2 - Tradition quand tu nous tiens !
Théo se dit que Marie est bien belle dans sa longue robe blanche immaculée.
Elle lui sourit.
Un sourire timide, aussi timide que le sont ses pas dans cette chambre.
Un grand lit les attend.
Comme une promesse de plaisirs délicieux et pourtant l'estomac de Théo se noue.
« Comment réussir son dépucelage » et « comment réussir sa nuit de noces » ! Deux interrogations pour une seule réponse... et il ne l'a pas.
Il aurait vraiment dû aller voir une professionnelle.
C'est un oncle à Marie qui a mis sa maison à disposition pour la nuit de noces.
Il est seul à savoir ou ils sont censés conclure leur première nuit en tant que mari et femme.
Théo a cru comprendre qu'il va guider la troupe, au petit matin, pour la dégustation du traditionnel pot de chambre avec du chocolat !!!
Il se dispenserait bien de la tradition.
Il a un peu de temps devant lui pour arriver à ses fins.
Marie attend debout près du lit.
Théo se dit qu'il serait de bon ton de la prendre dans ses bras et de l'embrasser.
Il se demande si elle l’autorisera à mettre la langue.
Il s'y est déjà essayé au début mais elle l'a repoussé à chaque fois. Elle a même refusé de lui parler pendant trois jours !
C'est dégoûtant lui a-t-elle asséné.
Il a donc abandonné.
Il l'aime.
Il devra la déshabiller aussi sans doute.
Il a oublié de regarder sur Internet s'il y a un protocole.
Il lui faut réussir sa nuit de noces.
La cérémonie a été chouette. Les parents des deux côtés étaient contents.
Les meilleurs des amis étaient là.
La chorale à laquelle appartient Marie a chanté quelques morceaux. Marie a une voix de soprano magnifique et elle a interprété un "Avé Maria" à faire hérisser les poils.
Théo préfère la chanson de variété. Mais il reconnaît que Marie a un bel organe et elle sait s'en servir.
Et lors de rêves érotiques il se surprend à penser que si elle suce aussi bien qu'elle chante, il va être le plus heureux des hommes.
Mais il chasse bien vite ces pensées impures.
Enfin, il les chasse, seulement après s'être masturbé.
Ça dépanne.
Le seul bémol pour Théo a été le moment de la jarretière.
C'est la mère de Marie qui a insisté pour qu'il y ait ce jeu. Pour respecter la tradition qu'elle a dit.
Encore cette putain de tradition.
Théo était contre mais il a dû baisser pavillon.
Donc jarretière il y eut.
Marie l'avait mise autour d'une cuisse sous sa robe.
Et c'est ce salaud de Nicolas qui l'a décrochée.
Théo l'imagine passer ses sales pattes sous la robe de Marie, caresser ses mollets, s'attarder sur ses cuisses, peut-être plus encore.
Il enrage.
Nicolas est jaloux. Il fait partie de la même chorale que Marie et il avait des visées sur elle.
Toujours sans doute.
Marie attend Théo près du lit, et elle se demande si elle doit s 'asseoir.
Elle hésite.
Elle se dit que peut-être c'est à elle de provoquer. Elle doit y mettre du sien.
Depuis le temps qu'elle fait attendre Théo, il ne doit pas savoir ce qu'elle attend de lui.
Elle ne le sait pas elle-même.
Elle a refusé que Théo mette sa langue lors des embrassades... alors un sexe dans le sien.
Une bite dans sa chatte ! Comme disent ses copines.
Elle appréhende.
Pourtant, pourtant.
Tout à l'heure elle a été surprise de la réaction de son corps.
Quand elle a aperçu Nicolas disparaître sous la table pour retirer la jarretière, son appréhension a été forte.
Il y a plusieurs mois de cela, Nicolas avait tenté de la séduire. Il avait même essayé de l'embrasser dans le cou.
Cela manquait totalement de bienséance et Marie l'avait repoussé fermement.
Un goujat. Un coureur de jupons.
Il était bien loin de la cour de bon aloi de Théo.
Elle a senti des mains soulever le bas de sa robe et se glisser dessous.
Elle s'est figée à ce contact.
Sa première réaction a été de serrer les jambes et de les replier sous sa chaise en mettant ses mains en protection.
Et puis elle a pensé que le mieux était de faciliter la tâche de l'intrus.
La tradition... Elle devait s'y plier.
Elle avait mis cette jarretière à sa cuisse car elle ne tenait pas sur le mollet. Ce qui avait été sa première intention.
Naïve Marie.
Elle s'est alors détendue et a laissé les mains chercher autour de ses chevilles puis le long de ses mollets.
La recherche était douce, et pas aussi désagréable qu'elle avait pu imaginer.
Car les mains ont été caressantes et se sont attardées plus que nécessaire.
Marie a pensé qu'elles tâtonnaient pour trouver l'objet convoité.
Naïve Marie.
Il y avait bien un objet convoité par ces mains-là, mais pas celui auquel pensait Marie.
La recherche étant infructueuse, les mains ont osé soulever davantage sa robe pour glisser délicatement sur ses cuisses.
Son corps a alors échappé à son esprit et a tressailli. Pas par un phénomène de rejet, non, au contraire..
Une douce chaleur l'a envahie.
La pure Marie a voulu reprendre le contrôle et se débarrasser rapidement de Nicolas. Et pour aider la tâche de l'explorateur elle a écarté les jambes... en tout bien tout honneur.
Naïve Marie.
Cela a été un signal pour Nicolas. Il a passé carrément la tête et le haut du corps sous la robe et les caresses sont devenues de plus en plus précises.
Heureusement la nappe cachait grandement les explorations de Nicolas.
Marie n'a osé crier devant tout le monde. Elle aurait été la risée de tous, s'est-elle dit.
Les mains étaient tout près du haut de ses cuisses.
Jamais des mains d'homme ne s'étaient aventurées par ici.
Et son corps, malgré elle, s'est alangui. Elle a ressenti des fourmillements dans le bas du ventre.
Une main s'est posée sur son sexe par-dessus la culotte.
Elle a été, un instant sans volonté, sensible à un plaisir inconnu et qu'elle ne maîtrisait pas.
Au contraire, croyant bien faire pour cacher l'impudeur de la situation, elle s'est avancée au bord de sa chaise en s'appuyant sur la table.
Naïve Marie.
Jusqu'à ce qu'une bouche se pose sur son sexe pour un baiser, qu'elle seule a entendu, a ressenti.
Toute à sa honte, elle a repoussé le jouisseur.
Il n'a pas pu ne pas constater son trouble. Il a senti l'humidité de sa culotte.
Et quand Nicolas a jailli de dessous la table la jarretière brandie au bout de son bras, il a regardé Marie et ses yeux luisaient de la joie d'un autre trophée.
Elle espère que personne d'autre n'a remarqué son émoi.
En y repensant, les fourmillements reviennent.
Aime-t-elle Théo.
Oui, sans doute.
Oui, oui.

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