Caresse-moi émoi d'envies
Ce désir m’atteint la chair et me perturbe l’âme
Pour l’en sortir, faut-il la noyer
La mer, la désolante solitude !
Un amer tourment chavire mon cœur
L’insatisfaite s’éteint, voyage, s’ennuie
Et retourne à ses vieilles amours :
La musique, les mots, les longs silences.
***
Caresse-moi émoi d’envies
Je partirai bientôt
A minuit les roses flétries
Auront rejoint les flots.
Il flotte dans l’air un parfum qui te ressemble,
Venu de l’inconnu lointain, et familier,
Une bise tendre, folâtre comme à l’été.
Tu partiras bientôt
Et j’oublierai les doux moments passés ensemble
Emportés par les flots
Ton regard d’enfant un songe délavé
Ta voix un embrun murmuré
Caresses folles et en vie
Charriées par tous nos mots
A minuit les roses fleuries
Cachées, les volets clos
Frémit d’impatience le cœur à l’aube blanche
Où l’inconnu et le familier se rassemblent :
Découvertes et retrouvailles, les corps tremblent.
Tu partiras bientôt
Tous les autres matins sur l’horizon pervenche
Seuls, au-delà des flots
Souriront au retour prochain, heureux d’attendre
Ils oublieront les bises folâtres et tendres.
J’ai caressé des mois d’envie
Je partirai bientôt
A minuit les roses fleuries
Auront rejoint les flots.

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