Bords de Loire, 19 novembre 199… Charlotte
Rignac et Charlotte étaient seuls dans la salle à manger de l’auberge. Elle avait demandé une tisane, lui réchauffait entre ses doigts un verre d’Armagnac à la belle couleur ambrée.
— C’est romantique ce mouchoir…
— Oui, et plus encore que tu ne le penses. Sur ordre de Wellington en personne, un colonel britannique apporta à l’épouse de Pierre toutes les affaires trouvées sur lui dont le mouchoir de Franca. Il est toujours au manoir, à Rignac. Quand j’étais gamin, ce bout de tissu m’impressionnait beaucoup, il est rangé dans un portefeuille en maroquin et porte des traces brunes. On disait que c’était le sang du Général… Mais peut-être n’étaient-ce que des taches ?
— La femme de Pierre n’était pas jalouse !
— Il faut croire que non. D’après ce que l’on sait d’elle, c’était une femme assez extraordinaire. J’imagine qu’elle a voulu garder la mémoire du premier amour de son mari. Ils n’ont pas vécu très longtemps ensemble… cinq ans environ et, le plus souvent il était en campagne.
Rignac but une gorgée d’armagnac et saisit la main de Charlotte. Il adorait ses doigts longs et fins, ses ongles étaient recouverts d’un vernis rouge très sombre, une touche de sophistication dans sa tenue très décontractée.
— Tu me fais penser à Rampling, une autre Charlotte… lorsqu’elle vampe Noiret dans « Un taxi Mauve ». Avec un jean et un pull en laine d’Aran, elle est d’une incroyable élégance. Au fait tu verras, la Margeride, ça ressemble un peu à l’Irlande…
— Et tu oublies la scène où il la voit entrer dans le salon… Elle a des seins fabuleux !
L’œil de Rignac s’alluma…
— Je me souviens mal, tu me rafraîchis la mémoire ?
Main dans la main, ils montèrent l’escalier étroit qui menait à leur chambre.
— Là, ça te reviens ?
Son col roulé gisait au sol, elle le fixait d’un regard espiègle, les bras le long du corps, la poitrine nue offerte.
— Je pense qu’il y a quelque chose qu’elle a eu envie de faire à ce moment-là…
Elle le poussa contre la porte et tomba à ses genoux. Il y eu le craquement d’une fermeture éclair. Sans hésiter, la jeune femme dénoua la ceinture et abaissa le pantalon.

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