Belgrade – Été 1809 – Ljubica
Pierre se sentait mieux, Ljubica l’avait conduit dans la grande salle qui lui servait de pièce à vivre et où se trouvait un poèle sur lequel elle cuisinait. Elle s’était éclipsée le temps qu’il profite d’un baquet d’eau à même le sol pour faire un brin de toilette. Lorsqu’il fut habillé, elle revint et sortit d’un garde-manger du pain et un jambon fumé. Pierre en eu l’eau à la bouche. Il remarqua que les volets étaient soigneusement fermés et bloqués avec des barres de bois, de même que la porte.
- Comme ça eux croire moi, peur soleil et eux peur moi. Enfin, moi espère…
Pierre était fasciné par le calme de la jeune femme. Il la voyait maintenant, vêtue d’un pantalon bouffant en toile épaisse, rentré dans des bottines et d’une blouse de coton. Elle était de taille moyenne, élancée, le corps fin mais vigoureux. Son visage était pur, d’un bel oval, avec des lèvres charnues et surtout ses yeux en amande, couleur de feuilles mortes étaient troublants.
Ljubica lui expliqua qu’ils étaient loin de tout et qu’il était extrêmement dangereux de s’éloigner. Pourtant se dit Pierre, dès que je serai suffisamment ferme sur mes jambes, il faudra que j’aille chercher du secours. Ljubica lui amena son poignard et son pistolet qu’elle avait eu la présence d’esprit de ramasser. C’était peu de chose mais cela le ragaillardit un peu. Il prit dans la poche de sa redingote de quoi charger l’arme. Tout d’un coup il remarqua que Ljubica était allée vers la porte et écoutait l’air inquiète. Il tendit l’oreille et entendit des voix, le bruit d’hommes et de chevaux.
- Eux arriver, toi prendre tes armes dis Ljubica en s’emparant de son propre poignard. Dès que eux ouvrir porte, nous deux foncer et essayer fuir dans forêt. Nous surement tués mais vaut mieux que prisonniers.
Les pas s’approchaient, on entendait maintenant distinctement les voix qui s’apostrophaient en Serbe. Pierre, le pistolet d’une main, le poignard de l’autre, attendait. Ljubica sa dague en main ne tremblait pas, prête à bondir pour essayer de profiter de l’effet de surprise pour disparaitre dans le sous-bois.
La porte trembla et tint bon mais, rapidement, la puissance des coups fini par l’ébranler, elle céda et s’ouvrit, Pierre leva son pistolet et le baissa aussitôt pour se jeter dans les bras de Gougeard qui rengaina son sabre qu'il avait pris en main.

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