10.8 * VICTORIA * L'ART DE L'ÉVITEMENT
CHAPITRE 10.8
L'ART DE L'ÉVITEMENT
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V.R.de.SC
30.10.22
02 : 55
♪♫ PERHAPS PERHAPS PERHAPS — CAKE ♪♫
— Sinon… par curiosité, toi et Mati, c'est vraiment que boulot et amitié ou j'ai raté quelque chose ?
Aïe ! Direct les pieds dans le plat !
Loli… Pourquoi tu me poses cette question… ?
Mer. Deux. Mer. Douille. Merdo-grenade. Mes phalanges se recroquevillent. Je m’apprêtais à rejoindre la porte, mais l’impulsion avorte. Un éclair nerveux me dézingue la colonne. Voilà venu le moment où tu rêves de déclencher un plan d’évacuation incendie ou de creuser un trou et y disparaître. Ma peau devient tambour, mon estomac proteste. C’est sorti. Fallait s’y attendre. Bien que mes escapades avec cet homme n'aient jamais franchi mes lèvres. À croire que mes écarts nocturnes ont laissé leur empreinte sur mes traits en caractère gras, décelable par qui sait interpréter.
Je l’ai vue, Lauriane. Elle observait. Elle accumulait. Oeillades, frôlements, non-dit, elle a tout enregistré… Cerise sur le scandale : mon emmitouflage façon colis fragile dans les bras de mon boss. Ô ciel… et si... et si James avait surpris le tableau ? Non. Impossible. Auquel cas, il m’aurait cracher le morceau avec son regard qui tue. Ou peut-être bien que si, précisément ! Découle-t-elle de là, sa mine de serial lover contrarié ? Zut, crotte, flûte !
Je zieute Leslie à la dérobée. Stoïque. Poker face : impénétrable et parfaitement rodée. Adossée au carrelage, chevilles croisées, elle lisse machinalement un pli invisible sur sa robe, concentrée sur du faux calme.
— Quoi, Mati ? glissè-je, version fuite mollassonne déguisée en curiosité. Pfff, trois fois rien, Lauri. Même pas une anecdote.
Et j'y bazarde un petit rictus collé au scotch pour emballer la contrevérité.
Rien : le mot fourre-tout pour désarmer des situations bien ripoux… Surjoué, Vic.
Je recadre ma bretelle, histoire de faire quelque chose de mes mains.
— Arrête. Je vous ai grillés, Vicky. Et James aussi, tu peux me croire. On parle de sa trogne quand Mati rôde autour de toi ? Un vrai geyser prêt à éructer du magma possessif. Je te jure, de l'hostilité tectonique à l'état pur. T'as pas l'impression, toi aussi, Leslie ?
L'interpellée maugrée un « mmh-mmh » laconique.
Je me programme à l’optimisme de survie et me compose une expression détachée. Le genre qu’on sculpte à l’arrache avant le crash. Ça va bien se passer. Je me le dis. Je me le répète. Je me le mime. D’un revers de main flottant, je fais semblant d’éventer l’ennui.
— Allons. Tu vois des volcans là où il n’y a que des reliefs décoratifs. James a surtout un visage très... éloquent. Et puis, Mati rôde autour de tout le monde. C’est son cardio social.
Piteuse tentative et vaine esquive. À force de contourner l’iceberg, je finirai par me noyer dans mon propre jus de frousse. Moche ? J’avoue, mais je compose avec le peu restant.
C'était sans compter sur la subtilité létale de Leslie qui me prend de court. Elle largue le missile. Tranquille. Lame fine. Ton neutre. Son double dans le miroir me toise plus que son regard réel.
— Ils ont franchi la frontière corps/esprit depuis un moment.
L’air change. L’ambiance aussi. Mon cœur chute dans mes talons. Tout tourne un peu, pas à cause de l’alcool — enfin, pas que.
— Hein ? bredouille Lauri, décontenancée.
— Ils s'envoient en l'air.
La phrase s’abat, sèche, calme, du bulletin météo lue sans affect : « Dépression sur la côte. Tempête imminente. Sauvez les meubles. » Et moi, foudroyée sur place, sans parapluie, sans bottes ni ciré. Admirable. Glissade immédiate dans la gadoue.
— Mais ! Tu ne m’as rien dit ! réplique ma cousine, voix perchée, sourcils en orbite. Depuis combien de temps ça dure ? Avant ou après James ? N’empêche, si un mec peut te faire oublier ton Viking, tu as tiré le bon numéro. Mati a du style, du tact, de l’humour, et le charme qui va avec. Je valide. Peut-être êtes-vous même mieux assortis, tiens !
Oh non… qu’elle n’enfonce pas plus le clou, ou ça risque de saigner...
Panique. Bafouille. Mes cordes vocales jouent au yoyo.
— C’est… c’est pas ce que tu crois.
Quelle amorce spectaculaire ! D’un cliché navrant. Tellement attendu que j’ai envie de me gifler moi-même.
— En réalité, il ne m’aime pas… Mati ne m'aime pas et moi non plus. On ne fait pas ça pour… euh…
Faux départ, mauvais couloir. Je viens de sprinter vers le désastre.
— ... juste amis. On est juste amis, rien de plus.
J’essaie de rebrousser chemin, mais Leslie, implacable, transforme l'échange en course d'endurance :
— C’était quand, au fait, la dernière fois ? Récemment, je me trompe ?
Blanc. Gros blanc. Blanc sonore aussi. Palpitations. Mes neurones hoquètent. La question n'est qu'un levier. Le silence, la vraie cible. Elle sait déjà, elle veut juste m’entendre le dire. Mais comment est-elle au courant, au juste ?
Des mains nerveuses s’acharnent soudain sur la porte des toilettes VIP. Pressions insistantes. Ongles agressifs. Je me fige. Réflexe miroir chez mes acolytes : trois paires d'yeux aimantés au verrou, promu juge suprême de la situation. De notre côté, le silence s'installe, massif, autoritaire. De l’autre, les voix pestent.
J'ai toujours rêvé d'avoir le don de téléportation. Là, maintenant, je me contenterais d’un pouvoir bien plus simple : franchir les murs et glisser hors champ. Car le regard de Leslie a viré de bord, recalibré sur ma poire, bien sûr. Un picotement chatouille ma nuque. Je capte son focus latéral, précis, sans échappatoire. Elle attend ma réponse ou ma défilade...
L’impatience des poings tapageurs monte encore d'un décibel.
Mati et moi passons du temps ensemble, oui. Beaucoup, même. Selon les circonstances, parfois davantage que mes soirées entre filles. Naturellement, dans l'immense majorité des cas, notre collaboration justifie nos tête-à-tête. Après tout, notre relation s'est d'abord et surtout construite dans l'arène professionnelle. On en avale des heures à bûcher, on en collectionne des nuits blanches, des appels tardifs ou matiniers, en pleine course contre les dates butoirs, les urgences, la pression du boulot. On en a partagé des kebabs tièdes à pas d'heure, des cuites pas super glorieuses sous couvert de décompresser deux minutes, des confidences à demi-mot à moitié endormis sur son canapé. Entre son bureau, le rooftop et la salle commune, j’ai dû battre des records de sieste improvisée dans ce club. Trop tard pour rentrer, trop d’alcool, trop de deadlines à boucler. Mais collés ? Non. Pas tant que ça. Je le considère comme mon troisième grand frère, un allié fidèle, un pilier amical. Leslie est parfaitement au courant. Elle connaît mon sentiment à son propos. Elle sait ce qu'il m'a aidé à traverser, combien sa compagnie m’apaise, me rééquilibre, me soutient dans mes craintes. Tout comme la sienne à mon égard, fait office de soupape, de refuge, d'espace sûr. Sans les présences indéfectibles de Leslie et Mati dans ce calvaire vécu l'année dernière, je n’aurais jamais trouvé le chemin pour émerger. Et jamais, pas une seule fois, elle ne m’a reproché ce rapprochement. Jamais mis de soupçon dessus. Jamais sourcillé. Alors quoi ? Qu’est-ce que j’ai laissé filtrer, sans m’en rendre compte, pour que ma meilleure amie lise en nous si facilement ?
Les intruses à l'assaut s'épuisent sur la porte et finissent par s'éloigner.
Je lamouille l’intérieur de ma joue, réflexe de culpabilité mal gérée. À quoi bon éluder ? Je n'ai jamais menti à Leslie et ne commencerai pas aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, un détour ne rendrait pas la situation plus digeste, juste plus trouble. Et franchement, j’ai assez de zones grises comme ça.
— La soirée Neon Jungle, avouè-je une fois le tumulte derrière le battant retombé. La semaine dernière
Mes mots chutent. Mous. Désarticulés. Je me dépêche d’ajouter :
— C’était… pour oublier James. Un truc impulsif. Une décision stupide. Mati n'est pas… Je ne... je ne ressens rien pour lui. Et lui non plus.
Boudu ! Quel pansement verbal dérisoire ! En plus, j’ai l’assurance d’une ado prise la main dans le sac avec un joint mal roulé et l'odeur incriminante accrochée à son écharpe en laine.
Leslie hoche la tête. Toujours égale à elle-même.
— Vous feriez une paire redoutablement assortie. Je souscris à l’avis de ta cousine : Mati représente un meilleur parti pour toi que James. Plus solide. Et puis, deux cerveaux aux angles droits tels que vous, avec vos petites cases bien remplies, tout dans la prévoyance zéro dans l'à-peu-près. Sincèrement, c’est presque lyrique, cette poésie de l’amour administratif. Au temps des couvents et des manoirs normands, vos familles vous auraient échangés dans un contrat de convenance… et vous auriez déclenché des étincelles de bonheur dans les jardins bien taillés. Une seule chose vous différencie : la constance. La frivolité de Mati n'a pas encore déteint sur ton intégrité sentimentale. Quoique, moi aussi, j'estime que tu devrais secouer tous ces carcans psychologiques que tu t'imposes, surtout depuis... tu sais. M'enfin, peut-être finiras‑tu par être celle qui transforme le coureur endurci en gentleman domestiqué. Après tout, il a veillé sur toi et t'a tirée d'affaire, tu pourrais bien lui offrir un peu de la même médecine. Et n'oublie pas, tu as bien le droit de te taper qui tu désires. On ne punit pas le corps pour ses besoins, Victoria Pas de remords, pas de culpabilité, pas de prison morale. Tu connais mon avis. Par contre, conseil, si tu veux tenter ton coup, garde tes baskets aux pieds, quand même : le terrain est tout sauf plat du côté de Mati... Prépare-toi à slalomer entre les flaques d’ego et les cailloux de susceptibilité.
Je me déçois moi-même. J'ai envie de m'éteindre en veille prolongée et de devenir elle. Ma voix ne trompe personne lorsqu'elle s'éparpille en échappatoire mal cousue :
— On n’en est pas là, Less. Entre nous, c'est... c'est purement amical.
Leslie m'enfonce les yeux dans le vrai. Pas méchamment. Pas accusatrice. Juste… intensément lucide. Je frotte mon bras, là où James a posé sa main plus tôt. Et Mati aussi…
— C’est pas son avis, déclare-t-elle, après un long silence.
Ma respiration cale. Blizzard dans la cage thoracique. Pardon ? Comment ça ? Son timbre est toujours lisse, mais cette phrase-là ricoche fort. Qu’est-ce qu’elle sait ? Qu’est-ce qu’il lui a dit ? Qu’est-ce qu’il mijote dans mon dos pendant que, moi, je pédale en eaux troubles avec mon GPS émotionnel détraqué ?
Je suis à deux doigts de planter la question. Ma langue fourche sur un début d’interrogation, mais, une fois encore, Leslie me distance :
— Bon, on oublie, clame-t-elle en se dynamisant. Tu auras tout le loisir de t’expliquer avec Mati plus tard… à moins que tu ne prévoies un numéro de jonglage à deux balles. Dans ce cas, je te suggère des bras plus longs.
— Han-han. Jamais de la vie je ne jouerai sur deux tableaux. Tu le sais très bien.
Pas même bourrée ou hypnotisée. En revanche, elle marque un point, quand même. J’ai des impasses à éclairer et des labyrinthes à dynamiter. Avec l’un. Et l’autre. Mais surtout avec l’un. En vérité, uniquement avec lui. Si ça ne tenait qu’à moi, y aurait même pas de « deux ». De base, ce soir, il n’y en avait qu’un au programme. Seulement, l’acteur principal vient de reprendre son rôle. Fin de l’intérim. Mince alors… Suis-je vraiment en train de qualifier Mati de doublure ? Oui. Misère.... Il ne le mérite pas du tout, le pauvre. Quelle horrible personne je fais...
— Je vote pour une tournée, intervient Lauri, entrain dans la voix, système anti-panique lancé. Et pour qu’on ferme boutique côté garçon cinq minutes. Notre matière grise n’est pas qu’un accessoire sentimental. Ça fait une demi-heure que tu te turlupines les méninges de façon exponentielle, on remballe.
— Excellente suggestion, s’écrie Leslie en claquant des mains. En plus, j’ai soif et des vues très très sérieuses sur une délicieuse part de ce framboisier de l’espace. Il inspire une standing ovation, ce gâteau.
Un sourire en coin me grimpe aux lèvres. Ce machin vert fluo est un attentat pâtissier — mais qui suis-je pour contrarier l'élan d'une gourmande en transe ? Tant qu'elle ne m'entarte pas la figure avec...
— Et ça m'aidera à tamponner un peu l'effet de la tequila et stabiliser la situation gastrique avant le prochain verre, surtout, annonce ma meilleure amie, plus pour elle-même que pour ses auditrices, me semble.
Ma cousine se poste devant moi, glisse ses paumes sur mes avant-bras noués sous ma poitrine. Il fait du bien, ce contact simple et vrai.
— C’est ton anniversaire : on va aller danser, se mettre des mines et rigoler. T’as 24 ans ce soir, t’es canon, t’es entourée, t’as survécu à l’année, et je suis fière de toi. Si tu es déterminée à régler tes comptes, garde ça pour demain, quand tu seras à jeun. D'accord ?
J'opine et me rebooste. Lauriane a tapé juste : il est temps de donner un break à mon cœur et un coup de fouet à mon cortex.
D’un geste affectueux, presque maternel, elle recale une mèche dns mon chignon, me gratifie d’un hochement de tête entendu, puis s’efface.
Un soupçon d’oxygène me revient. Suffisant pour rallumer les muscles et ressouder les tendons.
— On y retourne, me galvanisè-je.
À défaut d’un plan, j’ai des jambes. Et une bouche. Pour parler, crier ou embrasser selon l’option choisie sur le moment. Il paraît que l’enfer est pavé de bonnes résolutions.
Dernier coup d’œil dans le miroir. Derniers ajustements. Je ravale le trop-plein et recompose les fragments visibles. Victoria, version réassemblée.
Leslie nous précède, déverrouille le loquet et nous invite à la devancer.
— Go, Vicquette, cours rejoindre ton Écossais. Le pauvre doit surement prendre racine avec son regard de cocker abandonné.
Ou il tambourine silencieusement du pied, en calculant mentalement combien de siècles durera cette demi-heure. Ou, au contraire, il se prend pour une statue vivante et parfait son art du stoïcisme. Ou il s'est endormi. Ou il s'est enfui. Ou il se fait dragouiller par une cagole et–
— Au fait, son nouveau look ? Tu lui colle le rôle du barbare élégant ou du Viking paumé ?
Leslie, dans mon dos, fauche mes réflexions à coup de question surprise. Je ralentis ma progression et pivote légèrement, la laissant se positionner à ma hauteur.
Coupable, votre honneur. On eut cru qu’il sort d’un combat à la hache… Si ce n'est pas une incitation à la conquête, je rends mon armure.
— J'aime bien, pas toi ? la sollicitè-je.
— Carrément, ça sent la baston, le danger bien coiffé et les mauvaises décisions, pile ta came, pas vrai ? me nargue-t-elle.
Touchée. Coulée. Et parfaitement comprise, la traîtresse. Les mauvaises décisions ? Mes madeleines de Proust.
— Arrête de me psychanalyser en public. Reconnais que j’ai du goût.
— Du goût, peut-être. Mai... tu as le chic pour les plats épicés qui brûlent deux fois. Tu as un palais très... aventureux, Vicquette.
Mirettes au plafond, je soupire, tandis que nous débouchons près de l'escalier principal. Cou tendu pour tenter d'apercevoir celui qui réveille succuleusement mes papilles romantiques, je commente, à mi-cri, mi-sourire, la voix contrainte de s’adapter à la marée sonore :
— Chut, on ne juge pas les mécanismes de survie.
— Regarde-toi, tu trépignes comme une gosse de maternelle !
— Je préfèrerais qu'il me considère comme une femme de 24 ans.
— Considère... ou t'envisage avec un sérieux nettement déplacé, mmh ?
Évidemment. Chaque phrase est une pente savonneuse avec cette fille. Toujours le raccourci charnel.
— Je ne rêve pas d’innocence, tu l’auras remarqué. Et serais même curieusement réceptive à... ce... scénario.
Enfin, je le distingue. La fin de ma réplique s'illusionne dans le frisson coupable sous ma peau. Il est... Je suis... Soupir, énamouré et irrésistiblement attiré. Mes épaules s'affaissent, mes genoux flanchent.
— Il me donne envie de crier « Skål ! » en me jettant sur lui, confessè-je malgré moi, pause théâtrale incluse..
Je visualise déjà l’offensive. Mon sang scande la charge. Malheureusement pour moi, ma témérité trop expressive a alerté toute l’audience.
— Vas-y, fonce, fais toi zizir ! Je te filme, propose ma meilleure amie, sourire malicieux aux tempes. Storify garantit pour Insta.
J’ouvre de grands yeux ronds.
— Faire quoi ? questionne Lolo en se plantant à ma droite.
— Une attaque à la Viking ! explicite Madame la Maline, en se penchant vers Lauriane.
Mon champ de vision réduit par sa silhouette, je tente de la décaler. Échec.
— Et on va immortaliser la scène, continue-t-elle. Sors ton portable, j'ai rien sur moi.
Leurs paroles suivantes me passent au-dessus des tympans. Coup de sifflet mental : hop, reviens par ici, cerveau ! Tes fantasmes prennent trop d’altitude, talons à Terre.
— Je ne vais certainement pas faire ça, les filles. J’ai une réputation à défendre.
— Laquelle ? glousse Leslie. La tacticienne des cœurs qui scrute l’itinéraire d’évasion dès qu’il y a de l’amour dans l’air ?
Super. Je note ça dans le carnet des humiliations amicales.
— Merci pour ce petit coup de poignard tendre, Less.
— J'ten prie, c'est cadeau, m'offre-t-elle, clin d'œil en bonus.
Je secoue légèrement la tête.
— Allez, Vic, insiste-t-elle encore.
— Han-han, jamais de la vie...
— Un petit pas pour toi, un bond pour le show, et un délicieux vertige pour ton guerrier sexy à qui tu vas probablement faire perdre tous ses repères, me hâte joyeusement Lauri.
— Oui, et il va me croire échappée d'un asile...
— Et... ? sussure ma BFF.
Mon esprit chipote, mon corps frissonne, le rouge me monte aux joues.
— Et... et... et je suis pas très sûre de mes jambes–
— Assez d'excuses et de tergiversations, cousine, agis, basta !
Eh bien… soit. Laissons l'adrénaline bouillonner. Place à la spontanéité. Après tout, un peu de folie n’a jamais tué personne.
Que le spectacle commence.

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