UNE INCROYABLE NOUVELLE RECRUE

6 minutes de lecture

13:27 Jewel Avenue

Gravier Escuella venait de terminer son encas. Il enquêtait seul sur une caillette de trottoir dont il avait entendu parler pendant un marché, alors qu’il échangeait sa came avec un client commun à Mouse. Installé dans un bâtiment abandonné, Gravier observait un hôtel situé en face. Cet hôtel, le Diamond Hôtel, n’était réservé qu’à des célébrités ou des individus fortunés, souvent issus de la pègre. Escuella savait que c’est également devant cet endroit qu’une escorte du nom de Sand Dy travaillait.

Après une heure d’attente, la pute en question apparue. Aussitôt, Gravier monta dans le véhicule qu’il avait préalablement loué et s’arrêta à côté de la pierrette.

  • Salut, toi ! Tu es une très jolie pierre, tu montes ?

La caillette se retourna vers lui et le regarda de haut en bas.

  • Voyons, mon gars. Voiture de location, pas de costard, pas de chaîne, pas de réputation. Hors de question que je monte.

Gravier perdit son sourire. Il sortit un flingue de sa boite à gant et braqua la caillette.

  • Montes, ordonna-t-il d’un ton glaçant cette fois-ci.

La pierrette sursauta et s’empressa de grimper dans le véhicule. Gravier appuya sur l’accélérateur et s’enfonça dans les bas-fond de la ville, dans un endroit à l'abri des regards.

  • Bon, je veux que tu m’écoutes attentivement. Je vais te poser quelques questions. Si à un moment donné, j’ai l’impression que tu me mens, je n’hésiterai pas à appuyer sur la détente, vu ?

La caillette hocha la tête.

  • Que sais-tu de celui qu’on appelle Rocky « Mouse » Boboa ?
  • Je… je ne sais pas de qui vous parlez…
  • Ne me mens pas, je t’ai dit !
  • Si je vous le dis, je vais me faire tuer de toute façon !
  • Écoute Sand, je sais que tu es en affaires avec lui, annonça Gravier en montrant sa plaque d’enquêteur. J’aide des flics qui n’ont pas peur de lui afin de faire cesser tout ce bordel. Ma fille a été tué il n’y a pas longtemps et j’ai découvert pendant l’enquête de sa mort que mon ex-femme est mêlée à un trafic de drogue lié à Rocky. Je n’ai rien contre toi.
  • Vos informations ne sont pas tout à fait exactes, je ne travaille pas pour le Boss mais pour Heinrich… dit-elle après hésitation.
  • Qui ça ?
  • Heinrich Von Felsen, son second. Depuis que ce gars m’a vue, il fait une fixette sur moi et ma perruque blonde, c’est très malaisant…
  • Et que sais-tu de Boboa ?
  • C’est un caillou d'affaires qui n’a rien de respectable. Pour arriver là où il en est, il a dû tuer, voler, saccager… et j’en passe.
  • Est-ce que tu sais où se trouvent ses entrepôts ? Que peux-tu me dire sur ses activités ?
  • Je ne connais rien de tout cela. Je ne suis qu’une escorte qui fait ce qu’on lui demande.
  • Écoutes, j’ai un truc à te proposer. Tu portes un micro sous ta crinière blonde pour me trouver toute info qui pourrait le compromettre, et moi en contrepartie je t’offre une coquette somme de joyaux en plus du programme de protection des témoins. Qu’en dis-tu ?
  • Je… je ne sais pas…
  • Sand, regarde les choses en face, si tu refuses, tu finiras par te faire tuer. Je fais ça pour t’aider, pas pour te nuire. Je n’ai aucune raison de te laisser mourir, au contraire. Deviens mon indic’ et dans une semaine, un mois au maximum tu seras à huit cent kilomètres d’ici, loin de toute représailles avec une nouvelle vie et un nouveau chez toi. Je ne te ferai cette offre qu’une seule fois. Qu’en dis-tu ?
  • Très bien, j’accepte.
  • Quand est-ce que tu revois Heinrich von Felsen ?
  • J’ai rendez-vous avec lui dans l’après-midi devant l’hôtel… il va s'inquiéter si je tarde trop…
  • Quel est le programme ?
  • Tu sais très bien ce qu’il va se passer.
  • Bon, tiens, prends ce micro. Je te ramène.

À peine avait-il laissé la caillette reprendre son activité qu’il se réinstalla dans sa planque et sortit la radio qui retransmettait le son du micro.

  • Sand, mein Fräulein, tout va bien ? Je t’ai vu descendre d'une auto? demanda une voix distordue et avec un fort accent, qui sortait de la radio.
  • Rien, ne t’en fais pas. Juste un client, tu sais.

Sa voix à elle était plus claire, c’était une bonne chose. Gravier se positionna de manière à être à l’aise et prit son carnet de note.

***

21:50 Restaurant Le Koishi

Vêtue d’une robe de soirée, Shepard regardait son collègue tendrement. Celui-ci tentait tant bien que mal de tenir ses baguettes afin de manger ses sushis.

  • Putain, mais comment peut-on tenir ces trucs-là ?! Je ne vais jamais réussir à manger ! s’écria le shérif.

La jeune pierrette se contenta d’adresser un sourire moqueur.

  • Tu te fiches de moi ?
  • Non, excuse-moi ! Si j’avais su, je t’aurais proposé un autre resto…
  • Ce n’est pas grave, je vais devoir y aller avec la bouche ! s’exclama Johnson en se jetant sur son assiette.
  • Mais tu n’es pas possible ! rigola-t-elle.
  • C’est que j’ai faim… et puis, je dois t’avouer qu’en plus de ça, je n’ai pas l’habitude de me mettre sur mon trente-et-un, ces habits me grattent affreusement.
  • Peut-être mais je ne t’ai jamais vu t’habiller de manière aussi classe…
  • Et bien, je peux te dire la même chose, nous étions censés faire un dîner d'affaires pour parler de Boboa et tu t’es plutôt bien habillée. Ce n’est pas sérieux de mettre une telle robe !
  • Pourquoi ? Elle ne me va pas ?
  • Si ! Bien sûr que si, ne dis pas de bêtises… avoua le shérif en rougissant.
  • Ah, je préfère ça ! J’adore cette robe, en plus. Cela faisait longtemps que je ne l’avais pas mise.
  • Tu as tort, marmonna le caillou en esquissant un regard sur le décolleté de la belle.
  • Au sujet de Rocky… Gravier a parlé de son enfant, Kevin. Le pauvre enfant doit avoir à peine trois ans, il va sans doute finir dans une famille d'accueil. Cela me brise le cœur, d’autant qu’il n’a rien demandé.
  • Je sais bien. Mais, cette histoire est loin d’être finie. Sand Dy fait du bon travail, cela fait à peine une semaine que nous l’avons avec nous, et elle nous a déjà donné pas mal d’informations. Mais nous n’avons toujours aucune preuve tangible.
  • Oui, rien sur le lieu de fabrication de sa cock. Elle envahit de plus en plus la ville.
  • Je sais. Donnons lui du temps, ça ne doit pas être facile pour elle non plus.
  • Oui, sans doute…

Les deux cailloux se regardèrent un long moment sans rien dire.

Alors qu’ils rentraient de leur dîner complètement saouls, Johnson et Shepard marchaient en direction de la maison de la demoiselle.

  • Et voilà, nous sommes arrivés… dit-elle en ouvrant le portillon de son jardin.
  • Reposes-toi bien, nous avons une longue journée demain.
  • Avant… tu…
  • Oui ?
  • Tu ne voudrais pas boire un dernier verre ? Je dois t’avouer que j’ai du mal à trouver le sommeil ces derniers temps.

Ils rentrèrent chez elle et Johnson vit une maison très bien entretenue. Chaque objet était posé de manière à rendre la déco paisible, très harmonieuse.

  • Qu’est-ce que je te sers ? demanda-t-elle depuis sa cuisine.
  • Peu importe, bredouilla le caillou qui commençait à sentir son coeur palpiter.
  • J’ai ça ? questionna la caillette en montrant une bouteille de rhum.
  • Très bien !

Assis tous deux dans le canapé, les deux flics se regardèrent alors que l’adjointe servait à boire. Soudain, le rhum déborda du verre, les ramenant à la réalité.

  • Et merde ! s’écria-t-elle soudainement. Le tapis va être tâché ! Je ne vais pas réussir à le rattraper ! Vite ! Aides moi !
  • Euh, oui ! Oui ! Qu’est ce que je fais ? paniqua le shérif.
  • Prends de l’essuie-tout ! Un tapis tout neuf en plus !

Et c’est ainsi que Shepard dû changer deux fois de tapis en moins d’un mois. Quoi ? Vous vous attendiez à autre chose ?

Prochain chapitre…

L’INCROYABLE ENQUÊTE PAS PIQUÉ DES HANNETONS

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