Chapitre 2 – Homme d’affaires et diplomate
Avant même d’accéder au dogat, notre cher Enrico semble déjà solidement installé au sein de l’oligarchie vénitienne.
Et lorsqu’on parle d’oligarchie à Venise, comprenez : une poignée de familles immensément riches, persuadées que gouverner le monde depuis des marécages constitue une idée parfaitement raisonnable.
Il me parvient qu’aux alentours de 1172, Enrico est envoyé vers Constantinople afin d’apaiser les tensions avec Byzance, suite à la confiscation brutale de biens vénitiens et à l’arrestation massive de milliers de citoyens de la Sérénissime installés dans l’Empire byzantin.
Naturellement, Venise répondit avec toute la modération qui la caractérise : une expédition militaire.
Entreprise de vengeance ou mission de secours selon les points de vue, celle-ci tourna rapidement au désastre, entre maladies, chaos logistique et colère populaire. Le doge de l’époque, Vitale II Michiel, fut même assassiné par une foule furieuse à son retour.
Ambiance.
Mais les brouilles diplomatiques ne sauraient durer éternellement lorsque l’argent circule encore entre les ports.
Car Venise reste essentielle au commerce oriental, et Byzance, malgré son orgueil impérial, apprécie fort les marchands capables d’apporter soieries, métaux, bois, épices et, accessoirement, fortunes entières.
Les négociations reprennent donc progressivement durant les années 1180. Enrico retourne à Constantinople en 1183 afin de discuter du rétablissement du quartier vénitien dans la ville, et un accord finit par émerger vers 1186.
D’autres canards fort bien renseignés me rapportent également que le futur doge possédait divers intérêts commerciaux en Orient et exerça plusieurs fonctions diplomatiques, notamment auprès du royaume de Sicile ou encore de Ferrare.
Un parcours remarquable, donc.
Sans accroc, ou presque.

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