Chapitre 1 Du vin, des cartes, et de la bonne compagnie

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La lune émergeait d’une masse de nuages cotonneux, auréolant les ombres de la forêt d’une lueur argentée. Verne tisonnait le feu avec une baguette pour libérer des étincelles qui s’envolaient dans la nuit. Des figuiers l'entouraient lui et le reste de la hanse. Vers le nord un bois de sycomores se prolongeait jusqu'à des masses de verdure, où des grenades reposaient parmi les touffes blanches des cotonniers. De là une brise légère murmurait et apportait des fragrances de roses et de vigne vierge. Il restait là, à scruter le ciel, à songer en silence au chemin parcouru par la caravane de Deus-Latis, son ami et guide.

Depuis des mois, ils vivaient dans cette caravane, eux, des inconnus pour la plupart, et que le sort avait rassemblé. Leur quotidien n’était que repérage, approche, ascension, descente, bataille, et depuis peu un retour qui paraissait impossible… Sur les flots, il fallait aller plus vite que les vagues. Sur les falaises, ne pas laisser aux roches le temps de s’écrouler. Au sommet, penser à la descente, plus périlleuse que l’ascension, et lorsque c’était nécessaire, il fallait croiser le fer. Tel était le destin des caravaniers.

En cette soirée les paysages se muaient, magnifique, et terrible. Depuis leur départ, il avait cette impression de ne jamais vraiment jouir de rien, Verne était donc là, pensif, plus qu’à l'accoutumé, car il le savait, qu’une fois la montagne franchie, leur sort à tous serait serti.

La vie sur le continent allait s’éteindre, il ne reverrait plus le sel de sa terre et la lumière de son monde. La mer de Sif, son pays si joyeux, son ciel si douloureusement bleu rendait son âme nostalgique. “La mémoire, c'est comme sentir à nouveau” pensait-il. La chaleur du feu rappelait à Verne la peau chaude et profonde d’une femme. L'odeur de ses cheveux. Les caresses sur sa gorge pâle… A chaque fois c’était la même chose, c'était comme sentir que quelque chose n'est pas là pour la première fois. Quitter les pointes orientales de lock, les aiguilles de basalte des îles Aériennes, ou les piliers de pierre ponce de Param. Des noms de beautés dans sa mémoire qu’il fallait oublier. Pour écrire un nouveau lendemain.

Rose, une jeune femme à peine sortit de l’adolecence, s’était ravitaillée de ces fruits bien mûrs qui poussaient ci et là. Elle en avait distribué à tous les membres de la troupe avant de s’installer pour observer les deux adversaires s’affronter. Deux hommes étaient assis sur des rondins de bois, l’un était Larisch le pilier protecteur, l’autre Geor, le conteur.

Geor était un homme mince aux cheveux d’un brun soyeux, arborant un pourpoint couleur vermillon et une chemise avec un jabot de dentelle. Flanqué de son inséparable livre de cuir et de son sempiternel sourire aux lèvres, il faisait face à un homme prostré dans une attitude de menace mortelle qui avait tout d’un miroir inversé.

Son adversaire était puissamment bâti. Sa crinière grise ainsi que la barbe qui lui encadrait le visage étaient souillées de terre. Un rapide coup d'œil à ses épaules larges et puissantes, à sa poitrine robuste, et à son cou de taureau suffisait à contraindre le moindre opposant à jeter épée et bouclier avant de détaler. Il était vêtu de la tenue typique des ours des montagnes Lytériques. Le chevalier pilier, car il s’agissait d’un chevalier portait une jaque robuste et matelassée, un lourd gilet de maille tombant jusqu'aux genoux, et des épaulières de plaque. Il portait une grande épée qui pendait à son côté plus naturellement que tout son accoutrement. Son front était bas et large, et ses yeux d'un bleu volcanique semblaient couver quelque feu intérieur. Son visage, sombre, balafré, presque sinistre, était celui d'un combattant aguerri, et ses vêtements lourds ne pouvaient dissimuler les lignes dures et dangereuses de ses membres. Cependant Geor, face à cette montagne d'hommes ne semblait nullement inquiéter.

Geor

Un point pour moi ! déclara le conteur en déposant une carte sur la deuxième ligne. Ma pyromancienne menace ton cerbère.

Larish

Une magicienne est difficile à battre, lui concéda le chevalier en jetant les cartes de sa main. Bougre ! Tu remportes cette partie.

Geor

Tout à fait d’accord, une magicienne, quelque soit sa spécialité, est toujours difficile à battre, fit-il noter, que ce soit dans ce jeu comme dans la bataille de la vie, n’est-ce pas ? Dit-il en se tournant vers leur chef Deus-Latis tout en esquissant un sourire simiesque.

Et Verne qui les entendaient acquiesça non sans laisser Deus dans une attitude maussade.

Larish

Dis-moi, ça fait un moment que je me demandais, c’est quoi ton métier Geor ?

Geor

Et bien, je suis conteur ! Quelle question ! dit-il en agitant son livre.

Larish

Et c’est là ton seul travail ? Comment faisais-tu pour vivre avant de rejoindre la hanse ?

Rose

Tu n’as jamais rien fait d’autre ? Renchérit l’artisane de l’eau penchée sur l’épaule gauche du vieil ours.

Geor s’empourpra. A l’écart, Deus, le colossal premier pilier, ne put se contenir, et pouffa de rire. Et son rire, bien que léger, et à peine audible, fut si communicatif que tous se mirent à boyauter joyeusement. Une autre femme, à la droite de Larish esquissa un large sourire. Elle qui partageait ce moment sincère n’était pas très grande, encore moins lorsqu’elle se tenait aux côtés du géant barbu. Penchée ainsi sur l’autre épaule du vieil ours, le conteur pouvait observer sa poitrine opulente se dévoiler à travers l’encolure de son haut déboutonné. Geor l’avait remarqué dès leur première rencontre, et ne pouvait résister à l’envie de laisser ses yeux s’en délecter à la moindre occasion. C’était Lys. Elle avait des membres longs et des épaules robustes. Toute sa silhouette témoignait d'une force peu commune pour une femme de son âge, sans toutefois rien ôter de la grâce féminine qui se dégageait de son apparence juvénile. Ses habits semblaient incongrus, étant donné le décor environnant. Elle ne portait pas une jupe, mais un pantalon équipé de bandelettes d’acier. Ses bottes évasées en cuir souple lui arrivaient presque aux genoux et sa chemise de soie décolletée, aux manches et au col bouffants, complétaient son costume. Une épée droite à double tranchant pendait sur une de ses hanches gracieuses et une longue dague sur l'autre. Ses cheveux bruns et ébouriffés, coupés à hauteur des épaules, étaient laissés en bataille, et lui offrait un air de sauvageonne.

Geor

Disons que travail et moi, nous ne faisons pas bon ménage, tu peux comprendre cela ?

Rose

Non, pas vraiment, dit-elle d’un ton amusé.

Geor

On se raccommode de temps en temps vois-tu ? Mais ça finit toujours par des disputes. “Il”, le travail je veux dire, exige de moi que je le poursuive avec persévérance, racontait-il en se mettant en scène, alors que je suis plutôt enclin à l'abandonner souvent pour faire, et bien un petit somme, boire une coupe de vin à La Roche morte ou bien…

Lys

… Faire la bête à deux dos avec la fille du vicomte, coupa la porteuse d’oriflamme, dans un élan railleur.

La hanse toute entière explosa de rire. Peut-être plus que l’exigeait l’occasion, selon le point de vue de Geor, mais cette petite troupe portait depuis trop longtemps le fardeau de la solennité. C’était si bon de pouvoir s’esclaffer d’un rire sincère, c’était alors pour eux un étrange mélange de volupté et d’oubli. Ces hommes et ces femmes étaient réunis aux portes des racines de l’arbre, alors oublier le personnage qu’ils devaient incarner au quotidien, les faisaient ressembler un peu plus à des êtres humains. Et c’était bon. Cela leur permit d’oublier un peu la peur qui les serrait dans son étau oppresseur.

Geor

Je le concède mes amis, je l’ai bien mérité après cette histoire à Port-le-loup .

Lumis

Allons continuez Sir Geor ! Vous n’avez pas fini cette envolée lyrique, plaisanta à son tour un homme assis à ses côtés.

Geor

Et bien Sir Lumis Cotton de Chenoix, pour finir je dirais que travail finit toujours par me quitter sur un coup de colère qui plus est ! Et je me retrouve sans rien d'autre à faire que dormir, chanter…

Echo

….Et forniquer ! lâcha le mince et fluet maître caravanier en buvant à grand trait une liqueur dans un gobelet en bois assis sur l’un de ses chevaux.

Un nouveau rire éclata parmi arbres et feuillages.

Geor

Parfois, mais sans argent pour acheter à manger et à boire, cela n’attire que peu les donzelles, dit-il en posant une carte canon à fibre de feu.

Lumis

Heureusement vous avez l'amitié du Premier pilier, affirma l’éclaireur en tapotant l’épaule du conteur.

Rose

Et sa bourse ! lâcha de nouveau la jeune femme.

Lumis

Sacrebleu, je suis tenté de renchérir sur cette boutade, mais je m’abstiendrais. Notre premier pilier risque de ne pas apprécier mon humour fallacieux, avoua-t-il à demi-voix.

Lumis Cotton de Chenoix était un homme mûr, de taille moyenne, aux traits avenants. Ni toque, ni casque ne venait confiner son crâne calvitié. Bien qu'il ne fut pas très grand, l'homme était bien bâti et ses bras, que les courtes manches de sa tunique laissaient dénudés, étaient musclés et noueux.

Vandal

Abstiens-toi l’ami, où notre chef de hanse pourrait enfoncer son pied si loin dans ton fondement que tu retourneras à l'arbre plus vite que prévu, le prévint l’homme à côté de Deus- Latis.

Il était habillé d’une armure cannelée, agrémentée de motifs en bosse, surchargés et magnifiques, mais, qui d’après les dires Bronn, le bras combattant de cette hanse se révélait totalement inadaptées au combat, spécialement pour un voyage aussi long que celui de la hanse. Le cannelage et le bosselage formaient des pièges où venait se fixer la pointe d'une lance ou d'une épée, alors qu'une armure selon lui devait être conçue pour la détourner. Selon le vieil homme buriné dans du bois sec, cette armure, en dépit de toute sa beauté, représentait plus un surcroît de danger qu'une protection.

Ce dernier quant à lui était un homme large d’épaule, mais aussi souple et résistant qu'une lame d'acier flexible. C'était un homme rustre, avec des traits de rapace impitoyable. Son visage était tanné par le soleil et ses cheveux, implantés très en arrière de son front haut et étroit, étaient d'un blanc orageux. Ses yeux noirs étaient pénétrants et vifs, et sa fine barbe grisâtre ne parvenait pas à adoucir l'expression dure de ses lèvres fines. Il observait les deux adversaires, et tentait d’anticiper les coups du vieil ours. Il s’affublait de grands gestes à chaque échec de celui-ci. La raison en était simple. Il avait parié quelques florins avec Diurne la rage ardente que le pilier remporterait la partie. Le mage contait déjà ses pièces. Plus discret, il restait aux côtés de Verne tout en nettoyant ses anneaux sertis. Verne le connaissait bien, il avait combattu à ses côtés jadis. En revanche, il ne savait rien de Braise, sa compagne.

Tout ce qu’il savait c’était ce que Geor, leur ami commun voulait bien en dire. D’après lui dans sa terre natale, les ménestrels chantaient la beauté de Braise de l’orient à l’occident. Dans tout le pays, elle était la fière héritière d'une dynastie royale. Ses cheveux étaient aussi blonds que les blés mûrs de Ranova et retombaient en cascade soyeuses sur son dos souple. Ses vêtements étaient tout ce qu'il y a de plus normal pour une mage flamboyante. Une tunique rouge et grossière resserrée à la taille par une ceinture, un court pantalon de cuir et des bottes souples en daim qui lui arrivaient juste au-dessous des genoux. La poignée d'une dague saillait du revers d'une de ses bottes. Une besace en cuir, et un livre en peau de daim pendaient à sa large ceinture de cuir.

Rose

Allons, venez donc, la seconde manche commence, les convia l’artisane de l’eau.

Deus-Latis

Je viendrais pour la dernière, leur annonça le premier pilier.

Verne

Je connais déjà le vainqueur, s'enorgueillit le porte-foudre.

Larish

Verne de Sif, Verne le solitaire taciturne. Vous correspondez vraiment à ce que l’on raconte de vous Porte-foudre, lui avoua le pilier Protecteur

Verne.

Vraiment ?

Geor

Traiter ce bon vieux Verne de solitaire tient du pléonasme, lâcha vertement Geor. Il est la solitude incarnée. Il est le rocher dans le désert, ironisa-t-il tout en positionnant une carte espion.

Et les rires changèrent de camp, mais le Porte-foudre ne s’en soucia guère et partagea même ce moment. Il y avait dans cette nuit, au sein de cette petite troupe, quelque-chose qui les mettaient sur un pied d’égalité et qui dépassait les chaînes de la naissance et des circonstances.

Deus-Latis

Mais grâce à cela, rajouta le premier pilier, il est capable de résister à tout ce que la nature ou l’homme peut intenter contre lui. Verne mes amis est l’endurance personnifiée. Il est l’intégrité et le courage.

Derrière ce masque d’ironie, ses mots étaient chargés d’une forme de tendresse qui lie deux amis pour la vie.

Deus-Latis

Nos chemins sont liés mon ami, depuis la guerre des Veyders. Depuis lors nos routes sont devenues si différentes et j'ai tout oublié, je suis devenu un autre homme…

Verne

….

Deus-Latis

Il n'y a plus rien entre nous de commun, ni dans le passé, ni dans l'avenir...surtout....surtout dans ton passé, et pourtant nous voici réunis au bout du monde, prêts à affronter les dangers de l'Yggdrasil. Nous qui ne sommes que grain de poussière, nous allons déplacer des montagnes !

Redo

Verne marche sur le long du sentier depuis trop longtemps, marmonna le peintre rouge.

Lafayette

Un sentier, c’est la mémoire que la terre garde des caravaniers, récitait le prêtre sourcier. Plutôt que fait pour marcher, il est fait par les marcheurs. À l’échelle de l’univers, les voyageurs, les caravaniers, aussi puissants soient-ils passent pour grain de poussière. A leur passage se plie l’herbe, leurs foulées s’enfoncent dans la terre, leurs pieds modèlent un passage. Alors soyons fiers car l’infime comme le grain de poussière lui aussi finit par creuser sa marque sur le monde.

Weid

Ainsi parle la sainte. A ce putain de Verne, à notre chef, brailla le pillier fulgurant, déjà bien émêchée sous son armure.

Lumis

Sacrebleu c’est là bonne vérité, ajouta-t-il. Seul un homme s’étant frotté à la fureur inhospitalière de ce monde et de ceux qui y grouillent peut comprendre ce que cela signifie de mener une existence comme celle de Verne.

Rano-hana

Compter que sur soi-même. Sans personne sur qui compter… renchérit à mi-voix l’invoqueuse dont les yeux sous son heaume à plume de bronze se chargeaient de sombres souvenirs. Parfois pourtant c’est bon d’avoir des gens sur qui compter…

L’atmosphère était plus solennelle tout à coup. Verne les observait d’un intérêt soutenu. Ces féroces caravaniers avec leurs vitalité presque primitives et leurs manières franches et droites l’intriguait autant qu’elle le rassurait. Pendant des années, il avait arpenté les routes du monde civilisé ce qui avait quelque peu modifié l’apparence extérieure de cet ancien soldat. Sa nature profonde restait inchangée certes, mais toutes ces années au sein de la civilisation lui avaient amené un vernis de culture, d’éducation et de réserve. Pourtant sous ce vernis brûlait la même nature indomptable que saillaient les hommes et les femmes présents cette nuit, et cela lui plaisait.

Jean

Bah t’as bien raison Rano, lui assura le géomaitre. Les gens cherchent depuis toujours à acquérir du bien matériel en pensant que ça les hissera au-dessus des autres, et ils paniquent à l'idée de rater la moindre occasion de réussite. Mais rater quoi tu vois ? Hoqueta-t-il. Réussir ne consiste pas à acquérir six châteaux, car tu n'en habites jamais qu'un et à l'intérieur, tu n'es que toi-même. Il ne faut pas posséder plus, mais exister mieux moi je dis. Ici je trouve enfin ce que je cherche, ici enfin, j’existe ! Putain ! Aux portes de la mort, Aux portes de la vie, enfin je vais voir ce putain d’arbre bleu ! Et ça, ça fait du bien…

Jeanne

Bon, vous la finissez cette partie, lâcha une femme en armure cramoisie, que je puisse perdre mon pari, ironisa-t-elle.

Larish

Mes chimères vont s'aligner, et la partie est finie.

La troupe retint son souffle, pourtant Geor restait calme. Comme à son habitude.

Geor

Je ne dirais pas cela.

Il ne restait plus qu’une carte à Geor.

Larish

Ne me dis pas que…

Geor

C’est qu’il commence à faire chaud ici, dit-il avec son malicieux sourire.

La carte “Feu mordant” tomba sur le plateau, et la partie était finie. Le vieil ours serrait ses poings à en faire craquer toutes ses articulations.

Geor

C’était une sacré bonne partie Larisch... Larish ? Tu ne vas pas me tuer pour cela, je me trompe. Non tu ne vas pas me tuer.

Larish

Comment peux-tu en être aussi sûr ?

Geor

Et bien le contexte tout d’abord, et puis une telle décision s'accompagne de préliminaires, une mise en condition, un ton de voix.

Larish

Cela pourrait n’être qu’un coup de sang vif, un geste incontrôlé.

Geor

J'ai vu ou plutôt entendu beaucoup de chants de mort au cours de ma vie, et j'en ai raconté un certain nombre tu sais, lâcha-t-il en agitant son livre une fois de plus.

Larish

Si tu commences une de tes histoires, je songerais à quelques préliminaires.

Lys

Alors ? On ne vous entends plus, fit noter la porteuse d’oriflamme.

Geor

Je n'y tiens pas vraiment. J'aime la vie mes amis.

Vandal

Curieux quand on sait où l’on va.

Larish

Moi j’aime la bière, servez-moi donc jeune conteur, et oublions cela, vous avez bien joué.

Deus-Latis qui avait placé sa main instinctivement sur le pommeau de son épée s’était ravisé. Son cœur reprenait ses lentes saccades.

Lumis

Sacrebleu, buvons compagnon, demain nous gravons notre nom dans l’histoire.

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