Chapitre 8 – Généalogie
Oui, je reviens encore et toujours à ces histoires de familles.
Ne pas savoir qui épouse qui, qui descend de qui, ou quel cousin intrigue me perturbe profondément. À croire que les archives médiévales furent organisées par des chats renversant volontairement des encriers.
À force de fouiller les eaux troubles de la généalogie vénitienne, quelques éléments émergent toutefois.
Le père supposé d’Enrico, un certain Vitale Dandolo, aurait été proche du doge Vitale II Michiel.
On retrouve également dans son entourage familial un autre Enrico Dandolo, probablement son oncle, qui occupa la prestigieuse fonction de patriarche de Grado — poste religieux majeur dans l’orbite vénitienne.
Concernant son épouse, les choses redeviennent délicieusement floues. Certaines sources évoquent une femme nommée Contessa, peut-être issue de la famille Minotto, mais l’affaire demeure suffisamment imprécise pour décourager les généalogistes les plus téméraires.
Il semble, en revanche, avoir eu au moins un fils attesté : Ranieri Dandolo, qui le secondera et exercera même la fonction de vice-doge durant l’absence de ce dernier.
Quant à la dynastie Dandolo elle-même, elle ne tarda pas à produire d’autres doges : Giovanni, Francesco et Andrea Dandolo accéderont eux aussi, plus tard, à la magistrature suprême de Venise.
Comme quoi, dans certaines familles, on transmet les bijoux.
Dans d’autres… les républiques maritimes.

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