Près de Belgrade Été 1809 – Ljubica
Le Kapetan Janko Slavik n’était pas fier. Il se faisait passer un savon mémorable par un général Serbe, l'un des compagnons d'armes les plus proches de Karageorges qui l’avait traité de tous les noms pour la disparition de Pierre après leur soirée bien arrosée.
- Slavic, tu es une bourrique imbécile, tu emmènes le secrétaire de l’envoyé de l’Empereur des Français dans une taverne immonde ! Et tu le laisses repartir seul parce que tu es saoul comme un porc.
Janko figé au garde à vous, sanglé dans son uniforme le plus présentable, restait stoïque face au déchaînement de la tempête. Gougeard, à côté du général, et malgré son inquiétude pour Pierre, était presque gêné du traitement réservé à Slavic par son supérieur. Supérieur qui, d’ailleurs, avait plus l’air d’un brigand que d’un général selon les critères Français du moins. Officier de cavalerie lui-même, Jean-Baptiste comprenait la virée des deux hommes. Impitoyable le général pointant un index vengeur vers Janko lui souffla au visage.
- Slavic, âne stupide, incapable, tu vas retrouver le secrétaire de Monsieur l’Envoyé, sans ça… et bien, sans ça tu regretteras d’être né, tu mourras dans des raffinements de souffrance. Traître !
A ce mot Janko qui, jusque-là, était resté impassible blêmît.
- Non, gospodar général, pas traitre, vous n’avez pas le droit. Vous avez le droit de me punir, de me tuer mais pas de m’accuser de traîtrise.
Le général le regarda avec plus de calme et une lueur de respect.
- Pardonne-moi Kapetan. Il avait utilisé le grade de Janko pour la première fois. Tu es un bon et loyal soldat. Mais tu as commis une lourde faute, alors répare là, sinon tu seras passé par les armes. Le général marqua un temps d’arrêt et il ajouta : j’espère que tu réussiras.

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