Paris, 18 novembre 199… Vanessa

2 minutes de lecture

Adossée au mur du fond, car elle craignait de s’endormir si elle s’asseyait, Vanessa scrutait le visage buté de « l’insomniaque » que Lucas et Manu interrogeaient. Bon flic, mauvais flic, classique… Lucas, massif semblant emplir la pièce, l’air renfrogné avec son crâne chauve était… le « bon » ! Manu, jovial avec son allure de lutin faisait un « méchant » d’autant plus inquiétant qu’inattendu.

- Alors tu trainais là… par hasard… dès qu’on trouve un macchab, t’es dans le coin !

- Quand j’peux pas dormir je marche, je vous l’ai dit putain.

- T’inquiète tu auras le temps de marcher dans la cour de la centrale. Bon, avoue, dis où est ton matos ! Et puis tâche d’être poli connard, hurla-t-il soudain faisant sursauter le suspect. Passer d’une voix presque inaudible à un hurlement était une des spécialités de Manu…

- Mais j’ai rien fait, merde ! L’homme bouffi chialait doucement.

- Tu te fous de nous, attend enfoiré. Manu saisi le dossier de la chaise et fit mine de faire basculer le type en arrière. Il poussa un beuglement de terreur. Lucas avait retenu la chaise au dernier moment. Leur numéro était bien rodé…

- Laisse-nous un moment Manu, va te faire une sèche, je reprends.

Manu sortit, Vanessa lui emboita le pas.

- C’est lui patron, certain, il va craquer.

- Ce type est terrorisé.

- A ça je le comprends… il va prendre perpet l’enfoiré, à son âge, avec sa dégaine, j’aurais la trouille aussi.

- Non, ça ne colle pas. Vous l’imaginez, avec son gros bide, vous avez vu il tremble comme une feuille ? Frapper comme ça, froidement ? Non, ça colle pas.

- Enfin patron, c’est la deuxième fois qu’on le trouve sur les lieux.

- Il est venu à notre rencontre, il n’a pas essayé de se tirer.

- Il savait bien qu’il ne pouvait pas se barrer. C’est un tordu, sûr comme deux et deux font quatre !

- Non, je te dis. Avec ses hommes elle alternait le vous et le tu. Ça colle pas.

- Alors vous pensez qu’y a rien à en tirer ?

- Si, ce type est mort de trouille. Il a vu quelque chose.

- Alors on fait quoi.

- On le garde et on essaye de le faire parler. Je vais voir le proc pour la prolongation.

- A vous, il dira oui. La faiblesse de Monsieur le Procureur de la République devant le charme du Commissaire Vanessa Dandier était un des sujets de plaisanteries favoris au commissariat. Mais ce que les moqueurs oubliaient de dire, c’est qu’il n’en était pas un qui n’eut vendu père et mère pour la tenir dans ses bras… mais pas de chance, si Vanessa avait une vie bien remplie, elle avait décidé de ne plus se laisser tenter au boulot depuis qu’une petite récréation lui avait valu pendant plusieurs mois les assiduités d’un collègue, certes vigoureux, mais terriblement ennuyeux.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Brume Autize ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0