Que ma joie demeure
M’aurait-on menti ?
Les bouffées de chaleur ? Une chatte devenue radioactive plutôt !
La sécheresse ? L'inondation !
Pour les troubles du sommeil, je veux bien. Voilà deux heures que j’essaie de dormir. J’attends une heure décente avant de me lever. Mes techniques de relaxation ne fonctionnent plus. Je ne visualise plus la montagne et les verts pâturages, traversés par un vent aux odeurs de pastilles Ricola. Non. Derrière mes paupières sagement closes, ce ne sont que bassins qui claquent et queues dressées. Voire des courbes pleines. Je suis éclectique.
Je vais boire. Regarde l’heure. Les oiseaux gazouillent.
Je repense à cette nuit, lorsque ses épaules roulaient au-dessus de moi. J’ai gémi — pas trop fort, les enfants…
Tu es toute ma vie.
Vingt ans, ça vaut bien une vie, non ?
Mes joies, mes peines, mes doutes, mon corps qui flanche, mon esprit qui vacille. Et lui qui rattrape, toujours. Pas patiemment : ce n’est pas un ange. Mais avec constance. Il est la fidélité quand je suis l’éparpillement.
Vingt ans. Une vie. La nôtre.
Essoufflés, emmêlés, il s’était inquiété :
— Je vais dire quoi à la kiné, pour mon mal de dos ?
— Mauvais mouvement de Zumba ?
Et ce matin, je prends le risque de le fatiguer encore avec ma petite centrale en surchauffe ?
J’entreprends la face ronflante du lit. Une ascension pas si longue que ça, finalement.
Plus de ronflement. Des rires. Mon envie de lui pulse dans ma bouche et ma main. Langue qui remonte et tourne. Je finis de le déshabiller avant de rouler mes hanches sur lui. Retour entre ses cuisses, où je me goûte. Ses doigts dans mes cheveux, ses râles et surtout, surtout… ce qui me rend folle et encore plus affamée : son sexe qui frémit, gonfle, se contracte. Son corps qui cède au mien.
On m’avait promis bien des choses… Allez vous faire foutre. Profondément.

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