Le monde s'écroule sous mes pieds

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Le cours est enfin terminé. Je rassemble mes affaires rapidement, désireuse de quitter le lycée, d'avoir un moment pour moi-même. Quand je sors enfin de la salle de classe, je croise encore le regard de Lia. Elle me dévisage avec un mélange d'incrédulité, d'amusement. Je soutiens son regard, ma colère bouillonnante se reflète dans mes yeux.

Alors, je continue de la regarder. Pour la première fois depuis que je suis arrivée dans ce lycée, je ressens à nouveau le peu de contrôle qu'on m'a enlevé. Je me dirige vers la sortie, j'essaie de me frayer un chemin à travers la foule d'étudiants qui se pressent dans les couloirs. Mon estomac est encore douloureux, il me rappelle la brutalité de l'agression que j'ai subie. Les bruits de conversations, de rires autour de moi sont lointains, irréels, comme si je flottes dans un brouillard de tristesse.

Et là, je vois Maya. Mon amie, du moins c'est ce que j'ai cru. Elle se tient là, des manuels de cours dans les bras, ses yeux évitent furtivement les miens. Je me suis arrêtée net, mon regard fixé sur elle. Je veux qu'elle sache à quel point sa trahison m'a blessée, bouleversée. Je veux qu'elle voie la douleur dans mes yeux, qu'elle comprenne ce que cela signifie. Mais au lieu de cela, elle a simplement baissé la tête, puis a continué son chemin, disparaissant dans la marée d'étudiants.

Je me sens vide, comme si une partie de moi m'a été arrachée, laissée derrière dans ce couloir bondé. La trahison de Maya est douloureuse, mais d'une certaine manière, elle est aussi libératrice. Cela m'a fait réaliser à quel point j'ai été naïve de lui faire confiance, de lui ouvrir mon cœur. Je prends une grande respiration, je me force à avancer, à sortir de ce lycée qui est devenu un champ de bataille personnel.

L'air frais de l'extérieur me donne une grosse bouffée d'oxygène. L'enfer est derrière moi, du moins temporairement. Demain j'y serai, ainsi qu'après-demain, jusqu'à la moitié de l'année prochaine. J'ai souffert aujourd'hui, mais bizarrement, j'ai hâte de voir ce que me réserve cette année de cours à Springton High. J'ai des défis à relever, des gens à prouver, je suis prête à tout.

D'ailleurs, j'ai hâte de raconter ma tumultueuse journée à Jessica ! Je sais qu'elle sera l'épaule sur laquelle je peux pleurer. D'ailleurs, pourquoi ne pas y aller maintenant ? Il n'est que dix-sept heures, j'ai du temps à lui consacrer, tant que je rentre pour le dîner. N'ayant pas la Subaru, je vais devoir prendre le bus.

Je regarde l'itinéraire depuis mon téléphone : le bus 116 s'arrête devant l'hôpital, il arrive dans trois minutes. Vite, je me dépêche d'arriver à l'arrêt de bus de l'école, direction Springton Hospital. Je cours presque. J'espère que Jessica va bien. Je me demande si elle a entendu parler de ce qui s'est passé aujourd'hui.

En arrivant à l'arrêt, je vois mon bus arriver au loin. Je monte vite à bord, paie mon ticket, puis je pose mes fesses au fond près de la fenêtre. Le bus démarre. Je regarde par la baie vitrée, les rues de Springton défile devant moi. Les bâtiments familiers me rappellent une époque plus simple, quand la vie n'était pas aussi compliquée. Mais maintenant, tout est différent. Je suis différente.

Je me surprend à me poser certaines questions sur mon année à Springton High. Lia et les Jolies Visages finiront-elles par me lâcher la grappe ? Que dois-je faire pour qu'elles me laissent tranquille ? Jouer son jeu ? Répondre à toutes ses provocations ? Je ne sais plus comment réagir. Je me sens perdue, dépassée. Chaque jour est un nouveau combat, mais je ne sais pas combien de temps je pourrais tenir comme ça.

Je secoue la tête pour chasser ces pensées négatives. Je ne peux pas me permettre de douter de moi maintenant. Je dois être forte. Pour moi, pour ma mère, pour Jessica. Je prends une profonde inspiration, me concentre sur le paysage qui défile devant moi. Les arbres, les maisons, les gens qui passent... Tout semble si normal, si paisible. Comme si rien de tout ce qui m'est arrivé n'a eu lieu. Pourtant, rien ne sera jamais plus comme avant.

***

En me rapprochant de l'hôpital, mon estomac se tord d'anxiété. J'ai l'impression d'avoir rendu visite à Jessica il y a une éternité. Je me sens nerveuse à l'idée de lui parler de ce qui s'est passé aujourd'hui. Je me demande aussi comment elle va, si son état s'est amélioré. En descendant du bus, j'ai pris une autre profonde inspiration, puis j'ai marché vers l'entrée de l'hôpital.

À l'intérieur, l'atmosphère est calme et apaisante, ce qui contraste énormément avec le chaos de ma journée. J'ai demandé un pass journée à la réceptionniste et je me suis dirigée vers l'ascenseur jusqu'au cinquième étage. Quand je suis arrivée à sa chambre, j'ai frappé doucement à la porte avant d'entrer. Jessica est assise sur son lit, en train de lire un livre. Elle a levé les yeux, m'a saluée avec un sourire chaleureux.

— Virginia ! Ça me fait tellement plaisir de te voir, a-t-elle dit.

Je lui ai rendu son sourire, même si c'est difficile, je m'assois à côté d'elle sur le lit.

Nous avons commencé à parler de choses banales au début - comment se passent les cours, les nouvelles de l'hôpital, etc. Mais je sais que je ne peux pas éviter le sujet de Lia et des Pretty Faces indéfiniment. Je lui raconte ce qui s'est passé. Jessica m'écoute attentivement, sans m'interrompre. Quand je finis, Jessica s'empare de ma main, puis elle me dit :

— Je suis désolé que tu as dû passer par là.

Je suis reconnaissante d'avoir une amie comme Jessica. Elle ne me juge pas, elle me soutient. Nous passons le reste de la visite à parler de choses plus légères. Je finis par me sentir un peu mieux. Quand il est temps de partir, Jessica me donne un énorme câlin et me dit de prendre soin de moi.

Du moins, c'est comme ça que je voulais que les choses se passent. Mais je suis loin, très loin de la réalité... voici la vérité :

En arrivant devant la chambre de Jessica, je suis surprise de la trouver vide, remise à neuf. Confuse, je cherche du regard une infirmière et lui demande si Jessica a quitté l'hôpital.

— Bonjour, madame. Dites-moi, la patiente de la chambre 507 est sortie de l'hôpital ?

— De la chambre 507 ? Oh non...

— Vous allez bien madame ? Qu'est-ce qu'il y a ?

L'infirmière ne soutient pas mon regard, elle est visiblement choquée par quelque chose.

— Je... je suis désolé mademoiselle, mais... la jeune fille qui séjournait dans la chambre 507... nous a quitté hier dans la soirée.

— Quoi ?! Mais... comment ça "elle nous a quitté" ? Qu'est-ce que vous racontez à la fin ?! Vous croyez que c'est drôle ?

— Mademoiselle... la jeune fille de la chambre 507 s'est suicidé.

— Quoi... ?

Mon monde s'écroule en entendant ces mots. C'est inconcevable, impossible. Jessica, mon amie, mon soutien, mon pilier... comment est-ce arrivé ?

— Je suis sincèrement désolé, Mademoiselle. Mademoiselle, vous allez bien ? Hé !

— Je vais bien, je vais... bien.

Alors que je tente de digérer cette nouvelle dévastatrice, je commence à ressentir des douleurs insoutenables dans le ventre. C'est comme si toute la douleur que je ressens émotionnellement se manifeste physiquement. J'ai essayé de rester debout, de rester forte, mais c'est trop. Mes jambes ont flanché sous moi, j'ai dû m'appuyer contre le mur pour ne pas tomber.

Je ne sais pas combien de temps je suis restée là, accrochée au mur, en essayant de reprendre mon souffle, de calmer la douleur dans mon ventre. Finalement, je réussis à rassembler assez de force pour quitter l'hôpital. En sortant, l'air frais me fait du bien, mais rien ne peut effacer la douleur qui m'anime à l'intérieur. Mon monde vient de s'écrouler, je ne sais pas comment je vais continuer sans Jessica. Chaque pas que je fais me paraît plus lourd que le dernier. J'ai trouvé un coin isolé, me suis effondrée en larmes. Je n'arrive pas à croire que Jessica ne soit plus là, plus de ce monde, qu'elle se soit suicidée. C'est trop à supporter.

Tremblante, j'ai sorti mon téléphone de ma poche, composé le numéro de ma mère. Quand elle a décroché, j'ai essayé de parler, mais les mots ne voulaient pas sortir. Tout ce qui est sorti, c'était un sanglot étouffé.

— Virginia, qu'est-ce qui ne va pas ? Où es-tu ? a-t-elle demandé, son inquiétude transperçant le téléphone.

— Je... je suis à l'hôpital de Springton, Maman. Peux-tu venir me chercher s'il te plaît ? réussi-je à articuler à travers mes sanglots.

— Ok mon bébé. Ne bouge pas, j'arrive tout de suite.

J'ai raccroché, me suis assise, enroulant mes bras autour de mes jambes, posant ma tête sur mes genoux. J'attend maintenant que ma mère arrive pour me ramener à la maison, mais à cet instant, même le confort de la maison ne semble pas suffisant pour apaiser la douleur que j'éprouve. Je suis perdue, complètement dépassée.

***

Dix minutes plus tard, la voiture de ma mère s'est garée à côté de moi. Elle est sortie de la voiture, l'air inquiet, s'est précipitée vers moi. Je me suis levée, me suis jetée dans ses bras, pleurant encore plus fort.

— Chérie, qu'est-ce qui s'est passé ? m'a-t-elle demandé, me serrant fort contre elle.

— Jessica... une fille que je venais à peine de connaître, qui était devenue une véritable amie... elle est... elle est morte, maman, j'ai sangloté. Elle s'est suicidée.

Ma mère me serre encore plus fort dans ses bras, comme si elle essayait de me protéger de la douleur.

— Oh, ma chérie, c'est terrible... je... je suis tellement désolée, murmure-t-elle, en me serrant fort dans ses bras.

Nous sommes restées là, enlacées, pendant plusieurs minutes. En fin de compte, nous nous sommes séparées, ma mère m'aide à monter dans la voiture. Elle démarre et nous prenons la direction de la maison, laissant derrière nous l'hôpital et toutes les horribles réalités qu'il contient.


***


Pendant le trajet en voiture, ma mère tente de me parler de Jessica, de me rassurer.

— Ce n'est pas de ta faute, Virgie. Tu le sais n'est-ce pas ? Tu venais à peine de connaître cette jeune fille, mais tu ne connaissais pas son histoire, son passé. Elle avait sûrement beaucoup trop de problèmes à gérer pour une fille de son âge. Elle n'a pas pu le supporter. Tu comprends ce que j'essaies de te dire, n'est-ce pas ?

Je comprend totalement ce qu'elle me dit, mais je n'arrive pas à lui répondre. Mes pensées sont en tumulte, se bouscule les unes contre les autres dans un tourbillon de confusion, de douleur. Jessica, celle qui me comprenait le mieux depuis mon arrivée à Springton, n'est plus de ce monde. Elle est morte. Elle s'est suicidée. L'idée m'est inconcevable, irréelle. Pourtant, c'est la vérité. Une vérité crue, implacable qui me frappe de plein fouet.

Je sens le regard inquiet de ma mère posé sur moi, mais je n'ai pas la force de le lui rendre. Tout ce que je peux faire, c'est fixer le vide devant moi, les yeux emplis de larmes qui refusent de couler. Ma gorge se serre, comme un étau m'écrasant lentement. Chaque respiration est un effort, chaque battement de cœur une douleur.

Ma mère a continué de parler, a essayé de me consoler, de me rassurer, mais ses mots ne font que rebondir sur la carapace vide que je suis devenue. Rien n'a de sens, rien n'a d'importance. Il n'y a que le vide, l'absence, le néant. Jessica n'est plus, une partie de moi est partie avec elle.

***

En arrivant finalement devant la maison, je me sens comme si un poids de mille tonnes pèse sur mes épaules, prêt à m'écrabouiller. Je ne sors pas de la voiture, je ne veux pas faire face à la réalité qui m'attend de l'autre côté de cette porte. Je dois bouger, mais mes jambes refusent de coopérer. Après plusieurs minutes passé dans la Subaru, je me suis finalement décidée à quitter la voiture.

À peine étais-je sortie que j'ai entendu une voix, celle que je redoute le plus en ce moment : Lia. Elle m'appelle, entourée de ses acolytes, Taylor et Rose. Mon sang n'a fait qu'un tour.

— Virgie ! Tu es partie voir Jessica ?! Elle va bien, j'espère ? demande-t-elle ironiquement, entourée des rires en arrière-plan de Taylor et Rose.

La rage accumulée tout au long de la journée a explosé en moi. Sans même réfléchir, je me suis dirigée vers elle, mes poings serrés, puis lui ai asséné coup de poing au visage. Elle a chuté violemment au sol, le visage marqué par la surprise et la douleur. Les voisins, témoins de la scène, ont commencé à chuchoter entre eux, leurs regards passant de moi à Lia, puis à ma mère.

Maman, qui a assisté à toute la scène, s'est précipitée vers moi.

— Qu'est-ce qui te prend, Virginia ? m'a-t-elle demandé, son visage marqué par l'incompréhension et l'inquiétude. Pourquoi tu as fais ça ?

Je n'ai pas pu répondre. Mes mots sont coincés dans ma gorge. Je me suis dirigée vers la maison. Je me suis engouffrée à l'intérieur, j'ai monté les escaliers en courant. Je suis entrée dans ma chambre, j'ai fermé la porte de ma chambre à clé, laissant ma mère derrière moi, perdue et confuse. Je ne veux voir personne, ne veux parler à personne. Mon désir à cet instant, c'est être seule avec ma douleur, ma colère.

Je me suis effondrée sur mon lit, les larmes jaillissent de mes yeux comme un torrent. Je me sens trahie, abandonnée, furieuse, impuissante. Tout ce que j'ai traversé aujourd'hui - la confrontation avec Lia, l'isolement de mes camarades, la mort de Jessica, et maintenant ce... ce coup de poing assénée à Lia... c'est trop pour moi à gérer. Je sature.

Je ne peux cependant pas rester enfermée dans ma chambre pour toujours, mais en ce moment, c'est tout ce dont je suis capable. Je n'ai pas les armes pour affronter ma mère, pas les mots pour lui expliquer tout ce qui s'est passé. Et plus que tout, je ne sais pas comment je vais avoir la force de faire face à Lia et ses amies à l'école demain.

Tout en luttant contre les vagues d'émotions qui m'envahissaient, j'ai commencé à remettre en question mes actions. Ais-je eu raison de frapper Lia ? Peut-être que j'aurais dû simplement l'ignorer, puis simplement rentrer à la maison. Mais d'une certaine manière, ça m'a fait du bien. Ça m'a fait du bien de prendre enfin le contrôle, de ne pas la laisser me marcher dessus. Et pourtant, je suis consciente que cela va probablement faire qu'empirer les choses.

Pendant que je m'interroge sur ce que j'aurais dû faire différemment, j'entend ma mère en bas, parlant au téléphone. Je n'arrive pas à discerner les mots, mais son ton est celui de quelqu'un qui cherchent des réponses. Je me sens coupable de lui causer du tort, tant de stress.

Avec tous ces sentiments contradictoires tourbillonnant en moi, il est clair que je ne vais pas pouvoir dormir de la nuit. J'ai décidé de prendre une douche, espérant que l'eau chaude apaisera mes muscles tendus, me permettra de réfléchir plus clairement.

Alors que l'eau coule sur moi, j'essaie de prendre une décision sur ce que je dois faire ensuite. Je ne vais pas pouvoir éviter Lia indéfiniment, je ne peux pas non plus ignorer ma mère. Il est temps pour moi de prendre position, de faire face à mes problèmes, aussi effrayants soient-ils.

— Maman !

— Oui bébé ?!

— Viens, s'il te plaît.

Maman est entrée dans ma chambre doucement, de peur de me déranger. Je l'ai regardée, les yeux rougis par les larmes, incapable de dire quoi que ce soit. Elle a dû voir la douleur dans mes yeux parce qu'elle est venue vers moi, m'a pris dans ses bras. Je me suis effondrée, pleurant de plus belle, tout le poids de la journée s'écrasant sur moi en une fois.

Maman ne m'a pas posé de questions, elle m'a juste serrée dans ses bras, m'a laissé pleurer. Dans son étreinte, je me suis sentie un peu plus en sécurité, mais la tristesse ne s'estompe pas. La réalité de la perte de Jessica, de ma confrontation avec Lia, de ma solitude à l'école... tout cela est toujours là, aussi réel que jamais.

Maman a fini par s'asseoir sur mon lit, me serrant toujours dans ses bras.

— Je suis là pour toi, ma chérie, murmurait-elle. Je suis tellement désolée pour tout ce que tu traverses.

J'en ai marre de faire du tort à ma mère, de la stresser H24. Elle a ses propres problèmes à gérer, et je ne dois pas m'attendre à ce qu'elle soit toujours là pour moi. Alors que nous restions là, silencieuses, moi pleurant dans les bras de ma mère, je me suis demandée si les choses peuvent jamais revenir en arrière. Si je vais pouvoir retrouver la confiance, la sécurité que j'avais avant que tout cela ne commence. Et honnêtement, je ne suis pas sûr de la réponse.

En train de m'efforcer de manger, même si je n'avais pas d'appétit, la sonnette a retenti, faisant sursauter tout le monde. Maman s'est levée pour aller voir qui c'était. J'ai entendu des murmures à la porte d'entrée, puis elle est revenue et m'a dit que Shaun était là et voulait me parler.

Je me suis levée, puis je me suis dirigée vers la porte. Shaun se tient là, l'air contrit. Je n'ai vraiment pas envie de lui parler, alors je lui ai dit de s'en aller. Mais il insiste.

— S'il te plaît, Virginia. J'ai juste besoin de te parler. Cinq minutes, c'est tout ce que je demande.

J'ai soupiré, à contre-cœur.

— D'accord, cinq minutes, ai-je concédé, sortant de la maison pour le rejoindre à l'extérieur.

Il m'a regardé, ses yeux sombres pleins de regret.

— Je suis désolé, Virginia. Je suis vraiment désolé pour tout.

Je l'ai regardé, méfiante.

— Pour tout quoi, hein ?

— Pour tout ce qui t'est arrivé. Pour ne pas avoir été là pour toi quand tu avais besoin de moi. Pour ne pas t'avoir protégée de Lia, Taylor et Rose.

J'ai sentie ma gorge se serrer.

— Ce n'est pas ta faute, Shaun, ai-je murmuré, même si une partie de moi lui en veux énormément. C'est à moi de m'occuper de mes propres problèmes.

Il a secoué la tête.

— Non, c'est à moi aussi. Je me suis éloigné de toi parce que j'avais peur de ce que les autres penseraient, je n'aurais pas dû faire ça. Tu es mon amie, j'aurais dû être là pour toi.

Je ne sais pas quoi dire. Je suis en colère contre lui, je veux lui dire qu'il est trop tard maintenant, mais je n'y arrive pas. Parce que malgré tout, je vois bien qu'il est sincère.

— Merci, Shaun, ai-je fini par dire. Je... Je pense que j'ai juste besoin de temps. Pour tout digérer.

Il a acquiescé.

— Je comprends. Prends tout le temps dont tu as besoin. Je serai là quand tu seras prête. Et puis... je suis sincèrement désolé pour Jessica.

J'ai été étonnée de l'entendre parler de Jessica. Comment a-t-il osé ?

Je n'arrive pas à croire qu'elle se soit suicidé. Ça me paraît tellement iréel..., a-t-il commencé, mais je l'ai arrêté net.

— Arrête, tais-toi. Je ne veux pas en parler, ai-je dit fermement, sentant une boule dans ma gorge.

Il a semblé surpris par ma réaction, mais a acquiescé.

— D'accord, je comprends. Si jamais tu as besoin de parler, tu sais où me trouver.

Je lui ai donné un petit sourire, bien que cela m'ait fait mal.

— Merci Shaun. Mais je pense qu'il vaut mieux que tu partes maintenant.

Il a semblé hésiter un moment, puis a hoché la tête.

— D'accord. Prends soin de toi, Virginia.

— Oui. Je vais essayer, ai-je murmuré, puis je suis rentrée dans la maison, fermant la porte derrière moi.

Je me suis appuyée contre la porte un moment, me sentant épuisée par tout ce qui vient de me dire. Shaun a essayé de m'aider, mais c'est tout simplement trop pour moi en ce maintenant. Comment gérer tout cela ? La seule chose dont je suis sûre, c'est que je dois essayer de tenir bon. Pour moi-même.

Soudain, mon téléphone sonne, rompant le silence lourd qui m'entoure. J'ai sursauté, regardant l'écran. C'est un appel de Lia. J'ai hésité un moment avant de me décider à décrocher.

— Qu'est-ce que tu veux ? Ai-je demandé d'une voix neutre.

— Oh, juste te prévenir que tu vas vivre un enfer demain au lycée, a-t-elle répondu, sa voix dégoulinant de venin.

J'ai senti une vague de colère monter en moi.

— Je serai bien là demain, ai-je répondu froidement. Et tu sais quoi ? Je vais te faire manger le sol, sale petite garce de merde.

Elle a ri, un rire froid et cruel.

— On verra bien, ma chère. On verra bien.

Puis elle a raccroché. J'ai serré mon téléphone dans ma main, me sentant étrangement revigorée par notre échange.

— Putain ! Ça fait du bien !

Je me sens un peu mieux désormais, ce qui m'a décidée à faire ma disserte sur MacBeth que Mr Walker nous a demandé de faire pour demain. Ça va aussi m'aider à penser à autre chose, pendant un temps...

Voici les instructions du devoir :

Titre : La Trahison dans "Macbeth"

Introduction

Présentez brièvement l'œuvre et l'auteur.

Expliquez en quoi le thème de la trahison est central dans cette pièce.

Développement

Identifiez et analysez trois exemples de trahison dans l'œuvre.

Expliquez les motivations des personnages impliqués dans ces actes de trahison.

Analysez les conséquences de ces actes de trahison sur les autres personnages et sur l'issue de l'intrigue.

Conclusion

Résumez vos principaux points.

Expliquez en quoi l'exploration de la trahison par Shakespeare dans cette pièce est pertinente et significative pour les lecteurs d'aujourd'hui.

Critères d'évaluation :

Clarté et cohérence de l'argumentation.

Pertinence et précision des exemples choisis.

Profondeur de l'analyse.

Qualité de la langue (grammaire, orthographe, syntaxe).

Longueur : 1200-1500 mots.

À remettre en version papier à Mr Walker au début du cours demain.

Hum, ça va être facile !

***

Devoir de Littérature : Macbeth

Prénom/Nom : Virginia Jonas

Classe : 11e grade (Junior)

Date : 4 septembre 2023

Dissertation : La Trahison dans Macbeth

La Trahison dans "Macbeth"

Introduction William Shakespeare est sans doute le dramaturge le plus célèbre de l'histoire, avec une pléthore de pièces qui sont encore étudiées et jouées dans le monde entier aujourd'hui. L'un de ses travaux les plus notables est "Macbeth", une tragédie qui explore des thèmes tels que l'ambition, la culpabilité, et, surtout, la trahison. La trahison est au cœur de l'intrigue de "Macbeth", entraînant une cascade d'événements qui conduisent finalement à la déchéance du protagoniste.

Développement Le premier acte de trahison dans "Macbeth" se produit lorsque Macbeth, poussé par sa femme Lady Macbeth, trahit le roi Duncan en le tuant. Macbeth est initialement réticent à commettre le meurtre, mais Lady Macbeth le manipule en mettant en doute sa masculinité. Les motivations de Macbeth ici sont complexes ; bien qu'il désire le trône, il est également conscient des implications morales de son acte. Finalement, son ambition l'emporte sur sa conscience, et il commet l'acte qui le met sur le chemin de sa propre destruction.

Un autre acte notable de trahison se produit lorsque Macbeth décide de tuer son ami Banquo et le fils de ce dernier, Fleance. Macbeth prend cette décision car les sorcières ont prédit que, bien que Macbeth deviendrait roi, ce serait la descendance de Banquo qui régnerait par la suite. Cela fait naître en Macbeth une paranoïa profonde, le conduisant à croire que Banquo et Fleance représentent une menace pour son règne. Ainsi, il décide de les éliminer, trahissant ainsi l'amitié et la confiance de Banquo.

Enfin, un autre acte de trahison significatif est celui commis par Lady Macbeth elle-même. Bien que ce ne soit pas une trahison au sens traditionnel du terme, Lady Macbeth trahit son propre sens de la moralité et de la décence en planifiant et en encourageant le meurtre de Duncan. Cela montre que la trahison dans "Macbeth" ne se limite pas aux actes commis contre les autres, mais peut aussi être un acte commis contre soi-même.

Conclusion La trahison est un thème omniprésent dans "Macbeth", manifeste à travers une série d'actes commis par les personnages principaux. Ces actes de trahison ne sont pas seulement des événements isolés, mais sont interconnectés et ont un impact profond sur le déroulement de l'intrigue et le destin des personnages. De plus, l'exploration de la trahison par Shakespeare dans cette pièce offre des réflexions importantes sur la nature humaine et les conséquences de nos actions, ce qui reste pertinent pour les lecteurs d'aujourd'hui.

Et voilà ! J'ai pris soin de choisir des exemples pertinents, d'analyser en profondeur les motivations des personnages, les conséquences de leurs actions. C'est clair, cohérent, j'ai veillé à corriger toutes les erreurs grammaticales, orthographiques et syntaxiques. Oui, je pense que j'ai répondu à toutes les attentes de Mr Walker. C'est un A+ assuré ! Jessica... es-tu fière de moi ?

Merde. La douleur dans mon ventre ne veut pas diminuer, malgré mes efforts pour me distraire avec mon devoir. Inquiète, je me suis dirige vers la salle de bain pour examiner la cause de ma douleur persistante. En soulevant mon t-shirt devant le miroir, j'ai été choquée de découvrir un énorme bleu sur mon abdomen. Mon estomac s'est tordu à la vue de la contusion sombre et étendue. J'ai tenté de toucher délicatement la zone meurtrie, mais la douleur a été si intense qu'un cri involontaire s'est échappé de ma bouche.

Mes parents, alertés par mon cri, ont immédiatement frappé à la porte de la salle de bain, me demandant avec inquiétude si tout allait bien.

— Virgie ? Tout va bien là dedans ? demande mon père.

Paniquée et ne voulant pas les inquiéter davantage, je me suis empressée de leur assurer que tout allait bien, bien que ce soit loin d'être le cas.

— Ça va, je vais bien ! je... je me suis juste cognée, c'est tout, ai-je dit, en essayant de minimiser la situation.

Ce n'est pas juste un bleu ordinaire, il a été causé par l'agression de Lia aux toilettes. Mais je ne suis pas prête à partager cela avec mes parents, surtout après la scène devant la maison plus tôt en fin de journée. Je veux juste me replier sur moi-même, soigner mes blessures, essayer de comprendre comment les choses ont pu tourner si mal, si vite. Je repars dans mon lit, pour essayer de dormir, de ne plus penser à la douleur, à Jessica... en espérant que demain soit un jour meilleur.

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