Zéro à quatre
De l’eau à mes pieds : celle que j’ai choisi dans ma vie
Le sel, marin, que tu continueras d’y verser
Cristaux d’embruns, rouleaux de marée
Existence écumante de l’étrave au sillage,
Elle s’écoule pour emporter tous les temps irrésolus
Je voudrais des pensées lumineuses et lisses
Vagues mourantes à mes pieds
A peine troublées, à peine pour mêler
L’horizon aux flamboiements du ciel
Cette confusion dans ma réalité
De combats rudes et contrariants
C’est mon corps qui rejette cette greffe :
Être marin.
***
Si l’âme qui me porte est un vaisseau, alors cette coque grise est bien étriquée
Et je ne partirai plus vers ces équipées d’une fiévreuse confusion.
Avec toi, sur ce bout de terre, je retourne à nos vieilles amours :
La musique, les mots, les longs silences.
Toi, tu repars, et moi, je reste, mais ai-je assez navigué ?
Car c’est dans l’effacement des attaches que je touche cette chose vraie et inévitable.
Le voyage lui-même devenu familier permettra au cœur de s’encrer,
Tout raconter et dérouler cette seule pensée :
Les rivages abordés sont ceux que l’on quitte pour mieux les retrouver.

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