Chapitre 2 Les grandes portes Partie 1
Des vignes chargées de grappes montaient dans le branchage des pins, lesquels chaperonnaient la route de Verne et ses compagnons. Un champ de roses s'épanouissait sous des platanes alors qu’ils atteignaient le port de Vicovaro. Se trouvant entre deux langues de terre lesquels avançaient dans l’océan, on pouvait voir le sable blanc scintiller, et se mêler à de la poudre de corail, qui parsemait le sentier que foulaient les lourds sabots des chevaux.
La hanse contourna la pointe nord où se trouvait la toute première statue de la sainte Zial. Derrière elle, une muraille à l’aspect d’une forteresse blanche siégeait, impériale.
Jean
C'est ici que Zial est revenue parmi les mortels, ici qu’elle a accompli les premiers miracles, qu’elle a guérit les malades, et puis les catastrophes ont cessé subitement. Nous marchons dans l’histoire les amis.
Lafayette
C’est ici que la sainte proclama que les rares élus seraient capable de pouvoir user de son don et qu’ils devraient servir le bien. C’est ici que les premiers anneaux furent sertis de la sainte magie. Ainsi parlait-elle, dit le vieil homme tout en faisant un geste sacré.
Dépassant la colline artificielle, ils pénétrèrent dans le port à l'orée du matin. Les sentinelles s’activaient déjà à cette heure matinale, Deus-Latis aperçut des groupes en mouvement aux abords de la grande porte, des hommes trapus à l'air résolu, vêtus de brigandines et de casques de fer, grands boucliers et lance à la main.
La hanse trotta le long des grandes galères de guerre, mouillant silencieusement sans être inquiétée. Puis ils débouchèrent sur une place où se balançaient des lisets, au milieu, des cyprès faisait d'un bout à l'autre comme un double colonnade d'obélisques verts. La ville était magnifique et dénotait de ce à quoi étaient habitués les membres de la hanse.
Les cités sont toutes fières de leur passé, qu’elles magnifient dans les monuments et, si possible, dans leur ouvrages, mais aucune cité ne pouvait se targuer d’être à la mesure de la cité libre de Numance. L’éloge de la cité était pour l’essentiel de la population rédigée par les auteurs de premier plan et surtout pour les grandes métropoles. Tout dans la cité sainte fascinait ceux qui s’y rendaient. Les membres de la hanse s’attardèrent un long moment dans les ruelles de la cité, observant les constructions Forks qui souvent venaient s'ajouter aux églises Veyder, plutôt que de détruire la grande église blanche lors de la guerre des couronnes, elle resta intacte selon les endroits. L'histoire a continué son cours mais ce lieu était toujours debout et toujours aussi majestueux, dernière vision du monde des hommes.
A cette heure-ci, s’agitait déjà dans les rues les gens du peuple. Les marchands beuglaient, agitaient leurs marchandises, les ouvriers s'affairaient à leur besogne et les pèlerins présentaient leurs offrandes face aux édifices millénaires. Ceux-ci se firent moins nombreux au fur et à mesure que la caravane avançait. Ils se rapprochaient de la tour de guet, là où Geor savait qu’il avait le plus de chance de trouver l’homme qu’il recherchait. La rue s’élargit, et Verne prit conscience qu’ils arrivaient dans le secteur de la ville réservé aux soldats.
Geor
Mikolaj se trouve par ici, leur apprit le conteur. Je le connais, c'est un ami. Il est par ici. Enfin méfiez-vous c’est un personnage que je qualifierais de haut en couleur.
Quand la hanse mit pied à terre, les occupants du quartier, tous des soldats gardèrent un moment les yeux rivés sur le redoutable médaillon du premier pilier. Verne lui portait son regard vers le sommet de la tour, où le maître des lieux les épiait déjà tel un faucon. C’était un homme imposant, il restait immobile, l'air sombre. Sa cape claquait au vent autour de lui. Un coup d'œil en arrière apprit à Vandal que le portail qui menait jusque-là avait été refermé et que le capitaine de ses hommes, étincelant dans son armure, faisait activer ses troupes. Certains en bas sur le chemin de garde, d'autres restant en hauteur près des meurtrières. Il massait le gros de ses hommes le long de la palissade ouest, au milieu de laquelle se trouvait le portail.
Capitaine Mikolaj
Que faites-vous ici vagabonds ?
Geor
Des pèlerins ! Rectifia Geor. Pas de vulgaires vagabonds, Mikolaj.
Capitaine Mikolaj
Toi un pèlerin ? Il faut être animé d’une âme noble pour entreprendre le pèlerinage. Il y a autant de différence entre toi et un pélerin qu’il n’y en a entre un homme et une femme.
Geor
Allons Mikolaj, tu ne reconnais pas ton ami ?
Mikolaj
Ami ? Mon ami, toi ? Je me souviens de ta dernière visite. Elle m’a laissé un goût amer, lâcha-t-il.
Geor
J’ai avec moi Deus-Latis, le chef de cette Hanse. Nous sommes ici pour passer la grande porte. Allons mon ami, tu laisserais une histoire de petite culotte s'immiscer dans la noble quête de la hanse du grand chevalier Deus.
Le capitaine renifla, l'air sec.
Mikolaj
Des hommes, des femmes, et une païenne lâcha-t-il en éructant un crachat tout en jetant un œil torve à Rano-hanna. Et en arme qui plus est, et dans ma ville ! Je devrais… Je devrais…
Verne se préparait, Lys, Larish et Weid tenaient la poignée de leur épée.
Mikolaj
… Vous offrir à boire ! Vous avez fait longue route.
Geor expira enfin. Il s’essuya le front, et sourit.
Geor
Tu t’es joué de moi !
Mikolaj
Allons faîtes les entrer, ce sont nos invités.

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