Nouvelle invitation

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Le voyage, Amour, c’était la liberté.

Des espaces ouverts sur le ciel et fermés sur la mer, reflets d’aurores boréales.

Un territoire morcelé d’îles mystérieuses où je laisse errer mes idées.

Elles se muent en montagnes éparses, papiers froissés jetés à l’oubli.

La neige d’un hiver interminable y découpe des visages figés.

L’affection passée, sans doute. La rencontre ensuite.

Chaque coude rocailleux dévoile une maison isolée ou un village silencieux.

Le navire glisse parmi ces îlots de diamant brut comme sur un miroir diaphane.

Puissante aurore dans des fjords jaloux de leurs mystères.

La paix retrouvée, sans doute. La rencontre ensuite.

Dans ses yeux, je lisais toute la magie de son pays, cherchant à défaire de fantasques secrets.

A contre-courant, je suis allée au-devant d’une passion dévoreuse de chair.

Mais mon âme est en archipel, et mes espoirs essoufflés.

Aventure ardente balayée de froid au milieu de lochs tristes de pluie ou déchirés de lumière.

Mon désir était tranchant comme les montagnes de son pays.

Inaccessibles, contemplées depuis l’onde grise, et ma curiosité inassouvie.

Abyssales émanations, tentations familières pour l’altérité : d’où viennent-elles ?

Elles se sont levées, semble-t-il, comme un soleil tardif

Pour demeurer là, éclatantes, et tourmenter l’horizon.

Les pieds dans l’eau, elles murmurent de vagues histoires, endorment l’audacieuse voyageuse,

Puis l’éveillent au milieu d’un cauchemar.

Cent fois j’ai tendu la main vers son beau visage,

Pour le perdre dans les plis de la neige.

Et ses yeux ont du mal à me quitter.

Il est une ombre à présent, sur les flots de la mémoire : je le hais, je le loue sans fin.

Quel souvenir me laissera-t-il, sinon l’infinie morosité de la séparation,

Que seule la mer pourra combler d’autres rêves ?

Le voyage, Amour, c’était la liberté


Des paysages d’une splendeur peu commune

Des visions de magnificence que je veux partager avec toi

La Norvège, c’était la liberté

Et l’Écosse, les Plats Pays, l’Espagne et la Finlande

L’oubli lent et certain de tout ce qui me rappelait à toi

L’oubli certain de mon pays ; des chimères à foison

Au large et librement, j’embrasse la perte et la découverte

Une vérité que peu d’entre nous dévoilent

La liberté dans le désir et les sensations du tréfonds

Le désir comme élan de la chair, volonté sauvage

J’ai eu soif de cette liberté, dérobée aux convenances

Alors j’ai faim de Norvège, à nouveau,

J’ai faim de lochs profonds, de longues digues, de vins tendres, de docks enneigés

Sans limite, j’ai faim de cette incessante frénésie

Mais, Amour, le rêve voyage, à présent

Tous les délices émanent de contrées inconnues

Mon fantasme ultime est au-delà des fleuves

Dans les bières fades et les vins cristallins

Son corps est dissout dans ce mystère complet

Ce pays et cette langue dont j’ignore tout

Crois-moi, Amour, la romance voyage

Et se mêle à l’inconnu dans cet homme lointain

Ma folie distillée dans son âme candide

Je les croyais rustres, voici l’accolade accueillante

Brutale leur langue, voici sa bouche pleine des plus beaux compliments.

Le voyage, Amour, c’est ma liberté.

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