Scène de crime 25 novembre - Cécile et Vanessa
Après le Deirdre’s Arms, Cécile et Vanessa étaient revenues sur la scène de crime. Deux techniciens de l’Identité criminelle, engoncés dans leurs combinaisons blanches, ratissaient méthodiquement le sol. Ils avançaient à petits pas précautionneux, se penchaient, récupéraient le moindre fragment suspect, photographiaient l’emplacement au Polaroïd, puis scellaient leur trouvaille dans un sachet plastique numéroté.
L’un d’eux, un adjudant, aperçut les deux femmes qui observaient la manœuvre. Il s’approcha et abaissa son masque.
— Mes respects, Capitaine. Mes respects, Madame le Commissaire. C’est un gros chantier… et nous ne sommes que deux. Nous en avons jusqu’à la nuit. Et probablement une bonne partie de demain.
— Entendu. De toute manière, les mobiles boucleront le périmètre jusqu’à la fin de vos opérations. Quelque chose d’intéressant ? demanda Cécile.
— Difficile à dire pour l’instant… En revanche, les traces montent assez haut dans la pente. On n’a pas encore trouvé leur point d’origine.
Cécile se tourna vers Vanessa.
— Tu as vu juste… Finalement, tu n’es pas si mauvaise pour un flic.
Vanessa lui administra une bourrade.
— Et toi, t’es pas trop bourrine pour une “brodequins à clous”.
L’adjudant laissa échapper un sourire. Cécile le repéra aussitôt.
— Et ça vous fait marrer ???
Le pauvre homme se mit à bafouiller des excuses avant de comprendre que la capitaine, loin d’être vexée, était parfaitement hilare.
— Parce que si ça vous fait marrer… vous avez bien raison ! Figurez-vous que Madame le Commissaire, qui me donne des leçons en matière de chaussures, a failli s’étaler à la gare de Mende en débarquant de Paris avec de jolies bottines à la semelle bien lisse… Non mais… des brodequins à clous ! On n’est plus en 1920 !
Les deux femmes éclatèrent d’un rire franc et complice, laissant l’adjudant un peu déconcerté.
Leur présence n’apportait plus rien aux opérations. Les investigations minitieuses suivraient leur cours ; il ne leur restait qu’à attendre le rapport. Elles décidèrent de rentrer à Marvejols.
À quelques kilomètres de la caserne, le téléphone de bord grésilla. Fidèle à ses habitudes peu orthodoxes, Cécile décrocha sans ralentir et coinça le combiné entre son oreille et son épaule. Vanessa soupira et resserra sa prise sur la poignée de maintien.
— Oh, bonjour Inspecteur Lucas. Je vous passe la Commissaire… Tiens Miss, c’est ton adjoint.
Vanessa saisit le combiné avec un certain soulagement : Cécile retrouvait l’usage de ses deux mains.
— Salut Lucas. Alors, tu as cueilli l’oiseau ?
— Chou blanc, Patron. Il s’était envolé. Et son appartement… c’est bizarre. On dirait que personne n’y a jamais vraiment vécu.
— Comment ça ?
— Tout est nickel. Trop nickel. Ça sent presque le neuf. Les placards sont vides. Complètement vides. Rien dans le frigo. Pas une trace de vie. Mais… pourquoi vous vous intéressez à nouveau à lui ?
Vanessa échangea un regard rapide avec Cécile.
— Parce qu’il est allé dans le village où habite Rignac — notre autre suspect, celui qui roule en DS — et qu’il s’est renseigné sur la famille Rignac. Et, détail amusant : là-bas, il n’était plus représentant de commerce au chômage… mais professeur d’histoire.

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