Mon histoire d'amour partie 4

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17h59. L'écran de mon portable s'illumina. Il venait de m'envoyer un message. Je sautais dans mes baskets, attrapais ma veste et dévalais les escaliers.

Ma coloc cuisinait en fredonnant. Une douce odeur de cookies mêlées à une fragance de canelle embaumait la maison.

  • J'y vais, ne m'attends pas pour dîner.
  • Pas de souci. Amuse-toi bien.
  • Et ne t'inquiète pas pour moi.
  • M'inquiéter de quoi ? Ce gars est le plus green flag que je connaisse ! Il respire l'honnêteté et la bienveillance !
  • Merci, je lui passerai le message !
  • Non, non, je te le disais, pas besoin qu'il le sache !
  • Je rigole ! Bonne soirée !
  • Toi aussi !

Je refermais la porte derrière moi. Addossé au mur, il m'attendait. Je souris, soudain plus détendue. Sa seule présence me réconfortait.

  • Bonsoir, princesse. Ca va ?

Il y avait de l'inquiétude sur son visage. Sans répondre, je me glissais dans l'étreinte chaleureuse de ses bras. D'un main maladroite, il me caressa les cheveux pour me consoler.

Je ris de joie. Il n'y avait pas d'autre endroit où je voulais être en cette seconde. J'étais parfaitement bien.

  • Quelque chose de drôle ?

Je levais les yeux vers son visage. Ses yeux sérieux m'observaient avec attention. Je prenais le temps d'admirer les étincelles de vie qui y brillaient.

  • Je suis simplement heureuse que tu sois avec moi.
  • Je peux être à toi aussi si tu veux.

Je rougissais comme une collégienne amoureuse et cachais mon visage embarassé contre sa poitrine en murmurant une réponse affirmative.

  • Alors, je suis tien.

Je passai du rouge tomate au rouge carmin, de la plante des pieds à la pointe des oreilles. Toute la pression de l'après-midi venait de s'évanouir comme neige au soleil.

  • Tu te sens mieux ?
  • Oui.
  • Alors monte dans la voiture, je t'emmène.

Il m'ouvrit la porte avec galanterie. J'acceptais avec simplicité et m'installais. Je bouclai ma ceinture et interrogeais.

  • Où va-t-on ?
  • C'est une surprise. Tu es prête à faire une heure trente de route ?
  • Oui, il n'est pas trop tard alors c'est bon.
  • Tu peux dormir, je t'éveillerai quand nous serons arrivés.

Les yeux à demi fermés, j'observai son visage sérieux, concentré sur la route. Je luttai contre Morphé, bien décidée à rester consciente.

Sans m'en rendre vraiment compte, je glissais dans les chimères. Ma meilleure amie me hurlais des injures au visage et je tombais dans un gouffre noir sans fond. Effrayée par la solitude, je hurlais mon désepoir.

Une main douce m'extirpa de ce cauchemar lié à mon différend de l'après-midi. La chaleur me tira du sommeil et j'ouvrais les yeux.

  • Debout, papillon.
  • Hum, oui.

Je me frottais les yeux, pas encore très sûre de moi. Une odeur saline me monta aux narines et une brise douce acheva de me secouer.

  • On est ...
  • Oui. Tu m'avais dit que tu voulais qu'on regarde un coucher du soleil sur la mer ensemble.
  • Je t'adore !
  • Moi aussi.

Je lui sautais dans les bras, excitée par ce cadeau. Je n'étais pas au bout de mes surprises. Il me tendit un sac au dos avec un sourire fier.

  • Tiens. Va donc te changer.

À ma surprise, il ajouta :

  • Tu ne croyais quand même pas que j'allais t'emmener à la plage sans te prendre un maillot de bain et une tenue adaptée, non ?

Je n'avais plus rien à dire. Je savais qu'il était heureux de mon bonheur et que la meilleure façon d'honorer cette soirée était d'en profiter à fond.

J'enfilais le maillot et la petite robe. Je reconnaissais là une intention de ma colocataire qui ne perdait rien pour attendre. Je comprenais son enthousiasme à mon départ.

Il avait profité de mon absence pour installer une couverture sur le sable et diposer le pique-nique. Je m'approchais en souriant et l'enlaçais par-derrière.

  • Tu es l'homme le plus incroyable que je connaisse.
  • Je t'aime tout simplement.
  • Tu as même pris mes chocolats préférés !
  • Mangeons, tu dois être affamée !

On s'assit pour partager ce frugal dîner. Je le préférais à n'importe quel dîner aux chandelles, Sa présence et ses intentions lui donnaient toute sa valeur.

Repue, je m'allongeais pour profiter du calme et du silence de la nuit qui tombait. Appuyé sur son bras, il ne quittait pas mon visage des yeux. Je me relevais et époussetais ma tenue du sable qu'elle avait ramassé.

  • On va se baigner ?
  • Attendons encore un peu.

Il me tendit le bras et je m'asseyais entre ses bras. Enfermée dans cette étreinte aimante, je regardais les vagues qui se brisaient en écume blanche sur le rivage.

  • Pourquoi tu n'allais pas bien ?

Je savais que nous en parlerions. Il avait juste attendu le bon moment. Je laissais un silence pour ordonner mes idées.

  • Ma meilleure amie m'a demandé de casser avec toi pour passer du temps avec elle.
  • Je vois.
  • J'ai refusé. C'est mon amie, mais tu es mon partenaire, celui avec qui je projette de passer ma vie, celui avec qui je suis en couple. Elle est jalouse.
  • Tu as essayé de lui expliquer ?
  • Oui. Il y a quelque chose qui cloche. Nous avons fait une soirée pyjama la semaine dernière, et les bars la semaine précédente. Je suis aussi prise par mes études, mes jobs et ma famille. Je ne passe pas toute ma vie avec toi non plus que je ne la vois jamais. Alors, je ne comprends pas ses revendications.
  • Elle t'a blessée.
  • Oui. C'est pour cela que je lui ai dit de sortir de ma vie. Je ne veux pas choisir entre elle et toi. Mais si elle ne veut pas de toi, c'est à elle de partir.

Il ne répondit pas et enfouit son visage dans mon cou en me serrant plus fort.

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