35 - Deux cent mille thras

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Le crachin avait laissé la place à un brouillard glauque.

Le car scolaire déposa les gamins Verhaagen à 16h25. Ils remontèrent la longue allée et se plantèrent devant la porte.
D'habitude, leur mère l'ouvrait en grand avant même qu'ils atteignent le paillasson. Ils se regardèrent, vaguement étonnés.
— Qu'est-ce qu'elle fait, maman ? fit le garçon dans ce néerlandais bruxellois.
Sa soeur eut un bref sursaut des épaules et lui répondit avec le même accent.
— Comment tu veux que je le sache, benêt !
Elle appuya sur la sonnette.

Le bruit du carillon les réveilla en sursaut.

Fin de matinée, après avoir écluser quelques bières trouvée dans le cellier, Christine s'était couchée à côté de Pierre et s'était rapidement endormie.
Vincent, de son côté, avait fait une toilette rapide. Rafraîchis, les idées plus claires, il avait avisé une chemise de monsieur — un peu trop large… monsieur devait avoir du bide.
Honnête homme, se pensait-il, il avait déposé un billet de vingt francs français sur la table de nuit. Une compensation humble, voire ridicule, mais suffisante pour lui acheter une conscience.

De retour dans la cuisine, il avait étudié ses notes pendant une heure puis, rompu de fatigue, il s'était assoupi dans un fauteuil, à côté du couple.

Jetés hors de leur sommeil, ils se regardaient comme des cons.

— On a sonné ? fit Pierre.
— Ou… oui, je penses, répondit Vincent (il consulta sa montre). Quatre heure et demi.
— Je vais voir, dit Christine en se levant.

Christine se précipita vers le hall d'entrée et fit un cran dans la porte.
Un gamin poupon, rond et rose comme un porcelet. Une gamine un peu plus grande, cernée par deux longues tresse brunes. Dorothy, tout droit sortie du Magicien d'Oz.
Les enfants ne bronchèrent pas à la vue de cette inconnue.
— Qui êtes vous ? lança le garçon d'un ton neutre.
Merde, les gamins de la maison. Sans se démonter, Christine réajusta sa tenue et testa son haleine : parfum fond de bouteille. Charmant. Elle ouvrit la porte dans un grand sourire.
— Entrez, entrez… heu… kom… à l'intérieur (puis en zha à Doutrelepont ) Les gamins. C'est bon, ne bouge pas, je m'en occupe.
Lors que les enfants passaient l'huis, frottaient leur chaussures au paillasson et déposaient leurs affaires au porte-manteau, Christine s'assura qu'aucun regard indiscret de les vit. Personne en vue. Le retrait de la maison à une bonne centaine de mètres de la chaussée leur assurait une relative tranquilité. Doutrelepont était une brute, mais une brute intelligente. Les pires… ou les meilleurs. Question de point de vue.

— Maman, héla la gamine à travers la maison, c'est qui la dame ?

Christine ferma la porte, se retourna sur les enfants en s'adossant à l'huis.
Elle nota que la porte entrouverte vers le salon laissait voir les pieds de la maîtresse de maison affallée dans le sofa. Quelques pas et les monstres allaient découvrir leur mère inerte.

Torturer les esprits ne la dérangeait pas, tout comme baffer ces bourgeois en herbe, mais elle avait en horreur les cris plaintifs et suraigus des gamins quand ils ont peur ou mal. S'ils franchissaient le passage, ils tomberaient aussitôt sur Doutrelepont qui n'hésiterait pas un instant à dégainer ses paluches, déclanchant une insuporatble avalanche sonore.

Bon, elle ne pouvait agir que sur l'un d'eux à la fois. Dorothy, elle semblait plus âgée et dégourdie que l'autre. Une fois celle-là neutralisée, le gamin tout rose serait du gâteau.

Tentative de pénétrer l'esprit, son bouclier mental prenait l'aspect d'une redoutable haie épineuse… pleine de trous. Christine s'y engouffra sans peine.

Elle se retrouva dans le salon d'une maison de poupée grandeur nature. Chaque événement de cette journée était posé sur une table basse : un jeu de marelle, un livre de mathématique, des copines qui rient sous cape. Un couloir menait vers un chemin d'or brillant, comme la route du magicien d'Oz. Sans doute la promesse d'un avenir radieux.

Elle croisa l'idée du père, un grand nounours distrait qui s'excusa en la bousculant. Puis une colossale poupée Barbie déglinguée, aux yeux immenses lui dévorant le haut du visage. Un petit cochon tout rose déboula d'un coin et faillit la renverser… le petit frère.

Christine trouva Dorothy dans une petite pièce à l'écart. Une sorte de boudoir de princesse, garnit de coussin soyeux et de voils diaphanes. La gamine en occupait le centre tel un astre solaire et, orbitant autour d'elle en de lents cercles, des gestes non faits, des phrases non dites, des regards manqués. Un maelstrom de doutes et d'hésitations.

Christine ouvrit les bras et un flot de boue noire se répendit, noyant les jolis coussins, arrachant les voils, paralysant Dorothy.

La gamine se figea, ses épaules s'affalèrent et son menton tomba sur sa poitrine.
A ses côtés, porcelet eut un geste de recul. Il regarda Christine. Le sourire figé, carnivore, de la jeune femme le glaça. Ses cauchemars n'auraient plus jamais qu'une saveure : le goût acide et rance de la peur.

Il amorça un geste de recul, dégagea sa gorge pour crier mais rien ne sortit. Christine était déjà installée dans son petit univers. Elle était entrée dans son esprit comme on se jette à pieds joints dans un flaque.

Le réel arrivait dans l'esprit du gamin sous la forme de matériaux : un clou rouillé tapait la causette avec des billes, un avion déglingué et malfoutu glissait lentement dans un ciel de bande dessinée, une phrase d'adulte incomprise passa en cahotant à la manière d'un vieux tacot. Au loin, une chaise se transforma en un poste de pilotage. Ailleurs, une règle artithmétique amorça une courbe d'obus.

Le tharazil de porcelet n'était pas rempli d'histoires, il lançait des opérations. Il livrait une guerre permanente sans une once de tragédie mais toujours stratégique. Le gamin commandait son esprit sans gloire car son but n’était pas de gagner mais de jouer sérieusement. Chaque victoire était courte, chaque défaite appelait une revanche rapide. Le monde devait rester ouvert, comme un après-midi qui ne finit pas, comme un vol d'hirondelles un soir d'été.

Le terrain vague du gamin fut engloutit par le déluge de boue noire de Christine. Ses épaules s'affaissèrent et son menton tomba sur sa poitrine.

Toute cette histoire n'avait pris que vingt secondes. Christine poussa les enfants et ils entrèrent dans le salon.
Prévenu en zha par Christine, Doutrelepont n'avait pas pris la peine de se lever et ce con n'avait pas prévenu Vincent.
Il les acceuillit avec un sourire stupide :
— Bonjour les enfants… (il regarda Christine qui lui souriait)… nous… heuu… je suis Vincent, l'ami de… heu, madame (il montra Christine)… et heuu…

Les enfants, la tête toujours baissée, le regardaient par le bas, les yeux vides. Nerveux, Vincent passait d'une jambe à l'autre. Il jetta un oeil à Christine qui peinait à ne pas éclater de rire, et perçu la farce. Il se retourna sur un Doutrelepont souriant, chose rarissime chez le colosse.
— Qu'est-ce que tu leur à fait ? demanda-t-il à Christine.
Elle poussa les enfants dans le divan, à côté de leur mère.

— Pareil qu'aux vieux de ce matin, à Bruges. C'est rien de bien méchant, rassure-toi. Au moins ils nous fouteront la paix.

Vincent s'accroupis devant eux.
— Pauvres gosses… (et plus fort à l'adresse de Christine qui quittait la pièce). Ils garderont des séquelles ?

— Mais non ! fit-elle sans même se retourner.

— Bon… Dutilleul, commença le Fagnard, toujours vautré dans le divan, tu arrêtes de chialer et tu retournes à ton diapason ! On a déjà perdu une après-midi et ça suffit !

Sans demander son reste, le petit franças plia devant l'ordre à peine voilé.

Un peu plus tard, ce fut au tour du père Verhaagen d'être alpagué et neutralisé par les pouvoirs de Christine. Il rejoignit docilement le reste de la famille prostré dans le sofa.

Comme à son habitude lorsqu'il skattait une maison, le fagnard chercha les objets qu'il n'aurait jamais. Des objets technologiques, comme on les appellait. La guerre avait tout changé. Le monde avait basculé dans autre chose. Dans une existence où la main de l'homme était remplacée par celle de la machine.
Il trouva ce qu'il cherchait dans le bahut : un poste de télévision.
Après quelques hésitations, il réussit à faire fonctionner la télé dont le tube cathodique pris une bonne minute de préchauffage. Une image en noir et blanc fut projettée sur l'écran.

L'émission "Hier spreekt men Nederlands". Un bonhomme assis dans un fauteil, les doigts croisés, cause néerlandais en souriant. On passe à des couples d'individus devisants dans cet idiome qui déchire la gorge et roule les r.

Au hasard, Doutrelepont actionna un gros bouton rotatif. Les individus se déformèrent, le son grésilla et une nouvelle image apparut. Arlette Vincent et Paul Galant causent animaux dans une toute nouvelle émission, "Le Jardin Extraordinaire", où des gens défilent avec des animaux exotiques.

Pendant ce temps, dans la cuisine, Dutilleul avait achevé son étude en vue du chargement en thra du diapason. Il tendit une feuille manuscrite à Christine qui contenait le mantra à prononcer pour délencher l'ishkal Captation. C'était un ishkal de Tsi 2, trop élevé pour elle, mais si lui et Doutrelepont se plaçaient en support, elle pourrait atteindre le niveau demandé.
— Mais votre thralhun est bridé. Vous n'y arriverez pas, gémit-elle.
— Si, si. Alors… se sera sans doute très fatiguant pour nous, mais d'après mes calculs, c'est tout à fait réalisable.
Christine s'ouvrit une nouvelle Cristal Alken, le celier en contenait une pleine caisse, et lui en proposa une qu'il accepta.
— Ca marche, dit-elle. Trinquons à ton diapason.
Les chopines tintèrent. Il but quelques gorgée, elle aphona.
— Sacré descente !
— J'avais soif, fit-elle, suivit d'un rot retentissant. La petite soeur ?
Elle tira deux nouvelles chopines de la caisse et en proposa à Dutilleul. Il lui montra celle, à peine entaméee, qu'il tenait en main. Elle décapsula sa nouvelle chopine et but quelques gorgées. Il consulta sa montre - 19h53 - et appella Doutrelepont.

Le fagnard arriva, empoigna la bière que lui tendait Christine et s'appuya contre le plan de travail de la cuisine. Vincent lui fit le résumé de sa trouvaille.

— Voilà le topo, commença Vincent. Pour que tout soit bien, que le diapason soit suffisamment rechargé, et surtout que… l'expérience ne nous vide pas complètement de tout notre thra, il faudra plusieurs scéances.
— Combien ? demanda Pierre.
— Si je déduis d'après les notes (il posa les doigts sur un carnet de son aïeul), entre cinq et six.
— D'accord, et ta séance, elle dure combien de temps ? fit-il en éclusant quelques gorgées.

Dutilleul eut un petit balancement de la tête, le regard dans le vague, il réfléchit quelques secondes. Il prit une grande inspiration sonore.

— Une heure, une heure et demi.
— Parfait, cinq fois une heure et demi… c'est l'affaire d'une petite journée. Donc demain soir, à la même heure… je retrouverai enfin mes pouvoirs…
Il sourit à pleine dents. Christine lui répondit par un même grand sourire. Elle lui tendit sa bouteille et ils trinquèrent avant de boir de grandes lampées.

Dutilleul leva la main à la façon d'un écolier.
— Heuu… excusez-moi, mais… c'est pas tout à fait ça. Enfin si, mais ce sera plus long… Bref, je me suis mal expliqué.
— C'est-à-dire ? grogna le Fagnard.

— Le thra… Nous en avons chacun une ressource limitée. Pour toi, Christine, c'est dix kilothra et pour nous normallement… enfin, je veux dire sans le bridage, c'est un mégathra.

Christine s'adressa à Pierre en pouffant. L'alcool la rendait molle et indolente.

— Ha… Il me rappelle le vieux Marchot de la Terre Noire. Le prof de math, là… 'cui qui nous expliquait les niveaux de Tsi… Tu t'souviens ?
Le Fagnard la regarda sans un mot, il voyait nettement l'homme qu'elle évoquait.
Alors jeune prof tonahuac dans les Hautes-Fagnes, Roger Marchot fut un repère, un père de substitution pour le jeune Doutrelepont. Jalon précieux du temps béni de son adolescence, brillant comme une étoile au panthéon des souvenirs d'une vie.
Ses plus belles années.
— Un binoclard, collier de barbe, le poil noir. Dur mais juste. Parfois un peu chiant…
— Ouiii, c'est lui, fit Christine. Tu l'as eus aussi comme prof au clan ?
— Je l'ai connu jeune, tu l'as sans doute connu un peu plus vieux et aigris.
— Oh, je l'aimais bien… m'sieur Marchot.

Doutrelepont revint à Dutilleul et d'un signe de bouteille lui commanda de continuer.
— Oui, bref… Alors, vu nos Tsi de niveau 2, d'après les notes de van der Swael, le diapason à besoin d'un paquet d'énergie équivalent à environ vingt pourcent de nos capacité maximales…
— J'ai pas envie de calculer, ça fait combien ?
— Deux cents kilothras.
— Hein ?!… Tant que ça ? s'exclama Doutrelepont.

Christine se redressa, soudainement dégrisée. Dire que Pierre était "soupe-au-lait" était un euphémisme. Et une fois irrité, Pierre s'emportait très rapidement pour sombrer dans une colère bien plus redoutable que celle du commun des mortels.
— Chacun… souffla timidement le petit français.
Dutilleul ne laissa pas le temps de la réaction au Fagnard. Il pris son cahier de notes dont il tourna rapidement les pages.
— J'ai refais les calculs plusieurs fois… je t'assure qu'il faut deux cents mille thras. C'est écrit là.
Il tendit le cahier remplis de formules, de schémas et de notes raturées. Doutrelepont lui arracha des mains et le lanca à travers la pièce.

Elle l'observa : il avait les dents serrées, les veines temporales gonflées et son corps imposant commençait à se tasser. Il opérait une accumulation instinctive de thra. Alerte rouge.
— Putain ! T'aurais pu commencer par nous dire ça avant de nous embarquer dans ce bordel, cracha-t-il en colère.

Car il était un Tonahuac du clan de la Pierre Noire, il avait étudié la gavitokinésie — la possibilité de jouer avec cette force fondamentale d'attraction des objets. Il était capable de l'augmenter, de la diminuer et même de l'inverser. Or, si le bridage de son thralhun affaiblissait considérablement ses pouvoirs, ils demeuraient néanmoins vivaces.
Conclusion, un Doutrelepont en colère broyait tout ce qui lui tombait sous les yeux. Une chaise, une bibine, un Dutilleul.

Christine bondit, se plaqua contre Pierre en prenant son visage dans ses mains. Imédiatement, elle ressentit l'énergie qui s'accumulait en lui et la repoussait. Elle résista, plongeant dans son regard.

— Mon amour, canalise… dit-elle très doucement.

Elle combattait la violence qui augmentait et se contractait en lui telle une étoile mourante. Dutilleul s'était levé pour aller ramasser son cahier.
— La casserolle.

Du regard, elle indiqua au Fagnard la marmite contenant les restes du waterzooï qui gisait sur la cuisinière à gaz sur sa gauche. Il tourna la tête et déversa sa colère.

Il y eut un un appel d'air. Pendant une fraction de seconde, tout l'environnement fut comme happé par Doutrelepont, les chaises grincèrent, des objets se renversèrent. Tout convergeait en direction du colosse. Dutilleul tomba à la renverse. Christine maintint son étreinte, soutenant douloureusement le flot d'énergie. Contractant ses muscles abdominaux pour empécher ses organes de quitter son corps.

La marmite vibra un instant puis se recroquevilla sur elle-même avec des cris plaintifs de ferraille tordue. Elle se replia, se tasse, comme si des mains invisibles l'avait broyée. La petite boule de fer blanc, grosse comme le poing, flotta en l'air quelques secondes puis tomba sur la cuisinière. Tout s'arrêta. Le silence hurla.

Christine tourna la tête de Doutrelepont et verouilla son regard.
— C'est génial ! J'adore quand tu fais ça… tu m'excite !

Elle l'embrassa goulument en lui caressant l'entre-jambe. Doutrelepont, que la colère quitta aussi vite qu'elle était montée, se laissa faire.

Dehors, le monde dormait. Les fenêtres de la cuisine donnaient sur une nuit noire. Dans le ciel, derrière une haie de grands arbre squelettiques, on appercevait vaguement le plafond, très bas, de gros nuages.

L'amas chiffoné que fut la marmite émettait de petits tintements, signe d'un échauffement relatif du métal. A côté, le couple se roulait des pelles lascivement. Ces deux-là passaient le plus clair de leur temps à faire trois choses : se déshabiller, s'habiller et, entre les deux, forniquer comme des lapins.

Dutilleul se ramassa ainsi que ses notes et ajusta ses lunettes. Se contenant, il tourna et retourna les feuillets avec rage. Il se racla la gorge.
— Et ben voilà… j'en étais sûr, lanca-t-il avec force.
Les autres arrêtèrent leurs embrassades dans un bruit de succion. Christine retourna s'asseoir et fini sa bière. Doutrelepont s'ébroua à la manière d'un chien trempé.
Il laissa passer quelques secondes en regardant le petit français.

— Sûr de quoi ? demanda-t-il en éclusant sa bibine.
— Tu viens de claquer plusieurs centaines d'unités de thra, comme ça. Pour rien !
L'autre haussa les sourcils, dubitatif. Il regarda sa copine qui décapsulait une Cristal. Elle haussa les épaules avec une moue d'évidence.
— Comment ça ?
— Mon amour… Chaque fois qu'on utilises des ishkals, on crame du thra. C'est la base.
Dutilleul tendis les mains vers la jeune femme en signe d'approbation.

La pièce tomba chez le belge.
— …Et il nous en faut deux cents mille…
Dutilleul approuva d'un long soupire. Gohy s'enfila quelques gorgées.
Doutrelepont tira une chaise et s'y laissa tomber.

— Bon, je t'écoute, Dutilleul. Mais si tu as encore un truc énorme à balancer, préviens-moi.
— D'accord, répondit-il en s'asseillant.

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