Un jour puis l’autre
Le navire Terre aborde le quarante-cinq ème degré, parallèle trente-six du soleil de feu.
Les crêtes du Parmelan rentrent dans l'aube douce d'un nouveau jour lumineux.
Sa main ramène des mèches devant les paupières closes.
Derrière ce rideau auburn, elle glane quelques respirations de la nuit close.
Les bruits de la rue montent. Le monde lui semble creux.
Ses jambes pressent le contact moelleux du chat enroulé contre elle. Le monde lui semble généreux.
La scie d'une grue stridente altère son envie d'étirement dans le frais matin d'air.
Le monde lui semble vain à tourner dans son bocal de trous noirs.
De toute éternité, que restera-t-il de ce béton qui sèche au soir ?
Le café frémit dans sa cafetière italienne. Le chuintement la sort de son hypnose.
Alors les doigts déliés sur le clavier, elle s'abandonne aux mots qui brodent cohérence et bercement dans l'agglutinement de la brutalité et de l'enchantement.
*
╰⊱♥⊱╮ღ꧁ ꧂ღ╭⊱♥≺

Annotations
Versions