J'écris pour désaxer
Derrière la ligne du quai du métro, tu marches vers l'endroit où la porte de la rame s’ouvre tous les matins à 07h16 depuis 14 ans, déjà ennivré par le café de la machine située entre les bureaux des N+2 et N+1 que tu prendras comme tous les matins à 08h23 depuis 14 ans.
Un marcheur pensif s’ellipse devant toi et, sans te voir, te bouscule légèrement. Te voilà désaxé, projeté hors de tes sentiers rabattus, tes gestes robotisés désarticulés. Et là le choix, se remettre derrière la ligne ou explorer le désaxement…
Mon écriture est cette douce bousculade. Pas pour basculer, pas pour renverser. Mais juste pour désaxer. Même momentanément. Le temps de te remettre dans un état d'agentivité. Dans le choix. La voie à suivre ou celle à défricher?
Mes écrits ouvrent aux lecteurs des portes vers des lieux communs puis, arrivés sur le palier, bousculent, désaxent et obligent à se relever autrement.

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