Chapitre 18 - Une balade dominicale

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— Markus Keller ? Je m'en méfie.

Claire et Vittoria marchaient lentement sur la courte allée dell' Archeologia, au coeur des jardins du Vatican. Le dimanche, l'endroit était peu fréquenté, calme et propice aux discussions paisibles. Ici, le vacarme de la capitale n'arrivait que par bribes essoufflées. Un vol de moineaux passa en piaillant et quelques canards colvert descendirent des cieux dans la direction de la fontaine dell'Aquilone.

La première semaine de Claire au Sodalitium Radix Fluxus s'était plutôt bien déroulée. Elle avait parfaitement intégré son travail et s'était même habituée à parcourir cet escalier en colimaçon. L'atmosphère du Centre était comme une prolongation naturelle de son paradigme. Comme si la vie lui déroulait un tapis rouge comfortable et moelleux d'où l'inattendu et l'inconnu étaient exclus. Enfin, en terme de travail. Parce que pour le reste, le Centre et les tonahuacs n'avaient rien d'attendu et de connu. C'était même l'inverse.

Cependant, ces extravagances n'intéressaient pas Claire qui, pragmatique et dénuée d'imagination, se bornait à abattre son lot quotidien de rapports. Répondant à sa demande, le Superviseur Maeron lui avait procuré un glossaire - trois feuilles polycopiées, pliées en deux et agraffées - qui l'avait bien aidé à corriger son orthographe. Les mots y étaient repris en deux colonnes et sans explications, des mots incompréhensibles pour Claire comme aënka, cepan, ishak, kelishk, sylthar ou yulmeren. Et puis quelques-uns dont elle pouvait comprendre la signification tels que thra, cette énergie naturelle, nalhun, les ordinaires et tonahuac, celui qui manipule le thra. Le dernier en date qu'elle avait compris était ishkals, les pouvoirs des tonahuacs ; en d'autres termes, les sorts de ces magiciens.

Et dans ce lieu hors du monde, dont l'architecture calquait celle de la religion chrétienne - un fait notable qu'elle n'avait pas encore exploré - Claire évoluait avec d'autres nalhuns : Paolo Ferretti, un italien trentenaire primesautier et aussi agréable qu'une bonne blague, qui admirait la sagesse des tonahuacs. Et Keller. Markus Keller, suisse-allemand, le papi rondouillard passe-partout que l'on croisait toujours la clope au bec.

— Ah bon ? Pourtant il n'a pas l'air méchant.
— L'habit ne fait pas le moine, Clara mia. Il paraît que Keller était un nazi. Je ne vois pas pourquoi le Centre à engagé un type avec des idées aussi pourries. Mais bon, après tout, qui sommes-nous pour donner des leçons ? Hein ?... dit Vitoria en affermissant son bras sur celui de Claire.

Les jeunes femmes étaient arrivées sur le petit carrefour formé par la via dell'Aquilone, la rampa dell'Acheologica et la Viale del Giardino Quadrato. Elle bifurquèrent sur leur gauche, en direction de la fontaine.

— Keller un nazi. Tu es sûr de ça ?
— C'est ce qu'on dit. Tu sais, même si l'Italie et l'Allemagne considèrent désormais le nazisme comme un mal absolu rejeté publiquement, les nazis de la première heure, leurs rejetons et les fanatiques sont partout. Des familles sont encore déchirées par ces idées.
— Nice était en zone libre. Je suis née là-bas juste après la guerre et mes parents ne parlent jamais de cette période. Tu penses à ta propre famille ?
— Non, là-dessus, c'est limpide : nous sommes farouchement opposée au nazisme. En fait, c'est aussi et surtout parce que Valleska est isloée dans les montagnes, que ces idées ne nous ont pas envahit. On vit tellement loin des affaires du monde.
— Peut-être mais les idées n'ont pas de frontières.
— C'est juste. Ecoute, je suis née en 1937, en pleine apogée du nazisme en Allemagne. Mais on ne parlait pas de tout cela à la maison. Mais maintenant que j'y pense, il y a eut ce procès ; je devais avoir cinq ou six ans. L'un des nôtres était devenu un officier nazi très influent et il avait commis des atrocités en France en utilisant le thra. Il avait brisé le Serment du Nân et s'essuyait les pieds sur nos principes de vie. Il a été jugé et banni de Valleska et de toute structure tonahuac.
— Le serment de quoi as-tu dis ?
— Le serment du Nân. C'est une promesse que l'on fait à l'entrée de l'âge adulte. Ce serment nous engage à demander le consentement explicite d'autrui pour accéder à ses pensées intimes, à ses émotions ou à son ishkalûn, l'esprit profond. Briser ce serment est un crime sacré et impardonable.
— Ah bon, et y'a quoi de mauvais à entrer dans l'isscaloun ?
— Ish-kalûn, pas isscaloun. Et bien, imagine que quelqu'un puisse savoir ce que tu penses vraiment ; qu'il puisse contrôler tes émotions ; imagine que tes sentiments soient connus, étalés, disséqués. Tu es amoureuse, Claire ?
La jeune fille recula en s'entulipant.
— Mais, non ! Et puis, ça ne te regarde pas !
— Exactement, cela ne me regarde pas. Tu comprends maintenant ? conclut Vittoria.

Claire comprenait. Elle frissonna à l'idée qu'on eut découvert ses pensées intimes. Déjà qu'elle-même n'était pas toujours certaines de l'exacitude de celles-ci ; que dans beaucoup de domaines, elle était encore proche de l'enfance, comme l'amour par exemple, ou la sexualité. Ces territoires relevaient encore du phantasme et de choses d'adultes.
— Et toi ? demanda Claire en regardant Vittoria par-dessous.
— Hm... fit la jeune femme en relevant la tête.
Elle se contentat de lever sa main gauche à hauteur. A son annuaire trônait un petit trésor : une bague de fiançaille.
— Tu es fiançée ?... Tu es fiancée !
Vittoria, très fière, opina du chef avec un large sourire.
— Si tu ne l'avais pas encore remarquée, c'est normal... c'est tout, tout récent.
Claire prit délicatement la main de son amie pour mieux détailler l'objet précieux : deux diamants ronds épaulaient avec grâce un saphir vert.
— Elle est magnifique. Et c'est qui ? Je le connais ?
— Ca m'étonnerait, il travaille à Valleska. Il s'appelle Kaël. Kaël Dravon, il est dans l'administration de la ville, pour la Haut Conseil.
— Comment est-il ?
Vittoria sauta sur ses pieds, dépoussièra sa tenue. Claire fit de même par mimétisme. Elles commençèrent à marcher.
— Beau, grand, le front large...
— Et bien... commença Claire.
— Pas du tout, je rigole. Kaël est atrocement banal. Il n'est pas plus grand que moi et son embonpoint me tracasse. Que veux-tu, il adore cuisiner. Chaque fois que je reviens de Valleska, je dois m'astreindre à un régime sec, sans quoi, cette taille de guêpe disparaîtrait.
— Et tu dis que c'est récent ?
— Hier soir, pendant un restaurant en amoureux. Je n'avais rien vu venir. Il a été très sobre, très simple... Et j'ai dis oui.
— Comme c'est romantique... puis après un court silence. Vittoria, parles-moi de toi, de ta famille, de ta jeunesse. Tu étais comment, petite ?
— Version courte ou longue ?
— Longue, on a le temps.
— Alors, je suis née à Valleska, dans la ferme de mes parents. On est du clan du Cerf, ça veut dire que chez nous, tient plus du village que de la maison unifamiliale. Je me rappelle qu'il y avait toujours quelqu'un, une viste, des sourires. La ferme est énorme parce qu'elle regroupe quelques familles. Elle s’étire sur plusieurs niveaux sur et dans la montagne, suivant les lignes naturelles des pentes comme un animal au repos. Les bâtiments ne sont pas visibles imméditaement, ce sont des volumes ouverts, reliés entre eux par des passerelles de bois clair et de la pierre vivante, capables de se dilater ou de se refermer selon les saisons.
— De la pierre vivante ?!
— Ben oui, quoi ?... Je t'en montrerai à l'occasion. Le cœur de la ferme, la place du micro-village si tu veux, est une grande salle circulaire creusée dans la roche, dont la voûte est parcourue de nervures lumineuses rappelant les bois d’un cerf. Là, le soir, les anciens enseignent l’écoute du vivant, l’observation patiente des cycles des animaux et de la nature, l’art de reconnaître le moment juste. Les terrasses agricoles sont vastes et ouvertes, volontairement exposées au vent et à la lumière.
— Et vous mangez quoi alors ?
— Bah de tout, comme ici à Rome : des céréales, de la viande, des légumes. Il y a aussi un potager de plantes médicinales liées à la régénération et à l’endurance. Les serres de glace sont plus rares : le Clan du Cerf préfére composer avec les saisons plutôt que de les imposer. Comme tu vois, j'ai grandi dans un monde de rites anciens, d’us et de coutumes tonahuacs assez éloignés du monde romain d'aujourd'hui. Chez les Romano, on ne parle pas de vocation : on rend service. Cela va de soi.
— Ce n'était pas une vie trop dure pour toi : une ferme perchée sur une montagne, éloignée de la civilisation ?
Clara mia, c'est le paradis ! Rome à côté, c'est... la course, l'excès, la démesure, c'est la folie ! Ecoute, je me souviens du matin avant l’aube, quand la ferme était encore immobile. La pierre était tiède sous mes pieds nus, et l’air sentait la résine et le lait chaud. Les bêtes étaient déjà éveillées, paisibles, et je savais reconnaître chacune à son souffle avant même de la voir. Mon père disait que le Cerf nous regardait alors, quelque part entre la forêt et le ciel. L’hiver, la neige effaçait les chemins, mais jamais la ferme ne semblait perdue. Elle était là, comme un refuge ancien, toujours à la bonne place. L’été, nous dormions les fenêtres ouvertes, bercés par le vent et les clochettes lointaines. Je croyais que le monde entier vivait ainsi. Longtemps, je n’ai pas compris que ce n’était qu’un privilège.
— Et la ferme existe toujours ?
— Bien sûr ! Mes parents y sont toujours. C'est Silven, mon frère aîné, qui est destiné à reprendre l’affaire familiale. Célia, ma sœur cadette, a choisi une autre voie. Elle est déjà mariée à un tonahuac du bâtiment, un homme de chantiers et de structures, prolongeant à sa manière cette lignée de bâtisseurs du quotidien.
— Et tu as fait tes études à Rome ou là-bas ?
— Tous les valleskis vont à l'école tonahuacs de Valleska, c'est comme ça, on ne choisis pas.
— Comment ça... on vous l'impose ?
— Oui et c'est bien logique. Tu imagines lâcher des magiciens sur le monde. Des personnes incapables de maîtriser, de contrôler leurs pouvoirs ?
Claire baissa la tête et tenta d'imaginer la chose.
— Oui, en effet, ce n'est pas recommandé.
— Ben oui, et on a des millénaires d'avance sur vous ! En Europe, l'éducation n'est obligatoire que depuis quoi... un siècle.
— Et c'est comment l'école ?
— C'est comme le sytème français : collège, lycée puis université pour ceux qui le désirent. Après le lycée, j'ai suivi un master en Energokinésie, le contrôle des flux d'énergie, parce que mon rêve était de rejoindre le Sodalitium Radix Fluxus, le Centre. Je voulait me rendre utile autrement que mes parents. Je voulais relever un défi, bosser là où les lignes sont fines, les équilibres fragiles, là où l’erreur coûte cher !
— Tu es un peu la brebis galleuse de la famille, dit Claire avec un petit sourire.
— Mm... Comparée à ma fratrie, je suis celle qui n’est pas encore installée. Pas mariée. Pas fixée. Mais maintenant, il y a mon fiançé, mon amour : Kaël Dravon. Et c'est pire encore !
— Pire ?... mais pourquoi pire ? c'est merveilleux !
— Il travaille à Valleska et moi ici, à Rome : l’un des deux devra plier. Soit il trouve un poste auprès de l’ambassade tonahuac à Rome, soit je rentre à Valleska et consacre mon existence à élever des enfants.

Vittoria n’ignorait pas son propre désir ; elle aimerait profondément devenir mère. Mais son travail la passionnait. A ses yeux, le Centre était plus qu'un emploi ou qu'une source de revenu dans le monde des nalhuns, c'était un engagement. Et à l’approche du mariage prévu dans un an, ce choix - qu’elle n'avait pas encore évoqué avec Kaël - était chaque jour un peu plus lourd à porter. Vittoria portait haut le sens des responsabilités et du sacrifice pour le bien commun. Cela coulait dans les veines des Romano. Les grands-parents, puis les parents, nourrissaient. Une tante cousait, créait, habillait. Sa sœur avait choisi un bâtisseur. Un oncle, plus martial, avait rejoint une unité combattante lors de la dernière guerre. Chacun, à sa place, rendait service.
— Assez parlé de moi ! trancha-t-elle abruptement. Il est bientôt seize heures, j'ai un petit creux. Ca te dis une crème glacée ?

Et les deux amies partirent d'un bon pas sur la via dell'Aquilone en direction du Cortile. Elle saluèrent le planton de la porte Sant'Anna et débouchèrent aux abords de la place Saint-Pierre. Elles avisèrent un groupe de touristes aglutinés autour d'un marchand de glaces. Après une courte attente, les jeunes femmes et leurs glaces s'engouffrèrent à l'ombre des colonnades du Bernin. Les parfums des glaces, la douceur de la fin d'après-midi, les centaines de pigeons, les autocars de touristes, Claire connaissait tout cela par coeur. Mais aujourd'hui, elle percevait les choses autrement. Plus intimement ; comme débarrassées d'un voile. Elle avait du mal à concevoir que seulement une semaine s'était écoulée depuis son entrée au Sodalitium Radix Fluxus. Elle y avait apprit tellement de choses et croisé autant des personnes exceptionnelles qu'une Claire nouvelle naissait sous ses yeux. Elle se sentait plus grande, plus forte et déterminée. Devant elle, Vittoria dégustait sa glace en petites prises du bouts des lèvres. La jeune femme rayonnait. Lorsqu'elle passait dans le soleil, un léger voile scintillant illuminait ses contours.
— Ton amoureux est à Rome, alors ?
Vittoria dansait.
— Il a dû repartir ce matin.
Elle se pencha à l'oreille de Claire et murmura :
— Avant son départ, je l’ai aimé de telle façon qu’il ne supportera longtemps mon absence.
Claire compris l'allusion de l'amante et n'en rougit pas. Ca aussi, c'était nouveau. Elle s'arrêta. Une idée lui traversa l'esprit qui n'avait, apparamment, rien de commun avec l'amour.
— Vittoria, au Centre, c'est quoi cette façon que vous avez de vous regarder sans rien dire ? On dirait de mauvais mimes.
Vittoria se tourna vers Claire en fronçant les sourcils, toujours dégustant sa glace.
— Mais oui, continua la jeune fille. Je te l'avais déjà demandé, le premier jour, lundi passé, je m'en souviens très bien. Tu ne m'as jamais répondu.
— Je ne me rappelle pas, mais c'est pas grave. Dis-moi...
— Je suis plantée à côté de vous, avec mon carnet et mon stylo, je prends des notes et puis tout d'un coup, vous vous bloquez... comme ça...
Claire se figea dans une mimique comique.
— Ca vous prend quelques secondes, puis vous continuez comme si de rien n'était. Franchement, on dirait des schizos qui écoutent leurs voix intérieures !
Vittoria rit de bon coeur.
— D'accord, je comprend. Tu ne crois pas si bien dire, avec les voix intérieures. C'est le zha.
— Le ça ?
— le zha, Z-H-A. De la télépathie à courte distance. Il ne faut pas nous en vouloir, c'est une seconde nature chez nous ; on apprend le zha avant le langage. C'est pour ça que tout te semble si calme au Centre, mais dans nos têtes, c'est parfois la fête foraine.
— Vous êtes télépathes en plus ?
— Oui, bah, et alors ? C'est pas non plus si exceptionnel.

Claire n'en revenait pas de cette révélation. Des télépathes. Non, décidément c'était trop. Soit Vittoria la menait en bateau et toute cette histoire de Centre n'était qu'une gigantesque blague. Soit... soit tout était vrai. Elle se rappella la phrase célèbre de Sherlock Holmes : quand tu as éliminé l'impossible, ce qui reste, aussi improbable soit-il, doit être la vérité. Si le Centre était une vaste blague, à qui était-elle destinée ? à elle, Claire Delorme ?... une jeune fille insignifiante issue d'une famille de fonctionnaires français ?... Impossible. Donc, ces magiciens télépathes, aussi improbables étaient-ils, devaient être la vérité. Elle décida de la jouer cash avec Vittoria. Claire la dépassa et se planta devant la jeune femme. Quelques touristes nonchalants les croisèrent en les ignorant.
— Prouves-le ! la défia-t-elle.
— Pardon ? s'étonna Vittoria.
— Prouves-moi que tu es une télépathe. Parles-moi... mentalement. Fais ton truc, là. Vas-y.
— Très bien. Je te prends au mot.
Elles jettèrent leurs pots vides dans une poubelle publique. Elles se firent face, les poings sur les hanches. Un duel amical commençait à l'ombre des piliers de pierre polie. Vittoria s'assura que personnes ne pu les entendre, puis elle dit à voix haute :
— Claire Delorme, me donnez-vous la permission d'entrer dans tharazil, le premier niveau de votre esprit, celui des pensées humaines, quotidiennes et sociales ?
Claire eut un petit geste d'incompréhension. Vittoria sourit en penchant le buste.
— Tu es censée dire oui, murmura-t-elle. Puis en se reculant : si tu n'accepte pas, je ne pourrai pas te parler en zha. En acceptant, te relève inconssciemment ton bouclier mental.
— D'accord, j'ai compris. Claire se redressa. Oui, Vittoria Romano, je vous donne la permission.
Coucou, Clara mia ! La voix de Vittoria était dans la tête de Claire. Exactement comme si elle avait des écouteurs sur les oreilles. Instinctivement, Claire plaqua ses mains sur ses oreilles. Les sons environnants s'atténuèrent.
Et voilà, c'est tout, dit Vittoria en hausant les épaules. L'embêtant, c'est que tu ne pourras pas me répondre. Pas tout de suite en tout cas.
Claire n'avait pas bougé.
— C'est toi qui... tu me parles vraiment, là ?… dit-elle dans un souffle.
Vittoria la regarda avec une moue, sans ouvrir la bouche.
Non, Jeanne d'arc... c'est Sainte-Maguerite !

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