Mon adolescence
En août 2008, quelques jours avant la rentrée des classes, moi et ma mère sommes allées rencontrer le personnel de l’école pour s’assurer si tout était prêt avant que l’année scolaire commence pour de bon. Malheureusement, les enseignants nous ont informé que l’entente que nous avons prise ne pouvait plus tenir puisqu’ il y aurait trop de cours magistraux à suivre durant la semaine et que je n'aurai pas l'accompagnement que j'avais souhaité.
Par la suite, ma mère a contacté le centre de services scolaire local afin que l'on puisse avoir accès à plus de ressources sur la scolarisation à domicile. Ils nous ont proposé de nous rencontrer trois fois par année afin que j’aie leur présenter mes apprentissages effectués tout au long de l’année, offre que nous avons accepté. Heureusement que le système scolaire a évolué depuis l'époque et qu'il offre maintenant de bons services pour les jeunes autistes.
Peu de temps après, ma mère a contacté une amie enseignante ayant l’habitude de travailler avec des adolescents ayant une particularité afin de m'enseigner ce que l'on apprenait au niveau secondaire. De plus, je m'étais inscrite à un cours de danse folklorique dans l'ensemble traditionnel La foulée à Notre-Dame des Prairies afin de socialiser et de garder la forme. J’avais choisi la danse comme entraînement parce que l’une de mes cousines était l’enseignante principale de l’école et je voulais en apprendre davantage sur la culture québécoise.
L’enseignante était très gentille. Les rencontres hebdomadaires se déroulaient très bien et comme elle connaissait bien l’autisme, l’enseignante allait à mon rythme pour que je puisse bien intégrer les apprentissages même si c’était que quelques heures par semaine. Mes nouveaux apprentissages étaient basés sur le programme d’éducation internationale (PEI) du Collège Esther Blondin, école que fréquentait sa fille, d’un an mon aînée. C’était ce genre d’apprentissages qui m’intéressait le plus parce que je voulais avoir de meilleures connaissances et avoir un esprit ouvert sur le monde. Nous avons donc acheté les livres recommandés par le collège et le programme PEI et je me suis fixé un nombre de pages à faire par semaine dans chaque matière scolaire. Quand mon enseignante n’était pas disponible pour répondre à mes questions, je me renseignais sur Internet et même sur Allo prof pour que je puisse y répondre, le plus souvent par moi- même. Ma mère et ma sœur m’ont également donné des conseils pour bien réaliser mes projets et mon portfolio annuel pour présenter au département de la scolarisation à domicile du centre de services scolaire afin que la responsable puisse voir que je suis capable d’apprendre et d’être bien organisé.
Même qu’il m’arrivait d’étudier les fins de semaines pour m’avancer et perfectionner mon travail. C’est d’ailleurs grâce à cette période de ma vie que je suis devenue perfectionniste.
L’école à la maison a été une très belle expérience pour moi. Cela m’a appris à être davantage autonome puisque je devais réaliser la plupart de mes apprentissages seule et suivre un horaire assidu que j’ai moi-même planifié tout en respectant le plus possible l’horaire de l’école régulière et mes limites. En étant chez moi, je n’avais par à subir le stress toutes les complexités liées à l’école secondaire comme l’intimidation, les bruits et la surpopulation quotidienne.
Je me réveillais à tous les matins vers sept heures, j’effectuais mes apprentissages scolaires durant près de cinq heures par jour et j’allais dehors environ une heure par jour. J’aimais beaucoup lire avant d’aller au lit pour améliorer ma compréhension et découvrir des classiques de la littérature jeunesse dont Le journal d’Anne Franck ou Coraline de Neil Gaiman. Cela est devenu une routine pour le reste de mon adolescence.
Comme le programme international comportait des périodes de bénévolat, j’ai eu la chance d’animer des activités pour enfants au centre de la petite enfance Bouton de rose à Berthierville grâce à mon enseignante. J’animais des activités thématiques comme raconter un conte d’halloween, leur enseigner la fabrication du savon artisanal et de cuisiner des cornets à l’érable dans le cadre de la cabane à sucre et ce, de façon sécuritaire et chaleureuse. Les enfants, de même que l’éducatrice du groupe étaient très gentils.
En 2010, j’ai été contactée par l’enseignante de la maternelle de l’école Sainte-Anne afin d’aller animer des activités thématiques hebdomadaires pour les élèves de sa classe après lui avoir fait part de mon expérience à la garderie et de mon intérêt pour les enfants. C’était mon atelier préféré de bénévolat parce que j’aimais être en présence de d’autres enfants et le sentiment d’être apprécié de la part d’un enfant. Grâce à ce sentiment et au bon déroulement de l’activité, j’avais toujours hâte à la prochaine fois pour vivre d’autres moments agréables avec eux.
À la fin de mon premier contrat, les petits m’ont fait chacun un dessin pour me remercier d’avoir passé du temps avec eux. J’étais très contente de leur cadeau et j’ai remercié également l’enseignante de m’avoir permis de réaliser cette belle expérience.
J’ai été convoquée pour un autre hiver en 2013 mais cette fois ci, en tant qu’animatrice de jeux de société. Cette expérience était tout aussi passionnante et ma passion pour les enfants n’a fait qu’augmenter.
En plus de ma vie d'étudiante, je suivais mes leçons de danse traditionnelle. C’était une des belles sœurs de mon père qui avait la troupe de danse en charge et quand je lui ai dit que je voulais danser, elle me plaça dans le groupe « La relève » c’est-à-dire pour les pré-adolescents de onze à quatorze ans. En plus des danses collectives (farandoles, sept-carrés), j’ai appris la gigue et le gumboot, une danse d’origine africaine où l’on danse en tapant sur des bottes de pluie.
Les cours se déroulaient le mercredi soir de 18h30 à 20h00. Comme j’aime beaucoup la musique québécoise et danser, j’avais de la facilité à apprendre les facettes de la danse folklorique. En plus des cours hebdomadaires, il y avait quelques spectacles durant l’année comme le Festi-glace de la ville de Joliette, les marchés de noël de Lanaudière ou même un échange culturel entre le Chili et le Québec au printemps 2011. Ces spectacles sont gravés dans ma mémoire parce que cela m’a permis de faire des performances en public et aussi en savoir plus sur les différents festivals de Lanaudière. Cela m’a également permis d’effectuer de belles rencontres comme les jeunes chiliens lors de l’échange culturel.
Mon événement préféré a été les marchés de noël en 2009 et 2010 parce que j’ai bien aimée l’ambiance du temps des fêtes et de la danse traditionnelle combinés. Comme cela se déroulait à l’Assomption, un village que j’aime beaucoup, j’avais du plaisir à danser et j’aimais bien prendre un chocolat chaud après ma prestation, petite routine qui me faisais du bien.
Comme toute école d’art de la scène, il y avait un spectacle annuel pour la foulée. Donc de Février à Mai, on travaillait très fort pour présenter une prestation à la Salle Rolland-Brunelle de Joliette devant quelques centaines de personnes. Lors de la première année de danse, j’avais le trac de me présenter sur scène mais en même temps, j’étais excitée de faire partie d’un spectacle sur une vraie scène tout en me faisant coiffer, maquiller et habiller, comme une vraie artiste.
J’ai tellement apprécié cette expérience que j’ai décidé de poursuivre l’aventure pour trois autres années et ce, en augmentant de niveau à chaque année.
Cependant, le contact avec les autres jeunes danseurs n’était pas toujours facile. Puisque j’étais autiste et fraîchement nouvelle dans le groupe, ils ne me parlaient pas beaucoup. Une fois de plus, la tristesse me gagnait encore parce que ces jeunes personnes faisaient partie d’un de mes seuls moments de socialisation et ce n’était pas facile de créer des liens avec eux. Cependant, la plupart des élèves étaient sympathiques.
Après trois ans et demi de danse dans le groupe des adolescents, j’ai demandé un transfert dans le groupe des adultes parce que je voulais apprendre pour le plaisir sans subir la pression de la compétition (les objectifs du groupe étaient de participer à des concours de danse et à voyager). Aussi, je savais qu’avec les adultes, les relations seraient plus faciles pour moi. Les leçons se déroulaient très bien et mes nouveaux compagnons aimaient bien avoir la compagnie une jeune fille de l’unité de spectacle. Ils étaient impressionnés par mes connaissances en danse québécoise puisque j’étais dans un niveau plus avancé qu’eux. À la fin de l’année, j’ai quitté l’école de danse afin de me consacrer à d’autres disciplines pour divertir mes occupations.

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