Le Manoir - 13
Son gland énorme presse contre mon anus, puis se fourre en moi, étirant mon sphincter à l’extrême. Un râle rauque, presque animal, sort de ma gorge, oppressée par la ceinture en cuir qu’il a bouclée autour de mon cou, et qu’il tient dans sa main, m’étouffant presque.
Je suis couchée dans le lit d’Hadès, le visage pressé contre l’oreiller trempé de ma propre sueur. C’est la cinquième fois qu’il me prend… je n’en peux plus. Il me pousse aux limites de ce que je peux endurer. Chaque poussée m’arrache un gémissement plaintif, un mélange de suppliques inintelligibles et pathétiques. Et lorsque sa main puissante et calleuse glisse sous mes cuisses, caressant mes lèvres intimes avec un rythme insupportablement lent, mes plaintes se changent en soupirs désespérés, presque des cris. J’essaie de me contenir, mais j’en suis incapable.
Non, pas ça. Tout, sauf ça…
— Tu pensais que j’étais incapable de faire jouir une femme ? murmure-t-il à mon oreille de sa voix sombre et grave. Je vais t’apprendre à aimer ça, Megane. À ne plus pouvoir jouir autrement qu’en satisfaisant ton maître, soumise et toujours disponible, à trouver le plaisir aux portes de la douleur.
Cela sonne comme une malédiction. « Je te condamne à être une morte-vivante, une putain du démon, qui ne trouve de répit à sa soif que dans la damnation éternelle ». Et à l’instar de Lucy Westenra qui se contorsionne sous l’emprise du comte Dracula, je me tords comme un pantin, cherchant frénétiquement le plaisir alors que les doigts d’Hadès s’enfoncent dans ma fente, effectuant des mouvement de va-et-vient qui me rendent folle.
J’abdique, une fois de plus.
— Maître Hadès… ! supplié-je, incapable de me retenir.
Mes hanches bougent toutes seules. Et rien dans ma volonté anéantie ne peut plus empêcher mon corps de s’offrir à lui.
— Tu veux ma queue dans ta petite chatte, ma perle ? susurre-t-il. Demande-le-moi, et j’accèderai peut-être à tes désirs.
— Oui, Maître, s’il vous plaît…
— Supplie-moi de te défoncer la chatte, Megane.
— Maître Hadès, je vous en supplie, défoncez-moi la chatte… soufflé-je, au bord de l’implosion.
J’ai honte, si honte ! Je le hais tellement. Il a tué Chris, me tient captive ici depuis des mois, me fait subir toutes les ignominies possibles et imaginables. Et je le supplie de me violer, putain…
Mais la haine ne fait que décupler les sensations, leur apportant une intensité inédite. De toute façon, je suis à sa merci. Je sais ce qui se passe quand on lui résiste. Il me l’a suffisamment fait comprendre, les premiers mois, lorsqu’il me brutalisait avec le Minotaure. Maintenant, la torture a changé de nature.
Ses mains puissantes attrapent mes hanches et me retournent. Il les passe sous mes genoux, qu’il remonte jusqu’à mes oreilles, m’obligeant à écarter les cuisses au maximum de ce que me permet ma souplesse. J’empoigne la tête de son lit à deux mains, préventivement. Quand il me met comme ça, dans ma cellule, il attache mes poignets aux barreaux. Mais cette fois, il ne le fait pas, et déboucle même la ceinture qu’il avait mise autour de mon cou, en lieu en place du collier de ménade. Je bénéficie d’un traitement de faveur, aujourd’hui.
Dressé sur ses genoux devant moi, il me fait face, essuyant sa verge monstrueuse avec un mouchoir, son regard intense vissé sur moi. J’attends son bon vouloir, les jambes largement écartées, les bras au-dessus de la tête, offerte. Sans me quitter du regard, Hadès crache dans sa main, empoigne son membre veineux et l’astique devant moi. Je sais qu’il vient de me sodomiser, et qu’il devrait mettre une protection. Mais je n’ai aucun moyen de lui dire non. C’est lui qui domine, qui décide. Comme il l’a dit, je ne suis qu’un réceptacle pour sa queue, et il n’est pas rare qu’il la fourre dans ma bouche juste après une sodomie. C’est à Thanatos de me rafistoler après, et de faire en sorte que je ne tombe pas malade.
— Tu es prête, ma poupée ?
Je hoche la tête.
— Oui, Maître Hadès.
Comme si j’allais avoir plus mal là que lorsqu’il me la met entre les fesses… mais oui, en fait. Car il me plaque contre le lit, faisant peser ses hanches sur les miennes, pour mieux s’enfoncer en moi. Sa verge glisse lentement, jusqu’au fond. Je suis en apnée.
— Respire, ordonne-t-il en se retirant, la main sur ma glotte.
Je relâche tout, prend une grande inspiration, dans la mesure de ce qu’il m’autorise à faire. La pénétration suivante me foudroie. Elle est brutale, rapide, et ses doigts se resserrent sur ma gorge comme un étau. Je gémis. Encore.
— C’est ce que tu voulais, sourit-il cruellement, une mèche noire en travers du visage. Que je te défonce. C’est pas ce que tu m’as demandé ?
— Si, Maître Hadès, parvins-je à haleter.
— Bien. Alors, profite.
Il me baise sans pitié, maintenant, et ses mains se referment sur les miennes, les plaquant sur le lit. Il se penche sur mon sein droit et encercle mon téton dressé de sa langue mouillée. Le désir revient comme une vague, et bientôt, je sens mes parois internes se contracter autour de sa bite.
Non. Non, merde !
— Bonne petite putain, murmure-t-il avec un rire sombre, caverneux.
La façon dont il lèche mes seins me rend folle, de rage, d’irritation et de désir. Et je sais ce qui vient après. Ses dents. Ses foutues canines de prédateur. Lorsqu’il me mord vicieusement, j’étouffe mon hurlement en bouffant mon propre bras. Hadès n’aime pas qu’on crie. C’est pour ça qu’il coupe la langue de ses proies. Pour les empêcher de hurler.
Il suce le sang qui coule de mon téton, maintenant. Comme un foutu vampire. Et ses coups de reins se font plus profonds et réguliers. Je ressens une espèce de satisfaction, de soulagement. J’ai l’impression de flotter dans la mer. Sa queue va-et-vient en moi, sans rencontrer la moindre résistance. Mon corps a cédé. Je suis devenue sa chose. Dilatée, écartelée, violée, ébranlée par sa puissance à chaque percussion. Mon esprit s’enfonce dans des ténèbres opaques et ardentes, un abyme dont on ne remonte pas.
Enfin il se retire, me laissant étourdie et affaiblie dans les oreillers, le cul et le vagin en feu. Puis il se penche vers moi, caresse mes cheveux.
— Ma sublime beauté rousse, murmure-t-il. Mon jouet, ma poupée préférée.
Je relève les yeux vers lui, éperdue de reconnaissance. C’est enfin fini. Sur le moment, il n’y a plus que ça qui compte : la satisfaction ultime d’être sa meilleure chienne, bien à l’abri, conviée dans le lit du Maître, un endroit où il me torture un peu moins que d’habitude.
— Maître Hadès…
Il se penche et pose ses lèvres froides sur les miennes. Je me fige, tétanisée. Jamais il ne m’a embrassée. C’est la première fois.
Le pire de tout, c’est le réconfort que j’éprouve au contact de cette étreinte cruelle. Mais je sais aussi qu’une fois de retour au sous-sol, je me haïrais deux fois plus pour avoir été une telle carpette à ses pieds, et avoir pris un tel plaisir dans ce qu’il m’a fait subir.
*
Je repose contre son torse, immobile. Les yeux mi-clos et les traits sombres, il regarde les infos sur l’écran géant accroché au mur en face de son immense lit, sans le son. Soudain, je vois apparaitre mon visage, et celui de Chris.
Disparition de deux étudiants. Bientôt dix mois sans nouvelles.
Je n’ose pas relever les yeux vers Hadès. Est-ce qu’il regarde vraiment la télévision, est-ce qu’il sait ce que je viens de voir ? J’ai envie de lui arracher la télécommande pour savoir ce qu’ils disent. Mais c’est impossible. Finalement, le présentateur passe à autre chose, et il finit par éteindre.
Le regard gris et froid d’Hadès glisse vers moi. J’y distingue une espèce de lueur amusée, mais je ne suis pas sûre. Par précaution, je baisse les yeux immédiatement.
— Je vais te ramener en bas, dit-il enfin. C’est bientôt le matin.
Déjà… je lui jette un coup d’œil rapide, puis baisse à nouveau les paupières.
Un rire sombre secoue sa cage thoracique.
— On dirait que tu as envie de rester ici, observe-t-il.
Je ne sais pas ce qu’il veut entendre, alors je garde le silence.
— Ce n’est pas possible, désolé de te décevoir. Je pourrais sangler ton collier au montant du lit, et ça pourrait même être agréable de mettre ma queue dans ta bouche tout le reste de la nuit, pour la garder bien au chaud… mais je suis ton maître, et tu es ma traînée. Les chiennes doivent connaître leur place, aussi obéissantes soient-elles.
— Oui, Maître Hadès, murmuré-je docilement.
Il se redresse, et me repousse dans le lit, avant de sortir son corps puissant des draps. Je le regarde passer, nu, devant moi, et mes yeux tombent alors sur un cadre photo que je n’avais pas remarqué, sur sa table de nuit. Une femme brune et grave devant le Parthénon, les cheveux très longs, tenant à la main un chapeau de paille. Il y a une phrase au stylo, écrite sur le coin de la photo. En grec. Une citation d’Aristote : « L’amour rend esclave, car on se perd soi-même pour un autre. »
Sa femme. La mère de ses fils. Est-ce que c’est elle, qui a écrit ça ? Ou lui ?
— Dégage de mon lit, ordonne Hadès sèchement. Thanatos va te reconduire en bas.

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