PROLOGUE

2 minutes de lecture

Je suis l’Observatrice des songes.
Celle qui erre depuis des temps immémoriaux dans le royaume onirique, où convergent les rêves de tout ce qui vit et possède une âme.
Dans ce monde sans frontières, je règne en silence, me délectant des songes et des histoires que les êtres m’offrent, comme autant de joyaux éphémères.

Au cœur de l’univers infini, une perle azurée danse dans le velours cosmique.
Une planète d’une beauté rare, une œuvre vivante suspendue parmi les étoiles.
Ses paysages sont des poèmes gravés dans la chair du monde :
– des forêts aux murmures millénaires,
– des canyons peints par le temps,
– des montagnes qui défient le ciel,
– des océans miroitants où le soleil danse sur les vagues.
Chaque désert est un tableau de sable et de vent, chaque prairie une mer de fleurs ondulant sous l’haleine de l’air.
Cette planète, que vous nommez Terre, est un hymne à la diversité, une œuvre d’art en perpétuelle métamorphose.

Puis une espèce fragile y naquit.
Faible dans son corps, mais immense dans ses rêves.
Les premiers humains marchèrent en nomades, guidés par la faim et la peur, mais déjà fascinés par les étoiles qui illuminaient leurs nuits.
C’est dans ces astres lointains que naquirent leurs premiers songes.

Avec le temps, l’humanité s’éleva, façonnant civilisations et empires, agrandissant ses rêves au-delà de la survie.
Elle dompta le ciel, inventa des ailes d’acier pour voler, puis des vaisseaux pour percer les cieux et rejoindre les étoiles elles-mêmes.
Ses rêves devinrent conquête, exploration, promesse d’infini.

Mais à présent, je contemple la décadence de cette civilisation.
Leurs rêves, jadis purs, se sont ternis dans l’avidité.
La Terre s’épuise : les océans s’asphyxient, les forêts tombent, l’air se voile de fumée.
La division et la haine se sont insinuées dans les cœurs.
La solidarité s’est effritée, remplacée par l’indifférence et l’égoïsme.
Le poème de l’humanité s’est déchiré en fragments discordants.

Pourtant… il reste une lueur.
Quelques âmes encore veillent.
Des êtres qui refusent l’abandon et l’oubli, porteurs d’une flamme fragile mais indomptable.
Ils croient en la possibilité d’une renaissance, d’un avenir où l’homme et le rêve marcheraient à nouveau côte à côte.

Moi, l’Observatrice, je puis guider ces âmes.
Semer des éclats de lumière dans leurs songes, leur rappeler la beauté perdue, et souffler dans leurs cœurs la force d’espérer encore.
Car tant que subsiste cette étincelle, la décadence peut céder la place à une renaissance.
Et peut-être, dans le destin d’un seul homme, verra-t-on s’écrire la poésie d’un monde nouveau.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Jérémy Chapi ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0