune réplique.

Elle ramassa un débris de ferraille au sol et, avec une précision chirurgicale, appuya sur une plaque de pression dissimulée dans le dallage, juste à l'entrée. Un claquement sec retentit. Une fléchette fine comme une aiguille fendit l'air dans un sifflement venimeux, passant exactement là où se trouvait la gorge du garde une seconde plus tôt. Elle finit sa course en s'enfonçant dans le bois d'une poutre opposée avec un bruit sourd.

Le silence qui suivit fut total. Les trois hommes fixaient le projectile dont la pointe brillait d'un éclat visqueux et sombre.

— Si tu avais passé cette porte, tu serais déjà mort, déclara Flora en lâchant enfin la chaîne du chef. C'est une fléchette empoisonnée. Certains de vos hommes n'ont pas dû la voir... Ils ont dû se faire piquer sans s'en rendre compte. Ils ont continué de marcher, mais le poison a fait son effet après dix ou trente minutes, une fois dans les profondeurs. Si je ne t'avais pas arrêté, tu n'aurais jamais revu la lumière du jour.

Le garde au sol devint livide, fixant la flèche comme si elle représentait son propre spectre. Le chef, lui, se tourna lentement vers Flora. Il n'y avait plus de défi dans son regard, seulement une reconnaissance froide et presque effrayante.

— Ils ne l'ont pas vue... murmura-t-il. Trois de nos éclaireurs se sont effondrés plus loin, sans une égratignure apparente. On pensait que c'était l'air des Digues qui les avait étouffés.

Il récupéra sa chaîne et l'enroula de nouveau autour de son bras, mais cette fois avec une sorte de déférence.

— Le contrat tient toujours, Fantôme. Guide-nous. À partir de maintenant, c'est toi qui donnes les ordres pour chaque pas.

Ils arrivèrent dans une impasse circulaire où les murs étaient recouverts de plaques de plomb rivetées, destinées autrefois à isoler les bruits des machines souterraines. L'homme à la chaîne s'arrêta devant un mur massif, sans aucune issue apparente.

— On a fouillé chaque centimètre de cette paroi, grogna-t-il en frappant le métal de son poing, ce qui produisit un son sourd et mat. Il n'y a rien. On tourne en rond depuis une heure.

Flora ne répondit pas. Elle s'approcha du mur, mais au lieu de le frapper, elle s'accroupit pour observer la poussière au sol. Elle remarqua que les fines particules de terre ne reposaient pas sur le sol, mais qu'elles semblaient être poussées vers l'arrière par un souffle invisible.

Elle ferma les yeux et commença à fredonner une note très basse, une vibration qui monta doucement dans sa gorge. Elle se déplaça le long de la paroi, la main effleurant le plomb froid, jusqu'à ce que sa voix change brusquement de tonalité.

— Là, dit-elle en désignant un joint de rivetage qui semblait identique à tous les autres.

Elle ne chercha pas un bouton caché. Elle sortit la dague de Soren et l'inséra avec précision entre deux plaques de métal. Au lieu de butter contre de la roche, la lame s'enfonça dans le vide.

— Ce n'est pas un mur, expliqua-t-elle calmement. C'est un contrepoids. Le plomb est là pour étouffer le bruit du mécanisme de l'autre côté. Vous avez essayé de pousser, de frapper... mais ce panneau ne s'ouvre pas, il s'équilibre.

Elle posa ses deux mains à un endroit précis, très haut sur la plaque, et demanda à l'homme à la chaîne de placer son poids tout en bas, à l'opposé.

— Si on appuie ensemble, aux deux extrémités, on crée un pivot. Le panneau n'est pas scellé, il est juste parfaitement balancé sur un axe central rouillé.

L'homme obéit, sceptique. Sous leur pression combinée, un gémissement métallique déchirant résonna dans toute la galerie. La plaque de plomb, lourde de plusieurs tonnes, pivota lentement sur elle-même, révélant un escalier de pierre sombre qui s'enfonçait dans les entrailles des Digues.

L'homme à la chaîne resta pétrifié, fixant le passage qui venait d'apparaître là où il ne voyait qu'une impasse depuis des mois.

— On aurait pu passer des années à frapper ce mur sans jamais comprendre qu'il suffisait de basculer, lâcha-t-il, une forme de respect nouveau dans la voix.

Le panneau de plomb finit de pivoter dans un grondement sourd, libérant une bouffée d'air vicié, chargé de poussière et d'une odeur de métal froid. L'escalier qui s'ouvrait devant eux était étroit, taillé directement dans la roche sombre, les marches usées par le temps.

ils entamèrent la descente. Chaque pas résonnait avec une clarté inquiétante. Flora ne regardait pas ses pieds, elle effleurait les murs du bout des doigts, captant les infimes changements de température et de texture.

Soudain, elle s'arrêta net, le bras tendu pour barrer la route à l'homme à la chaîne.

— Ne bougez plus, souffla-t-elle.

Le groupe se figea. Dans le faisceau de la torche, le tunnel semblait parfaitement normal, mais Flora s'accroupit. Elle ne sortit pas son papier cette fois, elle se contenta d'observer les fissures entre les marches.

— Regardez la poussière, murmura-t-elle en pointant le sol. Elle ne s'accumule pas dans les interstices. Elle est aspirée.

Elle ramassa un petit caillou et le posa délicatement sur la marche suivante. Au lieu de rester immobile, la pierre glissa lentement vers le centre de la marche, comme attirée par un aimant invisible. Mais ce n'était pas de la magie.

— Les marches sont montées sur des balanciers de fonte, expliqua Flora en se relevant. Ce tunnel n'est pas stable. C'est une immense balance. Si on pose trop de poids d'un seul côté, ou si on marche trop vite, le centre de gravité bascule.

Elle désigna le plafond, où d'énormes blocs de pierre brute étaient retenus par des cales de fer rouillé, reliées au mécanisme des marches par des câbles de traction tendus à l'extrême.

— Si le sol penche de plus de quelques millimètres, les cales sautent. Le plafond ne s'écroulera pas... il va simplement descendre pour boucher le tunnel. On finira emmurés vivants dans un sarcophage de pierre.

L'homme à la chaîne observa les câbles, sa gorge se serrant. La force brute ne servait à rien ici ; un seul pas de travers et ils étaient enterrés.

— Comment on passe ? demanda-t-il, sa voix réduite à un murmure.

— Un par un. Et on marche exactement au centre, là où l'axe est le plus solide, ordonna Flora. On ne court pas, on ne saute pas. On transfère notre poids avec douceur. Je passe la première. Attendez mon signal avant de me suivre.

Elle entama une progression lente, presque irréelle, chaque pas calculé pour ne pas faire osciller le mécanisme millénaire. Les trois colosses, habitués à faire trembler le sol sous leurs bottes, durent l'imiter avec une prudence ridicule, transpirant de peur à l'idée que leur propre masse ne devienne leur tombeau.

Ils arrivèrent enfin au bas de l'escalier, devant une porte de fer massive, scellée par trois verrous de bronze mangés par le vert-de-gris

— On y est, lâcha l'homme à la chaîne, reprenant son souffle. C'est derrière cette porte que se trouve ce qu'on cherche.

L'homme à la chaîne s'approcha de la porte de fer, ses bottes crissant sur le gravier humide. Les trois verrous de bronze brillaient d'un éclat malade sous la lumière vacillante des torches.

— On a essayé de forcer ces serrures, grogna-t-il en désignant les traces de griffures et d'impacts sur le métal. Mais dès qu'on insère un outil, on entend un cliquetis dans le mur... comme si quelque chose s'armait au-dessus de nos têtes.

Flora s'approcha, ignorant la menace physique des hommes derrière elle. Elle ne regarda pas les trous de serrure. Elle posa ses deux mains à plat sur la porte, fermant les yeux. Elle ne cherchait pas à comprendre le mécanisme, elle cherchait à ressentir la tension des ressorts à l'intérieur.

— Ce ne sont pas des serrures ordinaires, murmura-t-elle, sa voix résonnant bizarrement dans le petit espace. Elles ne s'ouvrent pas avec des clés. Elles s'ouvrent avec de la patience.

Elle sortit la dague de Soren. Elle n'utilisa pas la pointe, mais le plat de la lame qu'elle plaça contre le bronze du premier verrou. Elle commença à tapoter doucement, écoutant l'écho qui revenait de l'autre côté du métal.

— Le premier est un contrepoids hydraulique, expliqua-t-elle sans se retourner. Si on le force, l'eau s'engouffre dans les conduits du plafond et fait lâcher les dalles de pierre. Pour l'ouvrir, il faut que le niveau d'eau à l'intérieur soit équilibré avec celui du canal derrière nous.

Elle désigna une petite rigole au sol, presque bouchée par la boue.

— Nettoyez ça. Laissez l'eau s'écouler doucement.

L'un des hommes s'exécuta avec une hâte nerveuse, grattant la terre avec la pointe de son épée. Dès que l'eau commença à filer dans la rigole, un déclic sourd, profond, fit vibrer la porte. Le premier verrou de bronze bascula de lui-même, libérant une première rangée de dents de fer.

— Un de moins, souffla le chef, fasciné.

Mais Flora ne se détendit pas. Elle passa au deuxième verrou. Celui-ci ne vibrait pas. Il était froid, inerte. Elle sortit ses feuilles de papier et les plaça contre la fente. Elle observa la manière dont le papier bougeait, aspiré par un courant d'air infime.

— Le deuxième est thermique, continua-t-elle. Il est scellé par une cire ancienne qui a durci avec le froid des Digues. Si vous essayez de tourner la goupille, elle cassera net.

Elle se tourna vers l'homme à la chaîne.

— Donnez-moi votre torche. Mais ne l'approchez pas trop. On doit chauffer le bronze, pas le brûler. La dilatation fera le reste.

Pendant de longues minutes, ils restèrent là, dans une chaleur étouffante, à regarder le métal changer de couleur. Soudain, un sifflement s'échappa de la serrure, comme un soupir de soulagement. Le deuxième verrou tourna lentement, dans un grincement de métal libéré.

Il ne restait plus que le troisième. Le plus gros. Celui qui portait une étrange gravure : un œil grand ouvert.

Flora hésita. Son instinct lui hurlait que ce dernier obstacle était différent. Ce n'était pas de la mécanique, c'était de la psychologie.

— Celui-là... commença-t-elle, sa main tremblant légèrement. Il ne demande pas de force, ni de chaleur. Il demande un sacrifice de poids.

Elle regarda les trois hommes.

— Ce verrou est relié à une balance cachée sous le seuil. Pour qu'il s'ouvre, il faut que le poids devant la porte soit exactement le même que celui de ce qui se trouve derrière. Si on est trop lourds, la porte reste scellée. Si on est trop légers, un piège se déclenche.

L'homme à la chaîne fronça les sourcils.

— On est quatre. Qu'est-ce qu'on doit faire ?

— Deux d'entre vous doivent reculer de dix pas, ordonna Flora. Restez dans l'ombre. Seul le chef et moi devons rester ici. C'est une question d'équilibre... le "Maître" qui a bâti ça ne voulait pas qu'une armée puisse entrer. Seulement un duo.

Les deux gardes reculèrent, peu rassurés. Flora et l'homme à la chaîne restèrent seuls devant l'immense battant. Dans un silence de cathédrale, le troisième verrou de bronze commença à tourner de lui-même, comme mû par une main invisible.

La porte de fer finit de s'ouvrir dans un souffle de poussière grise. À l'intérieur, la petite salle circulaire était tapissée d'étagères de pierre. Au centre, sur un pupitre massif, reposait un cylindre de cuir scellé par un sceau de cire rouge, entouré de dizaines de rouleaux de parchemins jaunis.

L'homme à la chaîne s'approcha avec une sorte de respect mêlé d'urgence. Il ne toucha à rien, laissant Flora s'avancer la première. Elle brisa le sceau du cylindre et déroula le premier parchemin.

Ses yeux s'écarquillèrent. Ce n'était pas de la poésie, c'était de l'art technique. Le plan détaillait avec une précision millimétrée tout le réseau hydraulique des Digues. Chaque valve, chaque bélier, chaque vanne de décharge y était répertorié.

— C'est ce que vous cherchiez, murmura Flora en suivant du doigt une ligne d'encre bleue. Regardez ici... Cette vanne principale est celle qui contrôle la pression sous votre secteur. Si elle reste bloquée, l'eau finit par remonter par les fondations et tout s'effondre.

L'homme à la chaîne se pencha, le souffle court

— On a essayé de la trouver pendant des mois, mais tout est muré là-bas. On pensait que c'était perdu à jamais

— Elle n'est pas murée, expliqua Flora en désignant un petit mécanisme dessiné en marge. Elle est cachée derrière une double paroi. Il faut desserrer ces trois valves de décompression dans un ordre précis pour que la porte s'ouvre sans que l'inondation ne vous emporte. Sans ces plans, vous auriez tout fait sauter en essayant de forcer le passage.

L’homme à la chaîne rangea les parchemins techniques dans son étui avec une lenteur méthodique. Il se redressa, sa silhouette massive projetant une ombre mouvante sur les murs de la salle circulaire. Le silence qui suivit n'était plus chargé de menace, mais d'une forme de respect mutuel, un pacte de sang tacite.

Il fit un signe de tête à ses deux gardes. Ces derniers, qui fixaient Flora avec une fascination mêlée de crainte, rengainèrent leurs lames sans un mot. Le chef se tourna de nouveau vers elle, tendant la main vers une étagère latérale pour en sortir un petit carnet de cuir dont la tranche était noircie par le temps.

— Tiens, lâcha-t-il en le lui tendant d'un geste sec. On a trouvé ça dans les décombres du secteur Nord il y a des mois. Ce sont des notes sur les passages oubliés entre nos deux mondes. Ça ne nous sert à rien, on préfère briser les portes que de chercher les fissures. Mais pour quelqu'un comme toi...

Flora s'empara du carnet, ses doigts effleurant le cuir froid. Elle sentit le poids de la fatigue s'abattre sur ses épaules. Il était environ deux heures de l'après-midi, et pourtant, dans ces profondeurs sans soleil, elle avait l'impression d'avoir vieilli de dix ans.

— Pourquoi me donner ça ? demanda-t-elle, sa voix un peu rauque, méfiante.

L'homme ricana, un son sec qui fit tinter les maillons à son bras.

— Considère ça comme un pourboire pour nous avoir évité de finir noyés comme des rats. Et parce que le Maître n'aime pas avoir des dettes, même envers un "Fantôme".

Il fit un geste vers la sortie de la salle des archives.

— On ne va pas te laisser errer seule ici. On va te raccompagner jusqu'à la limite du secteur Nord, là où les eaux se séparent. De là, tu devras te démerder seule pour remonter vers ton perchoir.

Le petit groupe se mit en marche, quittant la salle circulaire pour s'enfoncer dans un tunnel de service plus large, réservé aux patrouilles des Chiens de l'Enfer. Flora marchait au milieu d'eux, sa dague de Soren toujours à la ceinture. Elle sentait les regards des deux gardes dans son dos, moins agressifs qu'auparavant, mais toujours chargés d'une méfiance animale.

Pendant qu'ils cheminaient dans l'obscurité, l'homme à la chaîne rompit le silence, sa voix résonnant contre les parois de pierre

— Tu as du cran, petite. La plupart des gens ici perdent l'esprit avant même d'avoir touché le premier verrou. Si jamais ton Nid finit par s'écrouler... sache qu'on saura toujours où te trouver.

Flora ne répondit pas. Elle pensait à Soren, à la fièvre qui devait encore le brûler là-haut, et à Maya qui devait faire les cent pas sur la passerelle. Elle n'avait qu'une hâte : quitter cette odeur de vase et de métal pour retrouver l'air pur de sa tour.

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