Le Manoir - 9
Contrôle aujourd’hui. Après avoir supervisé mon lavement, et avoir regardé avec un air fermé pendant tout le temps où je me vidais sur la bassine, Thanatos me fait entrer dans son petit cabinet privé de médecin sadique. Il me montre la table du doigt, sans rien dire. J’y monte, habituée à la procédure. J’ai toujours du mal à mettre les pieds sur les étriers : ça me débecquete tellement… Thanatos, en passant, m’attrape les chevilles en serrant méchamment et les met dessus de force, avant de boucler les sangles en cuir sur mes chevilles, mes poignets – liés au-dessus de ma tête, pour laisser libre accès à mes seins – et boucle mon collier sur une espèce de cadenas.
Les examens sont toujours douloureux. Thanatos ne se contente pas d’introduire des doigts brutaux et gantés dans mes orifices : il y insère toutes sortes d’objets, des speculums pervers qui ressemblent à des trucs futuristes, et me pince vicieusement quand je laisse échapper le moindre son témoignant de mon inconfort. Le pire, c’est que je vois bien qu’il ne prend aucun plaisir à tout ça. Ce que son père le force à faire le dégoûte profondément, et il nous le fait payer, à nous, les filles captives ici.
— Depuis combien de temps t’as pas eu tes règles ? demande-t-il froidement en retirant ses instruments.
Je ne sais pas quoi lui répondre. En fait, je n’en ai aucune idée. Je ne les ai pas eues une seule fois, depuis que je suis là. J’ai saigné, mais pas pour cette raison…
— Je t’ai posé un implant contraceptif le premier jour, donc je ne pense pas que tu sois enceinte. Mais je vais tout de même vérifier avec une prise de sang.
Mon Dieu. Enceinte de Hadès… cette seule perspective me fait paniquer. À tel point que je ne sens rien quand Thanatos enfonce son aiguille dans ma veine, sans le moindre ménagement.
La porte s’ouvre à ce moment-là. Hadès, chemise blanche retroussée sur ses avant-bras musculeux. Son fils n’a pas le temps de cacher le flacon qu’il vient de me prélever.
— Pourquoi tu lui fais une prise de sang ? Elle est malade ?
— Elle me paraît un peu carencée. Simple contrôle de routine, Père.
Le monstre s’approche, un sourire presque tendre sur son visage féroce.
— On ne te nourrit pas assez, ma beauté ? murmure-t-il en caressant ma poitrine. Pourtant, j’ai l’impression que tes seins ont grossi. Je me trompe ? Tu peux répondre.
Thanatos me jette un regard : j’y discerne une lueur d’avertissement. Il ne faut surtout pas que son père sache que je n’ai plus mes règles.
— Je ne sais pas, Maître Hadès. La cuisine est bonne.
Et c’est vrai, en plus. Damian m’apporte leurs restes, ce qu’il mange avec son père. Ils ont un cuisinier, et tout. La dernière fois, il y avait même des pâtisseries.
Damian. Son putain de fils…
— Mmh… J’espère que tu ne songes pas à me donner un nouvel héritier, dit-il en déportant sa grande main sur mon ventre, qu’il se met à masser en cercle.
— Oh non, Maître Hadès !
Surtout pas.
— Pourquoi ? Ça te déplairait, de porter le quatrième Kyanos ? Nous sommes les descendants d’Agamemnon, tu sais.
Mais bien sûr. Et moi, je suis la fille cachée du shah d’Iran.
— Je ne crois pas que ce soit ça, Père, intervient fort à propos Thanatos. Je pense que c’est comme elle dit : notre nourriture lui profite, c’est tout.
— Bon. Il faudra songer à lui diminuer un peu ses rations, alors… J’aime les poitrines pulpeuses, mais je veux qu’elle reste mince et svelte, comme une vraie nymphe.
Enfoiré. Mais quel enfoiré. Si je pouvais le tuer, là, sur place…
Sa main est encore descendue, et son index joue négligemment avec mon anneau. C’est terrible à avouer, mais cette sensation n’est plus aussi atroce qu’avant. Ça fait comme des décharges bizarres.
Hadès me regarde attentivement, une lueur libidineuse dans l’œil. Une bosse énorme déforme son pantalon de costard trop serré.
Encore. C’est pas vrai !
Je crois que j’ai jamais vu sa bite au repos. Il a un genre de pompe, ou quoi ?
Après quelques caresses paresseuses, il glisse deux doigts dans mon vagin.
— Elle mouille beaucoup, observe-t-il.
— C’est parce qu’elle est jeune et bien hydratée, commente sombrement Thanatos. Un simple réflexe commandé par le système limbique, comme les ormeaux face au sel.
Le regard noir de son père lui fait baisser la tête. Pourtant, pour une fois, il disait quelque chose d’intelligent.
— Les ormeaux ? Tu compares la chatte douce et chaude de ma perle a un putain de mollusque ?
— Non, non, bien sûr Père, s’empresse de dire Thanatos. Je disais juste que…
— Des fois, je me pose certaines questions te concernant, mon fils. Pousse-toi. Je vais la baiser un peu. Je sens qu’elle a envie… et tu sais qu’il ne faut jamais faire attendre une femme. Je te l’ai appris, ça aussi.
Thanatos s’écarte en silence. Il tourne le dos à la scène, faisant mine de se pencher sur ses instruments. Pendant ce temps-là, son père dégaine sa matraque, et l’enduit de lubrifiant.
— Je vais être gentil avec toi, ma petite perle, commente-t-il en empoignant sa queue. J’ai envie que ça glisse, aujourd’hui.
Ça fait quand même mal. Surtout qu’il soulève mes fesses à deux mains, pour pouvoir mieux me pilonner, aller plus profond. Son gland tape brutalement contre mon cervix, comme pour un tir au but. Ses couilles claquent contre mes fesses, dans un bruit mouillé écœurant.
— Bordel, elle me rend fou, cette biche, grogne-t-il.
Il sort enfin sa queue de ma fente meurtrie et la brandit devant moi, éjaculant en trois jets sporadiques. L’un d’eux retombe sur mon ventre, l’autre, mes seins. Le dernier, enfin, atteint mon visage.
Putain.
— Lèche, m’ordonne Hadès en me présentant sa verge.
Un petit coup de langue sur son gland pour effacer les derniers gouttes, puis une dernier pour nettoyer la substance immonde qu’il m’a collée sur le menton et le côté des lèvres. C’est vraiment le pire des porcs.
Trois petits coups sur la porte mettent fin, je l’espère, à la séance de l’après-midi.
— Ah. Il est enfin là, dit Hadès en finissant de reboutonner son pantalon. Entre, Daimon.
Damian. Je ne l’ai pas revu depuis la soirée. Il n’est pas redescendu au sous-sol, probablement honteux de m’avoir caché qui il était réellement… Le deuxième fils Kyanos. Il entre, le visage sombre, en évitant de me regarder.
— Vous m’avez demandé, Père.
Ce n’est pas une question, mais un simple constat. Limite insolent.
— Et t’en as mis un temps, pour arriver, gronde Hadès. Encore en train de te branler ? Tiens. Voilà Megane. Tu la reconnais ? C’est la fille de l’autre soir, celle qui parle si bien le grec, et que tu avais rencontré la première nuit. J’ai cru comprendre qu’elle te plaisait… vas-y, fais-toi plaisir : je t’autorise à y goûter. Après tout, je ne t’ai pas récompensé, pour la dernière fois.
— Elle ne me plaît pas, répond froidement Damian sans même me regarder. Je trouvais ça juste dommage de gaspiller son talent. Des filles aussi cultivées de nos jours, il n’y en a pas des masses.
Le rire sombre d’Hadès retentit dans la pièce. Quand il rit comme ça, la température chute de deux bons degrés.
— Ouais, t’es comme moi, t’aimes bien les filles un peu mystérieuses et intellos, je sais. Je te connais, Damian : au fond, on est un peu pareils, toi et moi. Allez, mets ta bite dans sa chatte.
— T’es passé avant aussi, elle est toute dilatée… bougonne-t-il.
Sa remarque me fait du mal, presque autant que son « elle ne me plaît pas ». Je tourne la tête, évitant de me regarder.
Il me trouve sale, dégradée. C’est normal. Cela fait des jours, des semaines que son père me viole.
Nouveau ricanement d’Hadès :
— Ta bite va grossir, mon fils. Un jour, elle sera aussi grosse que la mienne, quand tu seras un vrai mâle ! En attendant, fais-toi un peu limer la queue par cette petite pute. Ça fera grossir tes couilles.
Mais Damian est incapable de bouger. Visiblement, il n’arrive pas à bander. Son père finit par s’impatienter. Il grommelle quelque chose en grec.
— Michail, détache là, murmure-t-il.
Thanatos me délivre enfin. Mais je ne sais pas si c’est une bonne chose. Qu’est-ce que ce pervers d’Hadès me réserve ?
— Mets-toi en travers de la table, m’ordonne-t-il, cul bien en l’air comme je t’ai appris. Damian, fous-toi de l’autre côté, et tu lui donnes ta queue flasque. Tu vas te faire pomper pendant que je baise ma petite perle.
Et c’est reparti pour un tour. Sauf que cette fois, Damian est là. Et que sa présence rend l’acte encore plus intolérable.
Pas devant lui. Non.
— Père… tente-t-il.
— Sors ta putain de queue, Damianos ! exige son père, soudain menaçant.
Je ferme les yeux. C’est la seule solution, et Hadès ne me voit pas. Je sens quelque chose de doux et chaud venir se poser avec précaution sur ma lèvre inférieure. J’ouvre la bouche, prête à la recevoir. Elle se pose sur ma langue.
Hadès a déjà commencé son affaire. Il ponctue ses coups de reins de claques sur mes fesses, en alternant. Gauche, droite.
— Avoue que les sans dents sont plus agréables, ricane-t-il. T’as peur qu’elle te morde, hein !
Mais je ne compte pas mordre Damian. Je le lui signifie en ouvrant les yeux, et en le regardant. Il me fixe, les pupilles réduites à une tête d’épingle.
Ces yeux… des abymes voués à la chute, des lacs au calme infini. Bleus, si bleus ! Pendant un instant suspendu, j’oublie où je me trouve. Le manoir cauchemardesque, le Minotaure, la nuit noire, le corps supplicié de Chris. Il n’y a plus que ces yeux.
Damian ouvre ma bouche un peu plus, insistant doucement. Je sens mon corps se tendre vers lui, se relâcher malgré moi. Un élan irrésistible, irrépressible. Je me hais pour cela… mais plus rien ne compte que la douceur de sa chair. Son goût est complètement différent de celui de son père.
— Assez, grogne la voix caverneuse d’Hadès. Je t’ai pas demandé de t’installer… Enlève ta bite, et finis-toi à la main.
Puis, se tournant vers Thanatos :
— Vas-y mon fils. À ton tour. Elle est prête.
Michail n’a pas le choix. Il s’approche, et pénètre ma bouche, froid, brutal. Rien à voir avec Damian.
Il s’agite rapidement dans ma gorge, avec beaucoup plus d’énergie que son frère. Je sens qu’il veut en finir vite. Mais cette fois, son père ne lui dit pas d’arrêter. Il l’observe soigneusement, les sourcils froncés et les bras croisés.
— Mouais… c’est bon. Ça suffit, dit-il au moment même où son fils ferme les yeux, le visage crispé.
Thanatos éjacule discrètement dans un mouchoir. Puis je le vois s’emparer d’une solution qu’il met sur un coton, et se nettoyer avec, le dos tourné.
— Vous êtes de vraies tapettes, tous les deux, les morigène Hadès avec un demi-sourire incrédule. Vraiment, je comprends pas. On vous offre une fille superbe et sexy, soumise et prête à satisfaire vos moindres désirs. Et vous, vous lui donnez votre queue en vous bouchant le nez… c’est quoi, le problème ?
Peut-être tout simplement qu’ils ne sont peut-être des violeurs, ou trouvent les sévices qu’il inflige aux femmes peu excitants ? Qu’ils n’ont pas envie de faire ça devant leur père, aussi ? Mais pour Hadès, tout ça est résolument normal. Ce sont les autres qui ont un problème, pas lui.
— C’est juste qu’on vous respecte trop pour toucher à vos proies, Père, ose courageusement Damian. Cette fille vous appartient, non ?
— C’est vrai. Mais j’ai accepté qu’elle vous suce, exceptionnellement. C’était le moment d’en profiter. Tout jeune mâle normalement constitué serait ravi de pouvoir se faire une nana comme ça ! Moi, à votre âge…
Damian et son frère échangent un regard entre eux, comme tout fils blasés devant la énième leçon paternelle. Je suis contente de ne plus être la cible d’Hadès pendant un court instant, mais je les plains, quelque part.
— Je crois qu’on est juste un peu fatigués, Père, c’est tout, intervient Michail, le médecin de la famille.
— Je crois surtout que vous manquez de virilité. Demain, vous irez chasser en forêt, ça fera monter un peu la testostérone. Je vous laisse pas revenir tant que vous m’avez pas ramené un sanglier, un mâle. Vous me le tuerez au javelot, et à table, vous mangerez sa bite et ses roubignolles, devant moi. Compris ?
Venant de de sa part, plus rien ne m’étonne. Les deux garçons hochent la tête.
— Entendu, Père.
— Reconduisez-là dans sa cellule. Quant à toi… on se voit ce soir, après le dîner, assène le monstre en effleurant ma joue.
— Oui, Maître Hadès, dis-je d’une voix atone.
Damian et Michail m’escortent en bas, silencieux. Je sens que Damian aimerait bien parler, mais il est obligé de garder le silence, à cause de son frère. Mais une fois au sous-sol, il profite du cadenassage de mon collier à la chaîne de la cage pour se pencher vers moi :
— Je descendrai moi aussi cette nuit, murmure-t-il. Attends-moi.
Je lui jette un regard dur.
— Pas la peine, parvins-je à souffler. Je veux pas te voir.
Damian recule, les yeux agrandis, comme si je lui avais mis une claque. Mais il faut qu’il comprenne que maintenant, il n’est plus mon ami.
La voix de son frère vibre, acide, dans l’encadrement de l’escalier.
— Tu viens ?
— J’arrive, répond Damian.
Il me jette un dernier regard douloureux, puis remonte quatre à quatre. La lumière s’éteint, plongeant le sous-sol dans le noir complet.
Je suis seule. Sans le moindre allié.

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