42 - Van der Swael le Blemmyes
Au sein de la clairière mentale de la Pierre Noire, le sénateur romain et le Celte musculeux soutienent la déesse au cheveux d'or dans l'ishkal Tsi 2 Captation.
Les trois entités sont environnées d'un halo de lumière verdâtre et reliées par un flux de fils dorés étincelants. Le déesse, point de convergence des flux, redirige l'énergie thralique vers l'immense diapason planté devant eux, dans la douce et grasse herbe verte.
L'instrument pulse d'une vie propre. Depuis une semaine les Chiens Gris le rechargent de thra et leurs efforts arrivent à leur terme. Le dénouement est proche ; enfin, les yauhqis allaient se débarasser de ce bridage infâme.
— On y est, les gars, dit la déesse. Je sens qu'il est plein. Le flux de thra est presqu'à l'arrêt.
Elle sent la fatigue ramper dans les recoins de son esprit. Une fatigue profonde, le prix de l'utilisation d'un ishkal supérieur à ce capacité.
Soudain, ils l'apperçoivent dans le même battement de cil. Une silhouette se matérialise à la lisière de la clairière et s'avançe. Une robe courte noire, sobre. Là où l’on attend une tête flotte quelque chose de rougeâtre. Son torse est dégagé sur une poitrine rose, largement offerte.
Elle avançe et ils en distinguent les détails stupéfiants.
Là où aurait dû se trouver une tête flotte un triangle sur sa pointe. Au centre du torse, un visage immense, calme, d’une netteté troublante. Les yeux, légèrement enfoncés, observent sans ciller, un nez épaté mais droit, une bouche fine, austère. Rien n’est expressif au sens humain du terme, et pourtant tout est intensément présent. Comme si l’émotion avait été filtrée, distillée, réduite à son essence la plus pure.
Ses membres sont longs et fins, épousant une démarche lente mais décidée. A ses pieds, des poulaines sombres et effilées repoussent l'herbe grasse, donnant à sa marche une qualité presque cérémonielle.
Enfin, une ceinture étroite enserre la taille, supportant une aumônière, un petit couteau et un chapelet dont les grains tintent à peine lorsqu’il bouge.
La chose n’est ni monstrueuse, ni grotesque. Juste… innatendue et improbable. Elle s'arrête à quelques pas du trio.
— Je me présente céant, commença-t-elle dans un français très ancien où traînait un léger accent qui roulait les r. Maarten Van der Swael du clan des Eaux Basses, dévot de l'art hermétique, disciple de Nicolas Flamel et légitime rejeton d'Hermès Trismégiste.
Le sénateur romain reste pétrifié. Trop de questions s'entrechoquent dans son esprit. D'où vient cette… chose ? Comment pout-elle se tenir devant eux ? C'est quoi ce truc ? Que se passe-t-il ?
— Voire… nenni. Maarten ne suis-je point, à parler en toute droiture. De lui ne suis que projection d’esprit, reliquat et vestige, au diapason estroitement lié. À la manière d’un génie et de sa lampe, pour le dire sans fard.
Le Celte redresse le torse et se lève, rompant instantanément l'équilibre du flux. L'ishkal prend subitement de l'ampleur, de la présence, à l'instar d'une molette que l'on tourne et qui amplifie la puissance. Le bouleversement bouscule la déese qui compense et n'ose pas bouger, de peur de subir un contrecoup de thra. Comme quand tu te retouves seul à tenir la laisse d'un molosse.
Le Celte approche Van der Swael et tourne autour à la manière d'un loup, le dominant de deux bonnes tête de haut et de large.
— Putain, t'es moche ! balança-t-il. T'es quoi en fait ?
L'autre ferme ses grands yeux en haussant les sourcils, croise les mains dans le dos et inspire un grand coup.
— Oui, j’en conviens sans détour, mon apparence est chose qui esbahit. Mais de vous, ne le prends pour outrage, mais pour simple ignorance… Blemmyes suis-je, et tel me faut nommer.
— Un blèquoi ?
— Blemmyes… ainsi nomme-t-on en maints traités ce que l’entendement peine à cerner. Le “barbare”, homme hors toute civilité, contemplez céans un esthète tonahuac rejeté des siens ; le “monstre”, relégué aux confins, tel qu’aux marges des anciennes mappemondes, où il signifie le merveilleux, l’inconnu et les limites à franchir… Somme toute, l’abrégé fidèle de mon œuvre et de mon dessein.
— La vache ! T'es perché en fait… Et tu cause comme un vieux parchemin. Le triangle ? fait le Celte en désignant l'objet lumineux flottant.
— Ah ça… voyez ici le signe alchimique de l’eau. Modeste révérence au tolrak de mon clan. Dites-moi, en estes-vous, ou n’en estes point ?
Le Celte se tourne vers la déesse qui lui rendit le même regard perplexe.
— C'est-à-dire ? demande le Celte.
Le sénateur romain, qui n'a pas bougé, reprend les commandes de cette discussion qui emprunte des chemins tortueux :
— Et bien enchanté de vous rencontrer, maître. (Puis à l'adresse du Celte :) Chef, reprend place, s'il-te-plaît. On va arrêter l'ishkal.
L'autre eut un borborygme inintelligible en rejoignant sa pierre plate. Le flux l'englobe à nouveau, libérant la déesse du trop plein. Sur l'impulstion de celle-ci, le flux diminue et disparait. Les trois entités rejoignent le Blemmyes qui scrute le diapason en tournant lentement. L'observant sous toutes ses coutures comme un ingénieur inspectant une machine sous tension.
— Presque y estes-vous parvenu, dit-il calmement.
— Presque ? s'étonna la déesse en relevant la tête. On vient de passer une bonne douzaine d'heures tharazil les fesses collées sur ces cailloux et vous dites qu'on y est presque ? Mais que manque-t-il alors ?
— Oui… j'en conviens, le diapason est à présent chargé. Et lors se pose la question de son usage… (il tourne son regard chez chacune des entités) Qui donc en a nécessité ?…
Une hésitation s'écoule. Le sénateur prend la parole :
— Monsieur Doutrelepont, le Celte ici-même, et moi-même, Vincent Dutilleul… votre, heu, votre descendant. C'est à cause de moi que nous sommes ici.
— Ah ça !… ainsi donc est-ce ma lignée qui se tient céans. Curieux destin. Or sus, en quel temps cheminez-vous ? Et le monde… se maintient-il, mon fils, ou chancelle-t-il déjà ?
Vincent ne s'attendait pas à ce genre de question. Que répondre à quelqu'un qui vécut il y a cinq siècles ? Il y a tellement de choses à dire. Histoire, géographie, médiecine, sciences, guerre… Que choisir ?
— Pas plus mal qu'hier et moins bien que demain, hasarde-t-il. On avance, on fait nos vies… en espérant que personne n’appuie sur le mauvais bouton.
— Oui, oui, oui… le mauvais bouton, n'est-ce point ? fait le Blemmyes, fronçant les sourcils et plongeant dans ses pensées. Sachez-le, vous n’estes point les premiers à manier le diapason que je rencontre…
— Ah bon, fait la déesse. (Puis après quelques secondes de réflexion :) Mais évidemment, en cinq siècles…
— Cinq siècles entiers… par ma foy, est-ce possible ?
Affollée, la déesse fait soudain des allers-retours de la tête, du sénateur au Celte.
— J'ai dit une bêtise ?
— Vous seriez donc issus du… vingtième siècle ?… Merveille étrange… et fort digne d’estude.
Soudain, le Celte sort de la contemplation de cette chose improbable. Il détend ses bras, fait quelques mouvements de la tête et lançe :
— Bon, c'est pas tout ça, mais les retrouvailles familialles en vieux français râpeux, ce sera pour plus tard. On a des trucs important à faire, m'sieur… euh… Chose. Et comme le diapason semble prêt, j'aimerais vraiment retrouver mes pouvoirs. Dutilleul… action.
Il conclut dans un geste qui intime aux autres de se magner le fion ! Dépité, le sénateur se tourne vers Van der Swael.
— Il a raison… nous sommes impatients d'être libérés de cette entrave. Donc si vous n'avez pas d'autres… conseils à nous transmettre, on va… heu, on va y aller.
— Oui, oui, certes… faites prestement, répondit l'érudit d'un signe de la main.
Les trois entités se rassemblent du regard.
— Bien, dit la déesse d'un air décidé, je crois qu'on peut arrêter la méditation profonde et revenir en bêta…
Les mains croisées dans le dos, Van der Swael observe tranquillement le diapason tout en murmurant des choses inintelligibles. Comme parfois de très vieilles personnes aux fraises. Soudain, il est soudain traversé d'une évidence qui le secoue du triangle aux pieds.
— Attendez, crie-t-il vers le trio qui s'apprête à quitter la clairière mentale. J’ai céans quelques recommandations à vous faire. Pardonnez mon étourderie mais… il me faut vous mettre en garde. (Il s'approche en sautillant :) Car le diapason, chargé qu’il est, contient en son sein une fréquence vive, comme prête à s’élancer hors de sa cage. Si d’aventure vous l’employez sans en éprouver la justesse, il délivrera bien l’énergie… certes… mais en manière désordonnée, brutale, chaotique et moult périlleuse. Il est d’importance première d’en vérifier trois points avant tout usage.
Le Romain croisa les bras et amena une main sous son menton. La déesse s'appuya sur une jambe, les mains sur les hanches et le Celte croisa les bras sur son torse en grognant.
— On vous écoute, dit le sénateur.
— Premier sceau : que les trois demeures — Tharazil, Yulmeren et Ishkalûn — ne fassent qu’une seule et mesme vibration. S’il advient dissension en l’une d’icelles… lors l’œuvre se renverse et devient désastre. (Puis à Christine, à demi-voix) Deuxième seau : ce que tu ravis aux autres n’est point mort en toi. Il circule… ou devrait. Qu’aucune mare n’en retienne le cours. Car le thra, cherchant issue, épouse la faille et s’y engouffre. Et pour finir…
Les épaules du Celte s'affaissent dans un grand soupire.
— Oh mais non, geint-il le regard au ciel, j'en peux plus de ces phrases mystérieuses qui ne veulent rien dire ! (Puis sur un ton plus vociférant :) On pige rien à ton putain de charabia, Van der machin ou Blé-je-sais-pas-comment !
— C'est assez hermétique, j'en conviens, appuye le sénateur.
— Mais… commençe l'érudit.
— J'en ai mes cent kilos, assène le Celte. Dutilleul, comme il y a encore quelques ajustement à faire, je te laisse en prendre note. C'est ton boulot, après tout. Moi, je vais pioncer.
Joignant l'acte à la parole, le Celte va se chercher un creux dans l'herbe tendre et s'y allonge.
— Reveillez-moi avant de partir, lançe-t-il à la volée en fermant les yeux
Ils se regardent quelques instants. La déesse hausse les épaules dé dépit. Le sénateur se tourne vers son ailleul.
— Ne vous en offusquez pas. Il n'est pas Celte pour rien. Cela étant, vous pourriez essayer d'être moins hermétique, moins tordu, dans vos explications, s'il-vous-plaît. Un peu plus… simple.
Van der Swael acquiesse et prend le temps de la reflexion, tournant et marmonnant. Profitant de cette parenthèse, le Romain frôle la main de la déesse. Une marque de désire qu'elle accepte en souriant.
— Hier soir, commençe-t-il, c'était… magnifique. Quand on a… c'était comme si on n'était plus qu'un. Christine, je…
Elle pose un doigt sur ses lèvres.
— Nous ne sommes pas seuls, chuchote-t-elle.
Cette fois, il prend ses mains dans les sienne et commence, une fébrilité mal contenue dans la voix :
— Christine, je t'…
En une fraction de seconde, elle comprend. Encore un. La scène se déroule déjà dans sa tête, mécanique, sans surprise. Il avance avec ses certitudes mal dégrossies, persuadé d’avoir vécu quelque chose d’unique, d'avoir trouvé le grand amour. Du haut de ses vingt-trois ans, elle en a vu défiler des comme lui, avec leurs déclarations fébriles, gonflées d’importance, qui ne survivent jamais au jour suivant. Des mecs qui prennent une nuit pour une révélation, qui érigent le désir en absolu, incapables d’en voir les limites. Elle n’y voit qu’un scénario usé, fatiguant.
La déesse se dégage et lui plaque la main sur la bouche.
— La ferme ! Tu vas tout gâcher ! dit-elle avec aplomb, les dents serrées, en lui soufflant dans les narines. Pour moi aussi, c'était… spécial. Mais arrête tout de suite, on pourrait nous voir ou nous entendre !
D'un pas de côté gracieux, elle recule au moment où Van der Swael se tourne vers eux. Les amants se ressaisissent, croisent les mains sur le devant et se construisent un sourire de bon aloi. Le petit jeu amoureux n'échappe pas à l'érudit qui en a vu d'autres lorsqu'il était fait de chair et de sang.
— Vous jouez là étrange jeu… car vos cœurs devisent plus hardiment que vos langues ne sauraient faire.
— Quoi ? fit la déesse sur le qui-vive. Comment ça ? De quoi…
L'autre ferma les yeux en levant une main, le sourire en coin.
— Croyez-moi, nulle chape de silence ne saurait couvrir ce que l’âme a déjà consenti. L’amour, tel le feu sous la cendre, se trahit toujours par quelque chaleur. Il est moult curieux de voir deux âmes cheminer de concert, feignant chacune d’ignorer l’autre… comme si le miroir refusait de reconnoistre son propre reflet.
La déesse feint ne rien comprendre. Le Romain, quant à lui, demeure la tête baissée, les yeux dans l'herbe, un sourire niais aux lèvres. Lui se foutait bien des conséquences de l'aveu de cette liaison si Doutrelepont l'apprenait. Elle fit un pas vers Van der Swael.
— C'est… compliqué, dit-elle tout bas sur le côté du Blemmyes, là où auraient dû se trouver des oreilles… sous les bras.
Puis à voix basse et en quelques phrases, elle lui expose le triangle amoureux. Sa relation très difficile avec un homme fort et décidé mais violent et sans lendemain. Et l'espoir confus d'un cadre et d'un avenir moins trépidant mais plus stable avec un autre.
Quelques instants passent, au cours desquels le vieil érudit semble fouiller dans ses souvenirs, parcourire les allées de ses sentiments, tâtonner ceux du coeurs. Puis, d'un geste délicat, il invite la déesse à s'approcher et lui glisse à l'oreille :
— Hm… le premier, fort et impétueux, promet éclats et désordres, mais nullement durée ; le second, plus paisible, peut porter stabilité, mais souvent au détriment de l’élan. Écoutez mon dire, déesse… un amour naissant est fragile, comme la flamme d’une chandelle dans le vent. Le retarder ou l’ignorer… et il se brise ; le laisser passer… et le regret s’ensuit. Ne vous fiez point à la peur ou au simple confort de l’avenir, mais à la résonance de vostre cœur. Prenez garde aux chimères, certes… mais n’éteignez point ce qui déjà commence à luire.
Il s'écarte avec un large clin d'oeil et toujours ce sourire en coin. Le geste tacite de ceux qui se comprennent sans mot dire. Elle s’avance vers le Romain ; derrière son épaule, à une vingtaine de mètres, elle note que le Celte ronfle. La déesse capture le regard du sénateur romain, prend ses mains et lui offre ce sourire parfait, celui qui souligne son allure divine, avant de déposer un baiser appuyé sur ses lèvres.
Jamais le Romain n’aurait imaginé vivre un tel instant. Tout semblait s’aligner : les planètes, les cœurs, le destin lui-même. Les portes de l’univers s’ouvraient devant lui. Une route nouvelle se dessinait, un chemin de bonheur qu’il allait arpenter avec Christine, sa moitié. Cette certitude le réchauffe comme le feu d’un foyer dans une maison glaciale.
Derrière, le Blemmyes tousse légèrement.
— Revenons au diapason, voulez-vous.
Les amants se ressaisissent.
L’érudit leur explique, dans des termes plus clairs et structurés, les trois étapes nécessaires pour activer le diapason sur un thralhun bridé. En suivant ce mode d’emploi à la lettre, tout devrait se dérouler sans encombre et les tonahuacs retrouveraient leurs pouvoirs complets en quelques jours. Néanmoins, il fallait faire preuve de prudence pendant quelques temps, comme on veille sur un malade en convalescence.
Munis de ces recommandations, ils éveillèrent le Celte et quittèrent le mode alpha en ayant pris soin de saluer et de remercier la projection mentale de Van der Swael.
Ils ouvrirent les yeux en même temps. Assis dans la position du lotus dans le salon de délassement du pavillon des Verhaagen. Doutrelepont alpagua Dutilleul.
— Alors, qu'est-ce qu'il a dit le vieux ? On peut y aller ? C'est bon ?
Ce fut Christine qui répondit abruptement en se levant :
— Laisse-lui la nuit.
Doutrelepont fixa le français dans une grimace peu enjaillante.
— Et merde ! (il fit de grands gestes) Mais pourquoi ça prend autant de temps, bordel ?
— Ecoute, chef, continua Dutilleul sur un ton apaisant, ce truc est une arme vraiment puissante. Si on la déclenche de travers, on risque gros.
— Gros comme quoi ? fit-il en se levant.
Dutilleul se leva à son tour en retirant la couverture de ses épaules.
— Tomber dans le coma, perdre la raison, que sais-je encore, fit-il en ajustant ses vêtements.
Christine quitta la pièce en disant à la vollée qu'elle avait besoin d'une bière. On la trouverait dans le séjour.
— Ok pour la nuit, conclut Doutrelepont en appuyant un doigt sur le torse du Dutilleul. Et quoi que tu dises, on le teste demain matin, sans faute.
Il bouscula le petit français qui se rattrapa de justesse. Avant de quitter la pièce, Doutrelepont se retourna et dit :
— Je sais qu'y a un truc entre vous…
Vincent fut pétrifié par un frisson d'effroi. Il tenta une réponse qui resta en partie coincée dans sa gorge où toute trace d'humidité avait disparu :
— Qu… quoi ? Mais… on…
— Tu la touche, je te tue. C'est clair ?
La tête de Vincent opina avant que les mots du Belge n'atteignent sa conscience. La première menace de mort plausible ne venait pas d'un amant éconduit qui, la mort dans l'âme, aurait prononcé ces mots comme on se mouche. Non, elle venait d'un assassin.
Et le voilà, une paire d'heures plus tard, débout dans la salle à manger du pavillon cossu. Figé devant le diapason, l'esprit en surchauffe. Dans cet objet se jouait son avenir : la promesse d'un retour à sa vie d'avant, auprès d'une femme qu'il aimait vraiment. A cet instant, il comprit qu'il n'avait jamais vraiment aimé Sylvie.
Mais pour y parvenir, il lui fallait libérer Doutrelepont ; désormais son ennemi. Le dragon qu’il devrait affronter pour avoir la Belle.
Le dilemme le broyait, plus violemment encore que le jour où il avait reçu l’infâme déchéance de son titre de yauhqi.
Van der Swael l’avait pourtant averti sans détour : le diapason agirait sur toutes les personnes dans un rayon de plusieurs dizaines de mètres, qu’ils soient yauhqis ou tonahuacs. Il avait insisté sur les effets délétères que Christine subirait si elle restait à proximité.
Dès lors, une seule option s’imposait : s’éloigner, seul, avec le diapason, assez longtemps pour l’activer et en tirer les bénéfices. Mais Doutrelepont ne l’accepterait jamais.
Il ne restait qu’une issue : disparaître… pour revenir en vainqueur.

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