Chapitre 6 – Deus Vult !
Oui, le mot croisade évoque désormais chez moi cet appel surgissant sur mon écran de CK3, lorsque le pape — tantôt allié, tantôt ennemi, et que je qualifierai aujourd’hui encore de racaille vaticanaise — lance le départ d’un débarquement massif de croisés aussi organisés que des gallinacés sans tête.
Mais passons.
Revenons plutôt à cette fameuse Quatrième croisade.
Si j’ai bien compris — et je vous rappelle que je navigue ici dans un imbroglio historique digne d’une mauvaise comédie maritime — cette croisade, prêchée par le pape Innocent III afin de reprendre les lieux saints passés sous domination musulmane, devait initialement conduire les croisés vers l’Égypte puis Jérusalem.
En théorie.
Car en pratique, elle aboutira surtout au pillage de… Constantinople.
Ce qui, vous en conviendrez, constitue un léger détour.
Voyons cela.
Les croisés, manquant de navires, concluent en 1201 un contrat gigantesque avec Venise. La République s’engage à transporter environ 4 500 chevaux, 4 500 chevaliers, 9 000 écuyers et 20 000 fantassins, avec nourriture pour neuf mois, contre la somme colossale de 85 000 marcs d’argent.
Venise ajoute même cinquante galères armées en échange de la moitié des futures conquêtes.
Nous sommes donc moins face à un modeste devis de transport fluvial qu’à une opération logistique et financière absolument démesurée.
Hélas, lorsque les croisés arrivent enfin à Venise, un problème de taille surgit : ils sont moins nombreux que prévu… et surtout beaucoup moins riches.
Autrement dit, la croisade débute déjà avec une dette monumentale.
Ce qui, dans toute l’Histoire humaine, annonce rarement quelque chose de raisonnable.

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