Margeride 22 novembre 199… Vanessa
Vanessa se dit que sa dernière heure était arrivée… Le Capitaine Cécile de Falquières fonçait sur la route étroite, tortueuse et verglacée. Lorsque la voiture partait dans une embardée, elle contrebraquait avec la maîtrise d’un pilote de rallye. Dès que la Renault se remettait en ligne, elle accélérait généreusement, faisant hurler le petit moteur et le virage suivant arrivait, coup de frein en limite d’adhérence, glissade au cordeau avant de reprendre de la vitesse. Juste avant Marvejols, la route faisait une épingle et la voiture arrivait bien trop vite. Vanessa retint son souffle et ne put réprimer un cri lorsque Cécile tira le frein à main faisant pivoter le véhicule dans une gerbe de neige avant de reprendre sa course folle. Elle cherchait à se rappeler les quelques bouts de prière restant de son enfance lorsque, enfin, la Renault s’arrêta devant le bâtiment de la Gendarmerie.
- Vous conduisez toujours comme ça ? Demanda Vanessa, encore haletante.
- Oui, j’adore, sympa non ? Mais cette trottinette n’a rien dans le ventre, et ces tractions avant, ça ne glisse pas bien, je m’amuse plus avec ma vieille Alfa…
- Ah bon… Attends songea Vanessa, cet été je reviens spécialement te faire faire un tour de moto, tu vas gerber sur tes galons… Vanessa n’avait pas de voiture mais bichonnait une somptueuse Harley Davidson couleur framboise métallisé.
- Ça va, vous êtes toute pâle ? La voix était toujours aussi chaleureuse, avec juste un soupçon de moquerie. Vanessa se dit qu’après tout, elle aimait bien ce Capitaine de Gendarmerie, beaucoup moins compassée qu’elle n’en avait l’air.

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